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« Nous travaillons avec le PNLP, pour pérenniser l’apport des agents de santé communautaire, dont l’engagement a été déterminant »

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Quels sont les principaux objectifs du projet Plus et comment ont-ils contribué à réduire la morbidité et la mortalité dues au paludisme chez les enfants de moins de 2 ans au Cameroun ?

Le projet PLUS est une initiative qui s’implémente dans quatre pays : le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Mozambique. Son principal objectif est de contribuer à réduire les taux de mortalité et de morbidité liés au paludisme chez les enfants de moins de deux ans, en appui aux stratégies nationales déjà en place. Au Cameroun, le projet PLUS vient renforcer la stratégie nationale de lutte contre le paludisme, notamment la chimioprévention pérenne, en ajoutant trois doses supplémentaires de Sulphadoxine Pyriméthamine (SP). Cela permet d’évaluer et de comparer l’impact des interventions additionnelles du projet par rapport aux mesures déjà déployées par le Programme National de Lutte contre le Paludisme.

Combien d’enfants étaient ciblés pour ce projet ?

Pour les cibles, le projet PLUS visait environ 300 000 enfants, en s’appuyant principalement sur le Programme Elargi de Vaccination (PEV), qui constituait la base stratégique de l’intervention. Au départ, le projet avait envisagé de mettre en place un canal spécifique pour l’administration des médicaments, mais il est vite apparu que créer un circuit parallèle risquait de compromettre l’atteinte des enfants visés.

C’est pourquoi le projet s’est aligné sur la stratégie déjà existante du PEV, en considérant que la cible du programme de vaccination devenait aussi celle du projet PLUS. Grâce à cette approche, sur les plus de 300 000 enfants attendus, le projet a pu toucher près de 250 000 enfants, soit un taux de couverture estimé entre 90 et 95 %.

Cependant, au fil de la mise en œuvre, les taux d’atteinte des cibles ont connu une baisse progressive, notamment lors du passage d’une dose à l’autre. Cette diminution s’explique par les phénomènes classiques observés dans le PEV, tels que les perdus de vue et les abandons au fur et à mesure des étapes du calendrier vaccinal. Pour y remédier, il a été nécessaire de développer d’autres stratégies spécifiques afin de retrouver ces enfants perdus de vue et de réduire les taux d’abandon, dans le but de renforcer les résultats et d’atteindre les objectifs fixés par le projet.

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Comment le partenariat entre PSI et les acteurs locaux a-t-il évolué au cours de la mise en œuvre du projet Plus, et quels sont les résultats les plus significatifs de cette collaboration ?

Il faut d’abord souligner que les résultats clés de cette collaboration se traduisent par le nombre important d’enfants que nous avons pu atteindre et surtout protéger contre le paludisme au cours de la mise en œuvre de cette intervention.

Il convient de rappeler que le projet s’est avant tout inscrit dans le cadre de la stratégie nationale du ministère de la Santé publique, en s’appuyant principalement sur deux programmes phares : le Programme Elargi de Vaccination (PEV) et le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP).

Le projet s’est arrimé à ces deux programmes, sous la coordination du ministère de la Santé publique, et plus précisément du PNLP. À côté de cette coordination centrale, les districts de santé, la délégation régionale de la Santé du Centre, les formations sanitaires locales, ainsi que les agents de santé ont également joué un rôle essentiel. À chaque niveau, des efforts soutenus ont permis d’assurer la bonne exécution des activités et de corriger les écarts observés en cours de route.

Au-delà de ces structures sanitaires, il faut aussi saluer la contribution déterminante des leaders communautaires et religieux, ainsi que des organisations de la société civile, qui ont œuvré sans relâche pour mobiliser les communautés et encourager la vaccination des enfants.

En dehors des chiffres que vous avez avancés concernant les enfants, quels sont les autres résultats que vous avez atteints ?

Avant d’aboutir au premier résultat majeur, qui a été de protéger efficacement les enfants contre le paludisme, plusieurs activités clés ont été mises en œuvre.

Il a d’abord fallu renforcer les capacités des acteurs à tous les niveaux — central, régional, district et communautaire — pour qu’ils soient prêts à déployer cette intervention innovante. À cela se sont ajoutées des supervisions régulières, indispensables pour garantir la qualité et l’efficacité des actions sur le terrain. Le projet a également mis l’accent sur la revue de la qualité des données, afin de s’assurer que les informations recueillies, servant à orienter les décisions, soient fiables.

Parallèlement, un important travail de mobilisation communautaire a été conduit pour encourager l’adhésion des populations et les inciter à s’approprier l’initiative. Le projet a enfin soutenu les instances nationales en charge de la chimioprévention du paludisme saisonnier et collaboré avec le Programme National de Lutte contre le Paludisme pour élaborer un plan de transition et de pérennisation, garantissant la continuité des acquis au-delà du projet.

Quels défis avez-vous rencontrés lors de la mise en œuvre de ce projet et comment les avez-vous résolus ?

Le principal défi rencontré a été d’atteindre les enfants au-delà de leur première année de vie. Dans le contexte camerounais, beaucoup de parents savent qu’il faut vacciner jusqu’à neuf mois, parfois quinze, mais après un an, la fréquentation des formations sanitaires diminue fortement — un problème qui affecte autant la vaccination de routine que l’intervention du projet.

Pour y remédier, des stratégies spécifiques ont été mises en place. Les formations sanitaires ont été mobilisées pour identifier les enfants ayant manqué leurs rendez-vous, tandis que des stratégies avancées ont permis de rapprocher les soins des communautés les plus éloignées. Les agents de santé communautaires ont joué un rôle clé en retrouvant ces enfants et, parfois, en administrant les traitements directement sur le terrain. Cette approche a contribué à limiter les pertes, même si le défi reste important.

Autre contrainte majeure : l’accessibilité, surtout en saison des pluies. Certaines zones devenaient inaccessibles, retardant le suivi et l’approvisionnement. Pour pallier cela, des stocks supplémentaires ont été acheminés en saison sèche, garantissant la continuité des traitements même lorsque les routes devenaient impraticables.

Enfin, la question du financement reste cruciale. Alors que plusieurs financements américains ont été suspendus, le plan de transition élaboré avec le ministère de la Santé publique nécessite encore des ressources pour être pleinement mis en œuvre. Dans l’intervalle, les acquis du projet sont intégrés à d’autres initiatives existantes pour assurer la continuité, en attendant la mobilisation de fonds additionnels par les partenaires et le gouvernement.

Que va-t-il se passer maintenant que le projet Plus est clôturé ?

Pour les prochaines étapes, il reste d’abord à obtenir les résultats finaux des études et évaluations menées dans le cadre du projet. Celui-ci avait en effet deux volets : la mise en œuvre et la recherche. Ces résultats, attendus d’ici deux à trois mois, permettront au ministère de la Santé publique de décider s’il convient d’adopter durablement la stratégie des huit doses ou de revenir aux cinq doses initiales de chimioprévention du paludisme chez les enfants.

Parallèlement, un plan de transition et de pérennisation a été élaboré, décliné en deux axes : D’un côté, l’intégration des acquis du projet dans les activités existantes, sans financement supplémentaire, notamment les supervisions, la validation des données et la pharmacovigilance, désormais incluses dans les routines du système de santé. De l’autre, des actions qui nécessiteront des ressources, comme le renforcement continu des capacités, rendu indispensable par le turnover du personnel. Pour cela, le ministère et ses partenaires envisagent de développer des modules de formation en ligne, permettant aux prestataires, où qu’ils soient, de se former de manière autonome, avec une simple connexion internet.

L’espoir est que ces dispositifs garantissent la poursuite des acquis et facilitent, à terme, l’extension de cette stratégie à tous les districts éligibles du Cameroun.

Nous sommes arrivés au terme de cet entretien. Y a-t-il un point que nous n’avons pas évoqué, sur lequel vous souhaiteriez revenir ?

Nous avons particulièrement apprécié la collaboration étroite avec le ministère de la Santé publique, à travers le Programme National de Lutte contre le Paludisme, qui a assuré la coordination tout au long de la mise en œuvre. Aujourd’hui, nous travaillons avec ce programme pour envisager de pérenniser l’apport des agents de santé communautaire, dont l’engagement a été déterminant. L’objectif est que cet acquis soit consolidé et étendu à d’autres districts, en l’intégrant durablement dans le paquet minimum d’activités des agents de santé communautaire.

Entretien réalisé par Mireille Siapje

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