L’Institut de Recherches Médicales et d’Étude de Plantes Médicinales (IMPM) a exposé son savoir-faire aux différents participants et visiteurs présents à l’hôtel de ville de Yaoundé à l’occasion des Journées d’Excellence de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (JERSIC).
Placée sous le thème : « De la recherche scientifique à l’industrialisation endogène pour une transformation structurelle de l’économie camerounaise », la neuvième édition des Journées de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (JERSIC) a drainé des foules à l’hôtel de ville de Yaoundé. Du 14 au 18 juillet 2025, des structures camerounaises de recherche soutenues par l’État à travers le ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (MINRESI) ont présenté leur savoir-faire aux différents visiteurs. Parmi ces organisations, figure en bonne place, l’Institut de Recherches Médicales et d’Étude de Plantes Médicinales (IMPM).
L’efficacité des produits au cœur de la recherche à l’IMPM
Grâce à l’imposant espace dédié à la présentation des réalisations issues des travaux effectués dans ses quatre structures opérationnelles (le Centre de Recherches en Santé et sur les Pathologies Prioritaires « CRSPP »; le Centre de Recherches sur les Maladies Émergentes et Ré-émergentes « CREMER », le Centre de Recherches en Plantes Médicinales et Médecine Traditionnelle « CRPMT »; et le Centre de Recherches en Alimentation, Sécurité Alimentaire et Nutrition « CRASAN ») depuis de longues années, l’IMPM a brillé grâce à ses différentes propositions de solutions innovantes.
Ceci, à la plus grande de joie des visiteurs impressionnés par le savoir-faire des chercheurs de cet Institut. « Je viens de parcourir le stand de l’IMPM consacré aux recherches en alimentation, sécurité alimentaire et nutrition. J’ai été impressionné par la qualité des produits exposés, à cause notamment de leur apport en éléments nutritifs pour l’organisme. J’ai par exemple vu des biscuits faits à base de Sorgho et de poissons qui apportent des protéines et des minéraux aux consommateurs. Ce qui aide à lutter contre les maladies cardiovasculaires tout en favorisant la croissance. J’ai également vu des spécimens de compléments alimentaires en cours d’élaboration. J’ai vu aussi des vins et des thés qui présentent plusieurs vertus. C’est dire que les chercheurs de cet Institut ne dorment pas », explique Alexandre Nguimbous, visiteur.
La médecine traditionnelle comme cheval de bataille
La même impression est perceptible sur les visages des visiteurs présents dans le stand dédié aux recherches en plantes médicinales et médecine traditionnelle de l’IMPM, face aux explications de Joseph Kinga, technicien pharmaceutique. Il déclare : « Nous travaillons avec les personnes indigènes. On transforme la connaissance des indigènes sur les plantes en médicament dans le cadre de la lutte contre les maladies qui sévissent dans notre pays. Ils nous donnent des informations sur les vertus des plantes. On prend ces plantes, on les amène au laboratoire. Nous menons des recherches pour savoir si ces plantes n’ont pas un effet toxique sur la santé de la population. Une fois rassurés, nous transformons ces plantes en produits pharmaceutiques. En général, le processus allant de la découverte à la transformation d’une molécule prend au moins 12 ans. Mais l’Etat a mis sur pied des mécanismes qui allègent ce processus en un temps relativement court, de quatre à cinq ans, en ce qui concerne les médicaments traditionnels améliorés. Nous avons des laboratoires de botanique, de phytochimie, de pharmacologie et de galénique qui travaillent en synergie au siège de l’Institut pour sortir tous ces produits ». Ainsi, les produits issus de ces centres soignent de nombreuses maladies en l’occurrence : le paludisme, la typhoïde, la toux, les amibes ainsi que les problèmes liés à la sexualité.
Des prouesses réalisées par cet institut ont déjà été reconnues au-delà des frontières du Cameroun. À titre illustratif, la pommade dénommée : « Tabercine », fabriquée dans les laboratoires de l’IMPM, a obtenu le prix de la Meilleure invention de la pharmacopée traditionnelle au 7è Salon africain de l’invention et de l’innovation technologique tenu à Cotonou au Bénin en 2018. Le top management de cette structure n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. En effet, l’IMPM prévoit à l’avenir d’opérationnaliser l’Unité de production des réactifs et des kits de diagnostic pour ravitailler les laboratoires d’analyses médicales en réactifs et kits de diagnostic.
Il compte également achever la construction de l’unité de production des médicaments et la rendre opérationnelle pour produire des médicaments essentiels et à base de plantes. Aussi, l’IMPM a élaboré un projet de mise sur pied d’un Technopôle santé ayant trois pôles à savoir : un pôle pharmaceutique, un pôle de production des réactifs et un pôle de production des aliments spéciaux. Le but étant de réduire l’importation de ces produits et de contribuer au rééquilibre de la balance commerciale et à l’atteinte des objectifs de la Stratégie Nationale de Développement (SND30) du Gouvernement.
En clair, l’Institut de Recherches Médicales et d’Études de Plantes Médicinales placé sous la Direction Générale du Pr Jean Louis Essame Oyono se positionne plus que jamais au Cameroun et dans la sous-région , comme une référence en matière de recherche et d’innovation dans le domaine de la recherche en santé En plus des structures opérationnelles de recherches, il dispose de plusieurs structures de production notamment : l’Unité d’analyses médicales ; l’Unité de production des réactifs et des kits de diagnostic; l’Unité de production des médicaments essentiels, des médicaments traditionnels améliorés et éventuellement des vaccins ; l’Unité de production des aliments spéciaux ainsi que de l’unité de contrôle et de certification des produits alimentaires et des médicaments à base des plantes médicinales.
En rappel, l’IMPM a été créé par décret n° 74/888 du 06 juin 1974 portant réorganisation de l’Office National de la Recherche Scientifique et Technique (ONAREST). Il a été réorganisé par Décret n° 2019/066 du 26 décembre 2019 avec pour mission : d’élaborer et d’exécuter des programmes de recherche fondamentale et appliquée ; d’assurer le développement de la recherche et le contrôle dans les domaines médicaux des plantes médicinales et nutritionnels des populations ainsi que de valoriser et de promouvoir les résultats de la recherche et des partenaires dans son domaine de compétence.
Junior NTEPPE KASSI















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