En réponse aux plaintes formulées par certains médecins camerounais de la diaspora, l’ONMC a réuni la presse locale et internationale le lundi 18 août 2025 afin de leur fournir les arguments dans le cadre de l’exercice légal de la profession de médecine au Cameroun.
« Depuis plusieurs mois, l’Ordre national des médecins du Cameroun (ONMC) a engagé une offensive sans précédent contre les praticiens camerounais de la diaspora. Cette hostilité se traduit par des campagnes de dénigrement systématiques, des obstacles administratifs délibérément instaurés et des menaces voilées visant à décourager, voire à criminaliser, toute initiative de coopération ou de transfert de compétences vers le pays. » Ces propos du Collectif de la diaspora médicale camerounaise sont issus d’un communiqué de presse rendu public jeudi 14 août 2024 lors d’un point de presse organisé en ligne sur Zoom.
Ces médecins camerounais de la diaspora accusent l’ONMC d’agir par intérêt. « Certains dirigeants de l’ONMC, eux-mêmes propriétaires de cliniques privées, y compris des médecins fonctionnaires en violation manifeste de la loi, perçoivent l’engagement désintéressé de la diaspora comme une menace pour leurs intérêts économiques personnels, plutôt que comme une opportunité pour améliorer l’accès aux soins et renforcer le système de santé national », clament-ils.
Au regard de ces accusations, l’Ordre national des médecins du Cameroun a apporté quelques éclairages en se référant à la loi qui régit la profession de l’exercice légal de la profession au Cameroun. « Nous avons fait du respect des textes notre cheval de bataille », relève le Dr Rodolphe Fonkoua, président de l’Ordre national des médecins du Cameroun (ONMC).
Lors du point de presse organisé ce jour à Douala, il a rappelé aux journalistes les articles 2 et 34 de la loi nᵒ 90-36 du 10 août 1990 relative à l’exercice et à l’organisation de la profession de médecin au Cameroun. D’après l’article 34, « nul ne peut exercer la profession de médecin au Cameroun s’il n’est préalablement inscrit au tableau de l’Ordre… ».
Un point crucial que le président de l’Ordre tient à faire respecter. D’où les sanctions déjà servies à certains médecins camerounais issus de la diaspora il y a quelques semaines.
« L’un des signataires de ce communiqué, qui serait médecin, n’est pas inscrit au tableau de l’Ordre, mais il me souvient que, il y a un an, nous avions été invités pour l’inauguration d’une structure à Yaoundé et nous lui avons répondu, par un courriel qui date du 26 juillet 2024. Dans ce courriel, on lui disait de ne pas ouvrir car n’ayant aucun papier qui lui autorise à ouvrir une structure. Nonobstant cela, il l’a ouvert…. Ensuite nous l’avons mis en garde par voie d’huissier, nous avons pris un an pour arriver à la décision qui a été prise, nous avons constaté qu’il y officiait deux jeunes enfants qui n’étaient pas inscrits au tableau de l’Ordre, ce qui est inadmissible sur le plan déontologique, sur le plan éthique », fulmine Rodolphe Fonkoua.
Pour le président de l’Ordre, l’argument selon lequel il développe le pays n’est pas suffisant. « Ce n’est pas une chasse aux sorcières, pourquoi est-ce qu’on empêcherait les professionnels d’aller travailler et de poursuivre le transfert de compétences », relève le président de l’Ordre.
Du point de vue du Dr Roger Etoa, membre de l’Ordre et médecin-chef du CMA du Port autonome de Douala, la situation qui prévaut aujourd’hui entre les médecins camerounais de la diaspora et l’Ordre relève de l’incompréhension. Selon lui, « l’idée est de pousser, d’inviter la diaspora à partager ses compétences au Cameroun. La nuance veut que les choses se déroulent dans l’ordre adéquat, on encourage les confrères à respecter les textes. Quand la pédagogie va être bien intégrée, tout le monde sera dans le processus et ce sera beaucoup plus facile. »
Ghislaine DEUDJUI















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