Réunis à Yaoundé les 9 et 10 juin 2026, les maires de plusieurs communes du pays ont été appelés à jouer un rôle clé dans la lutte contre le choléra. Une mobilisation jugée essentielle pour atteindre l’objectif de réduction de 90 % de la mortalité liée à la maladie d’ici 2030.
Des maires, responsables sanitaires et partenaires techniques réunis à Yaoundé pour promouvoir une riposte communautaire renforcée contre le choléra au Cameroun.
Le choléra continue de représenter une menace majeure pour la santé publique au Cameroun. Malgré les efforts déployés ces dernières années, les flambées épidémiques récurrentes rappellent la nécessité d’agir au plus près des populations. C’est dans cette perspective que le Ministère de la Santé publique, à travers la Direction de la lutte contre la maladie, les épidémies et les pandémies, a réuni les maires de plusieurs communes du pays les 9 et 10 juin 2026 à Yaoundé.
Cette réunion de plaidoyer visait à renforcer l’appropriation du Plan National de Contrôle du Choléra (PNCC) 2026-2030 et à obtenir un engagement politique et opérationnel accru des collectivités territoriales dans la lutte contre cette maladie évitable. Aux côtés des responsables sanitaires et des partenaires techniques et financiers, les élus locaux ont été sensibilisés à l’évolution de la situation épidémiologique, aux principaux déterminants de la maladie ainsi qu’aux défis persistants dans les zones les plus vulnérables.
Les chiffres illustrent l’ampleur du défi. Entre 2021 et 2023, le Cameroun a enregistré 21 298 cas de choléra et 508 décès, soit un taux de létalité d’environ 2,4
%. Neuf régions sur dix ont été touchées par des épidémies successives, affectant plus de 11 millions de personnes réparties dans 48 localités prioritaires. Cette situation est alimentée par plusieurs facteurs, notamment l’accès insuffisant à l’eau potable, les déficits en matière d’assainissement et certaines pratiques d’hygiène qui favorisent la propagation de la maladie.
Au cours des échanges, les participants ont pris connaissance des objectifs du PNCC, qui vise notamment à réduire d’au moins 90 % la mortalité liée au choléra d’ici 2030. Les experts ont insisté sur la nécessité de passer d’une réponse essentiellement réactive aux flambées à une stratégie durable, préventive et multisectorielle.
Les maires ont également été initiés au concept d’« Investment Case » sur le choléra. Cet outil met en évidence les bénéfices sanitaires, sociaux et économiques des investissements réalisés en amont pour améliorer l’accès à l’eau potable, renforcer les infrastructures d’assainissement et promouvoir les bonnes pratiques d’hygiène au sein des communautés.
À l’issue de la rencontre, plusieurs recommandations ont été formulées. Les communes sont invitées à inscrire la lutte contre le choléra parmi leurs priorités de développement, à cibler les localités les plus exposées et à renforcer les investissements dans l’eau, l’assainissement et l’hygiène, notamment dans les écoles, les marchés et les espaces publics. Les élus ont également été encouragés à soutenir les activités de sensibilisation communautaire, à favoriser la détection précoce des cas et à développer des partenariats permettant de mobiliser davantage de ressources.
Pour les autorités sanitaires, le leadership des maires constitue désormais un levier essentiel pour atteindre les objectifs du PNCC. « Le choléra se combat d’abord au niveau communautaire », ont rappelé les organisateurs. Une conviction qui place les collectivités territoriales au premier rang de la lutte contre une maladie dont l’élimination demeure un enjeu majeur pour le Cameroun.














