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Projet PADOC-CNTS : L’initiative majeure pour sécuriser la transfusion sanguine au Cameroun

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Le Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS), appuyé par une solide coalition internationale et soutenu par la Coopération française, a lancé officiellement le Projet d’Appui au Déploiement Opérationnel du CNTS (PADOC) le 11 juillet 2025.

Cette initiative ambitieuse promet de transformer la chaîne de transfusion sanguine en renforçant les compétences techniques du personnel et en mobilisant la communauté pour le don volontaire, offrant ainsi un espoir concret pour des milliers de vies et une meilleure sécurité sanitaire à travers le pays.

Le système transfusionnel camerounais fait face à des vulnérabilités préoccupantes. Annuellement, bien que plus de 400 000 poches de sang soient nécessaires, seulement 165 000 ont été collectées en 2024, soit une couverture d’à peine 45%. Plus alarmant encore, 80% de ces dons proviennent de donneurs de remplacement plutôt que de donneurs volontaires non rémunérés, ce qui accroît les risques sanitaires. De surcroît, le taux de poches de sang positives au VIH atteint 2,52%, un indicateur flagrant des dangers liés à l’absence de qualification biologique systématique et à la fragmentation du système actuel.

C’est dans ce contexte que la réforme du système national de transfusion sanguine a été initiée par le Gouvernement du Cameroun en 2019, aboutissant à la création du CNTS. Par conséquent, le Projet PADOC se positionne comme un levier essentiel de cette réforme, complétant les efforts déjà fournis et s’inscrivant pleinement dans les orientations stratégiques nationales en matière de santé.

PADOC : deux axes stratégiques pour un impact durable

Avec un appui financier de la Coopération française via Expertise France, s’élevant à 1 073 381€ (soit plus de 704 millions de FCFA), le PADOC vise principalement à réduire le risque d’infections transmissibles par le sang (VIH, paludisme, hépatites). À cette fin, il s’articulera autour de deux volets stratégiques et complémentaires : Renforcement des compétences techniques : Il s’agira de consolider les capacités du personnel du CNTS et des Banques de Sang Hospitalières (BSH) dans six régions clés du pays : Centre, Sud, Est, Adamaoua, Nord, et Extrême-Nord. Ainsi, l’objectif est d’améliorer la qualité et la quantité des produits sanguins labiles (PSL) disponibles. Comme l’a précisé le Pr. Dora NGUM SHU MBANYA, Directrice Générale du CNTS, « ce même projet aussi aura à former… les personnels techniques des centres nationaux de transfusion sanguine, mais aussi des banques de sang. » Cette approche est cruciale, car elle « va améliorer la qualité des personnels et éventuellement la sécurité transfusionnelle, » a-t-elle ajouté. Mobilisation communautaire pour le don volontaire de sang : En collaboration avec des Organisations de la Société Civile (OSC), ce volet se concentrera sur six villes pilotes (Yaoundé, Ebolowa, Bertoua, Ngaoundéré, Garoua et Maroua) pour sensibiliser et encourager le don de sang volontaire, crucial pour la sécurité transfusionnelle. Le Pr. NGUM SHU MBANYA a également souligné l’importance de cette mobilisation, affirmant que la première phase du projet a permis de « cartographier les différentes associations qui œuvrent dans le don du sang… Et ce projet actuel aura une autre face où on va prendre en charge la formation de ces organisations de sociétés civiles. »

L’équipe de mise en œuvre est constituée du CNTS, porteur du projet, et de partenaires techniques de renom tels que Safe Blood for Africa Foundation (SBFA), le Forum pour la Gouvernance, la Santé et le Développement (FOGOSADE), l’Établissement Français du Sang (EFS), et la Croix-Rouge Camerounaise.

Un lancement sous le signe de la mobilisation collective

La cérémonie de lancement, officiellement validée par le Comité de Gestion le 23 décembre 2024 et approuvée par la Présidence de la République, aura pour objectif général de mobiliser l’ensemble des parties prenantes autour des ambitions du PADOC. En effet, cet événement institutionnel permettra de présenter la vision, les objectifs, les composantes et les résultats attendus du projet, tout en rendant visible l’engagement des autorités camerounaises et des partenaires internationaux.

Damien Cusey, Conseiller politique à l’Ambassade de France, a réaffirmé l’engagement de son pays : « Madame la directrice générale l’a très bien rappelé… Depuis de nombreuses années, l’ambassade de France est aux côtés du ministère de la santé publique et du Centre national de transfusion sanguine, puisque pour nous… la santé et une santé au service de toute la population est un bien commun essentiel. » Cette cérémonie renforcera la collaboration entre tous les acteurs impliqués et recueillera les premières réactions pour une meilleure appropriation par les bénéficiaires.

Le programme de cette journée mémorable comprendra des présentations institutionnelles et techniques, une projection vidéo résumant le projet, et un témoignage poignant d’un bénéficiaire de la transfusion sanguine pour illustrer l’impact humain de l’amélioration du système. Un panel d’échanges et de discussions sera également organisé pour favoriser l’appropriation du projet et recueillir des contributions précieuses.

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Vers un avenir transfusionnel sécurisé

Michel OUM, Coordonnateur National du projet PADOC, a précisé que la première phase du projet prévoit la formation de « 550 personnels du Centre National de Transfusion Sanguine. À raison de 30 au niveau du centre national et 20 dans 10 banques de sang. » Ces personnels qualifiés auront pour rôle de former leurs collègues, créant ainsi un effet de cascade. La deuxième phase, quant à elle, se concentrera sur la mise en place d’un mécanisme opérationnel de collaboration avec les associations de promotion du don de sang, ce qui permettra le déploiement de la collecte mobile.

Le lancement du Projet PADOC marque un tournant majeur pour la santé publique au Cameroun. Il incarne un engagement ferme en faveur d’un système transfusionnel plus sûr, plus efficace et plus équitable, capable de répondre aux besoins critiques de la population et de sauver d’innombrables vies.

Elvis Serge NSAA

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