Si la création des centres au sein des formations sanitaires avait initialement pour but de résoudre la problématique des enfants sans acte de naissance, elle a paradoxalement mis en lumière une autre difficulté : celle de la faible récupération des documents par les parents.
Malgré les efforts déployés pour faciliter l’enregistrement des naissances au Cameroun, notamment l’intégration de centres d’état civil au sein des formations sanitaires, un problème persiste, celui du nombre important d’actes de naissance abandonnés dans les communes de la région du Nord.
L’initiative d’intégrer l’enregistrement des naissances dans les formations sanitaires était louable. La procédure, simplifiée, devait fluidifier l’enregistrement des naissances. Au centre de santé Intégré (CSI) de Ouro Kanadi dans la ville de Garoua, par exemple, le processus est clair et facile. Après la naissance, un formulaire de déclaration est rempli par les parents, incluant l’identité des parents et le nom proposé pour le nouveau-né, accompagné éventuellement d’une copie de l’acte de mariage. L’hôpital délivre alors un numéro d’enregistrement, et c’est ensuite à la commune compétente de finaliser l’acte de naissance. La formation sanitaire se charge de transmettre les dossiers aux mairies. En théorie, les parents n’ont plus à se soucier des démarches administratives.
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Cette approche, censée réduire les obstacles à l’enregistrement des naissances et lutter contre l’apatridie, fonctionne relativement bien dans certains cas. Pour de nombreux parents, cette proximité facilite grandement les démarches. Le CSI de Ouro Kanadi témoigne d’une bonne coopération entre le personnel de santé et les agents de l’état civil. Toutefois, cette simplification apparente ne résout pas le véritable problème.
Le véritable défi se pose au niveau de la récupération des actes de naissance par les parents. Malgré la proximité et la simplification du processus, un nombre significatif de parents ne se rendent pas en mairie pour retirer les documents de leurs enfants. Ce constat est partagé par de nombreuses communes de la ville. Les archives communales regorgent d’actes de naissance laissés à l’abandon, transformant le système initialement pensé pour faciliter l’accès aux documents en une source supplémentaire de complexités.
Face à cette situation, le personnel de l’état civil se trouve confronté à un dilemme. Soucieux de remplir leur mission, ils sont souvent contraints de se déplacer vers les formations sanitaires pour récupérer les actes abandonnés, une tâche supplémentaire qui alourdit leur charge de travail déjà conséquente. Ce qui indique que la sensibilisation des parents est insuffisante sur l’importance de récupérer les actes de naissance de leurs enfants.
Marcus DARE














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