Un premier lot de 16 520 doses du vaccin Ervebo est arrivé vendredi 21 août 2026 à l’aéroport international de N’djili à Kinshasa, en République démocratique du Congo, où l’armée déploie des escortes armées pour sécuriser les soignants dans l’Est du pays.
L’arrivée des premiers lots de vaccin Ervebo marque le coup d’envoi d’une riposte globale en République démocratique du Congo. Un premier lot de 16 520 doses du vaccin Ervebo est arrivé vendredi 21 août 2026 à l’aéroport international de N’djili à Kinshasa. Réceptionnées en personne par le ministre de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale, le Docteur Samuel Roger Kamba, ces précieuses fioles viennent directement renforcer la stratégie de riposte de la République Démocratique du Congo face à la résurgence de la maladie à virus Ebola.
Une mobilisation scientifique internationale
Financées par Gavi, l’Alliance du Vaccin, ces doses initiales s’inscrivent dans une première expédition de 50 120 doses attendues à très court terme sur le sol congolais. Elaborés en Allemagne par les laboratoires MSD, les sérums ont transité par la Suisse, le Luxembourg et la Belgique avant d’atteindre Kinshasa. L’Organisation Mondiale de la Santé et ses partenaires ont validé une allocation totale de 70 000 doses tirées du stock mondial de précaution pour stopper l’épidémie provoquée par la souche Bundibugyo, déclarée depuis mai 2026.
Sur cette allocation stratégique, la communauté scientifique et le gouvernement ont élaboré un plan d’intervention structuré en deux volets distincts. D’une part, cinquante mille doses sont réservées à une intervention compassionnelle destinée à immuniser prioritairement les soignants et les agents de santé déployés en première ligne. D’autre part, vingt mille doses serviront à lancer un essai clinique de phase 3 afin d’évaluer la réponse immunitaire précise contre le virus de l’espèce Bundibugyo. Le ministre a rappelé que ce vaccin éprouvé avait déjà démontré son efficacité lors de la grande épidémie survenue entre 2018 et 2020.
L’armée en renfort face à la crise sécuritaire au Nord-Kivu
Si l’arrivée de ce matériel médical réjouit les autorités, la vaccination ne constitue qu’un volet d’une réponse qui exige une présence sécuritaire renforcée sur le terrain. Alors que deux mille premières doses ont déjà été acheminées en urgence dans la province de la Tshopo pour contenir la propagation, la situation au Nord-Kivu impose un dispositif d’exception. En plus du virus, la région demeure frappée par une insécurité armée chronique qui entrave violemment le travail des secouristes.
Afin de préserver la vie des équipes médicales ciblées par des menaces directes, le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Evariste Somo Kakule, a pris la décision d’engager activement l’armée et la police. Les véhicules de secours, ambulances et convois sanitaires circulent désormais sous escorte armée conjointe des FARDC et de la PNC. Ce bouclier militaire vise à maintenir sans interruption la continuité des soins, la surveillance épidémiologique ainsi que la prise en charge des patients dans les zones d’intervention les plus exposées. Face à la méfiance locale, les autorités dénoncent également la manipulation clandestine des dépouilles mortelles. Le gouverneur militaire exhorte la jeunesse à devenir le fer de lance de la sensibilisation citoyenne pour briser les chaînes de contamination.
Cette mobilisation médico-militaire intervient au moment même où les agences internationales tirent la sonnette d’alarme. Lors de la Journée mondiale de l’aide humanitaire le 19 août 2026, le chef du bureau régional de l’OCHA, Charles Bernimolin, a rappelé aux parties en conflit l’obligation stricte de garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave.
Entre le front vaccinal à Kinshasa, la protection armée au Nord-Kivu et l’urgence vitale en Ituri, la RDC déploie ainsi un ensemble de ses forces pour préserver des vies au milieu du chaos.









