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Roselyne Koa Ndzana : Les déboires d’une infirmière clinicienne camerounaise au Canada

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Installée dans ce pays depuis trois ans, cette spécialisée en gérontologie et en Santé mondiale a été révoquée de son emploi pour avoir dénoncé les cas d’éjections des infirmiers africains d’un programme de formation chapeauté par le gouvernement canadien.

Roselyne Koa Ndzana, infirmière camerounaise face à un licenciement abusif au Canada

Arrivés au Canada dans le cadre du Projet de reconnaissance des compétences d’infirmiers et infirmières recrutés à l’étranger (Prciiri), qui visait à recruter 1000 infirmiers et infirmières dans un premier temps et 1500 à terme, diplômés hors Canada, pour venir en renfort dans le réseau de la santé québécois, des centaines d’Africains se sont retrouvés dans une situation désastreuse au sein de vaste pays d’Amérique centrale, loin de leur terra natale.

Ejectés du programme avant la fin de leur formation, ces immigrés dont certains ont quitté leurs pays d’origines avec toute leur famille (femme et enfants), se sont retrouvés dans une précarité extrême, car ayant perdu les allocations liées au projet, notamment leurs bourses, leurs assurances médicales et la possibilité de travailler comme préposé aux bénéficiaires (aide-soignant), alors même qu’ils avaient une expérience de plusieurs années d’exercice du métier d’infirmier dans le pays. « Certains ont fait des dépressions et se sont retrouvés en psychiatrie, d’autres se sont retrouvés inaptes à exercer leur emploi », relate Roselyne Koa Ndzana, épouse Etoa, une infirmière clinicienne résidant au Canada qui s’est érigée en avocate de ses « frères » et « sœurs » africains.

Une victoire au goût amer

En effet, arrivée dans ce pays il y a trois ans en provenance de la France où était installée depuis 2009, c’est elle qui va porter l’affaire sur la place publique à travers des sorties sur les réseaux sociaux et dans divers médias après avoir été contactée de façon anonyme par plusieurs victimes. Son activisme acharné va d’ailleurs porter les fruits puisque pratiquement tous ces personnels soignants immigrés d’Afrique vont être réintégrés dans le programme, alors même qu’ils avaient essuyés une fin de non-recevoir pendant plusieurs mois.

Sauf que cette victoire va lui coûter son emploi, puisqu’elle sera congédiée par son employeur, animé par un souci de vengeance, pendant qu’elle est en congé de maternité. Cette spécialiste en gérontologie et en Santé mondiale occupait alors en ce moment-là le prestigieux poste d’Assistante cheffe au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (Cisss-AT). Recrutée dans le cadre des « Journée Québec », elle n’était pas concernée par le Prciiri, puisqu’elle a dû s’installer quelques années plus tôt au Canada avec ses enfants afin de rejoindre son mari qui y vit depuis une vingtaine d’années. Six mois après son licenciement, rien n’a changé malgré ses nombreuses plaintes et les appels à l’égard des autorités québécoises. Les trois entités en charge de ce programme, notamment le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (Mifi), le ministère de la Santé et le ministère de l’Enseignement supérieur sont restés muets jusqu’ici.

Les causes du bouleversement

Après consultation du rapport obtenu auprès de l’organisme chargé de fournir du soutien pédagogique dans le pays, le journal canadien « Le Devoir » a publié en fin janvier dernier une série d’articles qui retrace une succession de faits ayant conduit à l’éviction des infirmiers d’origine africaine du programme gouvernementale. On peut y retrouver des révélations sur des cas de racisme et d’humiliation dont ont été victimes ces apprenants faisant partie de la Phase 3 dudit programme. « Des infirmiers et infirmières recrutés en Afrique ont été victimes d’intimidation et de dénigrement au cégep de l’Abitibi-Témiscamingue et dans les hôpitaux de la région où ils ont été formés, selon un rapport obtenu par Le Devoir auprès de l’organisme chargé de fournir du soutien pédagogique (…) Les exemples de remarques racistes et humiliantes se succèdent dans le rapport lourdement caviardé dans lequel témoignent une dizaine de ces futurs soignants formés à Amos et La Sarre », peut-on lire dans l’un des articles du journal.

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La même source révèle qu’une enseignante « criait sur les étudiants dans le couloir et les traitait d’incapables ». « Dès lors, les étudiants avaient l’impression que le but de l’enseignante était d’éliminer certains d’entre eux », révèle en outre le rapport. « Il y a des personnes qui déterminent avant même les évaluations qui va réussir et qui ne va pas réussir. Et ça se joue au faciès. C’est dit. Il y a des témoins », s’insurge Roselyne qui a d’ailleurs bénéficié du soutien de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ). Et selon Le Devoir, c’est cette situation qui a mené à une vague d’échecs des étudiants au printemps 2024 et comme on pouvait s’y attendre, à l’éjection du programme, avec pour corollaires la perte de leurs allocations évoquées plus haut.

Rencontrés par les journalistes, les responsables de la formation médicale dont la directrice adjointe au projet de formation et de recrutement à l’international des Idhc du Consortium, Maria Rosa Sgambato, n’a nié pas les allégations de racisme et les problèmes survenus au cégep de l’Abitibi-Témiscamingue. Tout reconnaissant ces écarts, elle a parlé de cas isolés. D’ailleurs, en autorisant la plupart des étudiants en échec à reprendre leur examen, le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration a en filigrane donné raison au combat de Roselyne Koa Ndzana, qui ne demande aujourd’hui qu’à être innocentée après son licenciement injuste.

S.N

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