Le secteur avicole est un moteur essentiel de l’économie camerounaise et une source de protéines indispensable. Cependant, la qualité de la viande de poulet proposée sur le marché soulève de plus en plus d’inquiétudes. Alors que le poulet est un incontournable des tables, garantissant sa qualité ne relève pas du hasard. Cela nécessite une rigueur sanitaire exemplaire, un suivi vétérinaire strict, et des mesures précises tout au long du cycle de vie de l’animal.
La santé des poulets commence dès leur arrivée à l’élevage. Le Dr. Lafortune Ngo Pem, une cadre à la Direction des Services vétérinaires du Cameroun, insiste sur l’importance d’un protocole précis. « Pour un suivi médical de qualité, l’arrivée du poussin impose à l’éleveur la désinfection préalable des bâtiments, la vérification de la température (32-34 °C les sept premiers jours) et la distribution d’un complément vitaminé dans l’eau », explique-t-elle. Par ailleurs, un plan de vaccination strict est indispensable pour protéger les poussins des maladies courantes. La vétérinaire détaille le calendrier : dès le premier jour : vaccination contre la maladie de Newcastle et la bronchite. Le septième jour : administration de la vaccination « Gumboro ». Le quatorzième jour : rappel de la vaccination « Gumboro ». Le vingt-et-unième jour : rappel contre la maladie de Newcastle.
Ces étapes sont cruciales, car elles jettent les bases d’une croissance saine. Un suivi vétérinaire régulier, incluant une pesée hebdomadaire, est nécessaire afin de s’assurer de la bonne croissance des animaux. Le suivi porte également sur le contrôle de la mortalité, l’observation des excréments et du comportement.
Les signes d’alerte et les mesures de prévention
Il est essentiel que les éleveurs sachent reconnaître les signes d’un animal malade. Le Dr. Ngo Pem est catégorique : « Les signes d’alerte sont nombreux. Ils incluent l’abattement, l’isolement, le plumage terne, la respiration bruyante, la toux, l’écoulement nasal, la diarrhée, le changement de couleur des fientes, ainsi que la baisse d’appétit et de la croissance. » En cas d’apparition de ces signes, la vétérinaire préconise d’isoler immédiatement l’animal et de consulter un vétérinaire sans délai.
En plus du suivi et de la vaccination, des mesures quotidiennes sont nécessaires pour le bon développement des poulets. Il faut, par exemple, baisser progressivement la température du bâtiment jusqu’à 22 °C, fournir une alimentation riche en protéines et de l’eau fraîche et propre en permanence. Un éclairage constant (23 heures par jour les sept premiers jours) est aussi recommandé pour stimuler l’alimentation et la croissance.
Pour les éleveurs, la prévention des maladies comme la maladie de Newcastle, le Gumboro, la Coccidiose ou la Colibacillose repose sur trois piliers : la vaccination, une hygiène irréprochable et une bonne aération des locaux. Les experts suggèrent également de ne jamais mélanger des poulets d’âges ou de provenances différentes, de désinfecter les bâtiments entre chaque lot, et de limiter l’accès aux visiteurs afin de maintenir une biosécurité optimale.
Un gage de qualité pour le consommateur
En conclusion, un élevage bien géré, fondé sur des mesures sanitaires strictes et un suivi vétérinaire assidu, est la seule garantie d’une viande de poulet de qualité. En suivant ces recommandations, les éleveurs protègent non seulement leurs animaux, mais ils s’assurent aussi de fournir aux consommateurs une viande saine, riche en protéines et sans risques pour la santé.
Junior NTEPPE KASSI














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