Essentielles à la santé intime de la femme, les serviettes hygiéniques sont bien plus qu’un simple accessoire d’hygiène. Elles jouent un rôle important dans la prévention des infections et la préservation du bien-être menstruel. Pourtant, leur qualité, leur accessibilité et leur coût posent encore de nombreux défis.
L’hygiène menstruelle est un volet fondamental de la santé sexuelle et reproductive de la femme. Chaque mois, des millions de femmes et de jeunes filles ont besoin de protections fiables pour vivre leurs règles dans la dignité et le confort. Mais encore faut-il que ces produits remplissent leur fonction première, cellle d’absorber efficacement le flux menstruel sans compromettre la santé de l’utilisatrice.
Dans de nombreuses localités, les serviettes hygiéniques vendues sur le marché ne répondent malheureusement pas aux normes sanitaires requises. Fabriquées parfois dans des conditions douteuses, elles présentent des risques d’irritations, de démangeaisons, voire d’infections vaginales. Certaines couches ne retiennent pas correctement le sang menstruel ; il reste en surface et peut, par capillarité, remonter vers la voie vaginale. Ce phénomène expose la femme à des bactéries susceptibles d’entraîner des maladies infectieuses, parfois graves.
Un produit de première nécessité… mais pas pour toutes
Les serviettes hygiéniques de qualité se vendent dans les pharmacies ou les grandes surfaces, mais elles demeurent inaccessibles à une large frange de la population féminine. Le coût d’une boîte de serviettes haut de gamme peut atteindre 30 000 francs CFA, un prix exorbitant pour de nombreuses femmes vivant en situation de précarité. En revanche, sur les marchés ou dans les petites boutiques, on trouve des serviettes à 500 ou 1 000 francs, plus abordables mais souvent de mauvaise qualité. Nadine, une vendeuse rencontrée à Garoua, explique que : « La plupart des femmes achètent les serviettes à 500 francs. C’est ce que tout le monde peut se permettre. » Même son de cloche du côté d’Asta, femme au foyer, « Cela fait plusieurs années que j’utilise les mêmes marques de serviettes. Elles sont faciles à trouver dans ma boutique habituelle. Parfois, elles ne tiennent pas bien, mais on n’a pas le choix. » Ces témoignages traduisent une réalité vécue par des milliers de femmes. La précarité financière contraint à utiliser des produits qui ne garantissent pas toujours une bonne hygiène menstruelle. Dans certaines zones rurales, la situation est encore plus préoccupante. Les serviettes industrielles y sont introuvables, poussant les femmes à fabriquer des protections artisanales à base de tissus, de coton ou même de morceaux de pagnes recyclés.
La meilleure serviette hygiénique est celle qui allie confort, absorption, sécurité et accessibilité. Elle doit être conçue à partir de matériaux doux, hypoallergéniques et respirants, capables d’éviter l’humidité prolongée et la prolifération microbienne. Les modèles modernes intègrent des technologies absorbantes multicouches, des barrières anti-fuites, et parfois des parfums neutres pour limiter les odeurs sans agresser la flore vaginale. Par ailleurs, les serviettes réutilisables en coton biologique sont de plus en plus fabriquées par les associations. Elles constituent une alternative écologique et économique, à condition qu’elles soient bien lavées et séchées au soleil pour éviter toute contamination. Plusieurs associations féminines encouragent aujourd’hui la fabrication locale de serviettes hygiéniques durables, adaptées aux besoins des communautés.
Marcus DARE
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Réaction
« Les serviettes hygiéniques doivent en principe avoir ces composants »

Une bonne garniture hygiénique est composée de plusieurs éléments chimiques, parmi lesquels, une couche supérieure (souvent en polypropylène ou coton), un cœur absorbant (cellulose, polymères super-absorbants) pour retenir les liquides, une couche imperméable (film polyéthylène) pour empêcher les fuites, et un adhésif (polymères synthétiques) pour fixer la garniture. Les produits incluent également des additifs comme des humectants (glycérine) et des conservateurs (type tocophérol). Les serviettes hygiéniques doivent en principe avoir ces composants. Il y va de la santé des femmes. Les pathologies auxquelles s’exposent les femmes n’utilisant pas de bonnes serviettes hygiéniques sont entre autres les infections génitales et urinaires, liés à un défaut d’absorption par ces mauvaises garnitures et ainsi une humidité prolongée et un manque d’évacuation des secrétions vaginales.
Propos recueillis par Marcus DARE














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