Derrière les murs des maisons, se cachent des réalités souvent tues, des violences basées sur le genre laissent des traces profondes, aussi bien physiques que mentales, sur la santé des femmes. Si les statistiques officielles peinent à saisir l’ampleur du problème, les témoignages poignants et les observations sur le terrain révèlent une situation alarmante, nécessitant une action urgente et coordonnée.
Dans la région du Nord, les violences basées sur le genre se déclinent sous diverses formes, souvent imbriquées et cumulatives. La violence physique, la plus visible, se manifeste par des coups, des brûlures, des mutilations génitales féminines, encore pratiquées malgré leur illégalité. Mais la violence psychologique, souvent insidieuse et durable, est tout aussi destructrice. Elle prend la forme de menaces, d’humiliations constantes, de contrôle excessif, de dénigrement et d’isolement social. La violence économique, qui prive les femmes de ressources et d’autonomie, est également omniprésente, les condamnant à la dépendance et à la vulnérabilité. Le viol conjugal, souvent banalisé, est une autre forme majeure de violence qui laisse des séquelles psychologiques et physiques considérables. Enfin, les violences liées aux pratiques traditionnelles, telles que les mariages forcés ou précoces, ajoutent une couche supplémentaire à cette problématique complexe. Le témoignage de Aïcha est poignant sur le sujet « Mon mari me bat régulièrement. Il dit que c’est normal, que c’est comme ça chez nous. » la pauvre souffre de troubles anxieux sévères, de douleurs chroniques et présente des signes de dépression. Une situation similaire que vit aussi une autre femme qui requiert l’anonymat. Mariée à 15 ans, Fatima a subi des violences physiques et sexuelles répétées de la part de son mari. La dame raconte : « Il me battait chaque fois que je refusais ses avances. J’ai des cicatrices sur le corps, mais la pire blessure est invisible. Je ne peux plus faire confiance aux hommes, ni même à moi-même. » Elle éprouve aujourd’hui des difficultés relationnelles importantes.
Les conséquences sanitaires dévastatrices
Les conséquences sanitaires des violences basées sur le genre sont multiples et graves. Les traumatismes physiques peuvent entraîner des blessures, des handicaps permanents, voire la mort. Les violences psychologiques engendrent des troubles anxieux, des dépressions, et peuvent conduire à des tentatives de suicide. La violence sexuelle expose les femmes à des infections sexuellement transmissibles (IST), dont le VIH, des grossesses non désirées et des complications obstétricales. La violence économique, quant à elle, contribue à la malnutrition, à l’insécurité alimentaire et à la précarité générale, aggravant encore les conséquences sanitaires. L’accès aux soins est souvent entravé par la peur, la honte, la stigmatisation et le manque d’informations.
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Des solutions urgentes et multiformes pour lutter contre le phénomène
Combattre les violences basées sur le genre dans cette partie du pays nécessite une approche globale et multisectorielle. Il est donc indispensable d’améliorer les lois relatives à la protection des femmes contre les violences, former les forces de l’ordre et les acteurs judiciaires à la prise en charge des victimes, et assurer l’accès à la justice pour toutes. Multiplier les campagnes de sensibilisation auprès des populations, notamment des hommes, pour dénoncer les VBG et promouvoir l’égalité entre les sexes. Travailler sur les normes sociales et les croyances traditionnelles qui justifient ou tolèrent la violence. La formation du personnel de santé à la prise en charge des victimes de VBG, la garantie de l’accès aux soins médicaux et psychologiques adaptés, et la lutte contre la stigmatisation doivent être fortement encouragées. La collaboration avec les chefs traditionnels, les leaders religieux et les organisations communautaires pour promouvoir des initiativexs locales de prévention et de lutte contre les VBG est aussi nécessaire. La lutte contre les VBG dans la région du Nord est un combat de longue haleine qui exige une mobilisation collective. Il est crucial de briser le silence, de dénoncer les violences, et d’agir concrètement pour protéger la santé et la dignité des femmes. Les cicatrices invisibles, laissées par ces violences, ne doivent plus être ignorées. Il est temps d’agir.
Marcus Dare















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