Un rapport alarmant du ministère de la Santé publique et de l’OMS révèle que cette eau insalubre est un vecteur silencieux de maladies hydriques, exposant les populations, et particulièrement les enfants, à un risque sanitaire grave.
À Biteng, un quartier de Yaoundé IV, Maeva, 12 ans, fait la queue au petit matin pour puiser de l’eau d’un puits de fortune. « Quand il pleut, le point d’eau se remplit, ce qui permet à tout le monde d’avoir de l’eau pour les tâches ménagères », confie un habitant. Cette apparente bénédiction est en réalité un vecteur de contamination. Le Dr Bitchoka Pierre Marcellin, chirurgien viscéral et endoscopique au Centre médical solidarité africaine, met en garde contre les risques. « Cette eau est propice au développement de bactéries comme le vibrion cholérique, de parasites comme l’ascaris et les amibes, et de virus comme le rotavirus ». Ces agents pathogènes peuvent provoquer de violentes diarrhées aiguës et des vomissements, qui, sans traitement, peuvent conduire à la déshydratation et à des complications mortelles.
Les fausses croyances sur la purification de l’eau
Malgré les risques, de nombreuses personnes croient qu’il suffit de faire bouillir l’eau pour la rendre potable. « Nous utilisons cette eau pour la lessive, la vaisselle et même la cuisine parce que le feu peut tuer les microbes », explique Marguerite, une habitante. Cependant, le Dr Bitchoka réfute cette idée reçue. « Chaque germe a une température spécifique pour être détruit. Une simple petite ébullition ne suffit pas. Il faut porter l’eau à ébullition pendant une heure pour être certain ».
Les efforts du gouvernement et les solutions individuelles
Conscient de l’enjeu, le gouvernement s’est engagé à atteindre l’objectif de développement durable (ODD) 6 des Nations Unies, qui vise à garantir un accès universel à l’eau potable d’ici 2030. Un engagement d’autant plus vital que l’UNICEF révélait en 2022 que les maladies liées à l’eau étaient la deuxième cause de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans au Cameroun.
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En attendant que ces initiatives portent pleinement leurs fruits, les populations doivent prendre des précautions. Pour la consommation, il est conseillé de traiter l’eau avec des produits chimiques comme le chlore ou de la faire bouillir pendant une heure. Ces gestes simples peuvent faire la différence entre la vie et la mort et contribuer à protéger les plus vulnérables.
Audray NDENGUE Stg














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