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19ᵉ édition des « 16 Jours d’activisme » : le Cameroun mobilisé pour un espace numérique sécurisé et inclusif

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La 19 édition de la campagne mondiale « 16 Jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles », qui se tiendra du 25 novembre au 10 décembre 2025, se focalisera sur le thème urgent : « Unis pour mettre fin à la violence numérique à l’égard de toutes les femmes et filles ».

C’est dans la salle de conférences du ministère de la Promotion de la femme et de la Famille (MINPROFF) que se sont tenus les préparatifs de la 19ᵉ édition de la campagne mondiale « 16 Jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles ». Prévue du 25 novembre au 10 décembre 2025, cette édition se place sous le thème fédérateur et urgent : « Unis pour mettre fin à la violence numérique à l’égard de toutes les femmes et filles ».  D’emblée, Maïpa Wespa, présidente du comité d’organisation, représentant la ministre, a planté le décor en insistant sur la dimension collective de la lutte. « Cette campagne interpelle notre responsabilité collective. Elle invite les gouvernements, les entreprises technologiques, les agences des Nations Unies, les bailleurs de fonds et la société civile à prendre des mesures urgentes pour prévenir et répondre à la violence numérique. En conséquence, elle a souligné l’impérieuse nécessité d’une alliance multisectorielle.

Un phénomène en pleine expansion : l’effrayant état des lieux

La présentation des termes de référence par William Olinga, cadre à la Direction de la promotion sociale de la femme, a dressé un état des lieux saisissant de la menace. Les chiffres, tirés d’une enquête de The Economist Intelligence Unit, sont alarmants : 85% des femmes interrogées ont déclaré avoir été victimes ou témoins de violences numériques. Plus inquiétant encore, 57% ont vu leurs images ou vidéos en ligne faire l’objet d’abus ou de manipulation.

William Olinga a précisé que « la violence numérique désigne tout acte commis via les technologies de l’information, simplement parce que la cible est une femme ». Il a également alerté sur l’aggravation du phénomène par les nouvelles technologies : « L’évolution rapide de l’intelligence artificielle crée de nouveaux risques et intensifie la violence. Le rapport 2024 du Secrétaire général de l’ONU mentionne des formes émergentes comme la violence fondée sur l’image, la pornographie deepfake et la désinformation sexiste. » Ces pratiques ont des conséquences dévastatrices sur la santé mentale, la réputation et la sécurité physique des femmes et des filles.

Une réponse nationale structurée et des actions concrètes

Face à l’ampleur du fléau, les partenaires ont dévoilé un arsenal d’actions concrètes et complémentaires. Me Mbatang a ainsi planché sur l’organisation de causeries éducatives destinées à décrypter les mécanismes et les formes souvent complexes de la violence en ligne.

De son côté, Yvonne Flore Belema, présidente de l’ONG ACAHIJEC et du Centre d’accueil AFIRI, a détaillé un plan d’action complet. Celui-ci inclut le déploiement de stands d’information, la distribution de flyers pour faire connaître le « One Stop Center » – un dispositif de prise en charge intégrée – et la création d’un « Réseau d’Entraide des Survivantes » pour offrir un soutien par les pairs. Une innovation notable de cette édition sera la diffusion d’une vidéo de sensibilisation, couplée à une formation dispensée par un expert, Armand Ngueti, pour apprendre au public à détecter les vidéos truquées par intelligence artificielle, une première au Cameroun dans le cadre de cette campagne.

La Représentante d’ONU Femmes, Joséphine Medjom, a réaffirmé le soutien indéfectible de l’agence onusienne à cette dynamique nationale, promettant un accompagnement technique et financier pour la mise en œuvre des activités. Le plaidoyer portera notamment sur le renforcement des lois et le renforcement des capacités des acteurs de terrain, en particulier les officiers de police judiciaire.

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Un cadre juridique en évolution pour une protection renforcée

La campagne de 2025 ne se limitera pas à la sensibilisation ; elle s’appuiera et visera à vulgariser un cadre juridique camerounais en pleine évolution. Le document des termes de référence rappelle l’existence de lois nationales comme celle sur la cybersécurité et la cybercriminalité de 2010, et celle plus récente sur la protection des enfants en ligne de 2023. Surtout, une avancée majeure est attendue avec l’adoption prochaine du draft de loi spécifique sur les violences faites aux femmes et aux filles, qui contiendra des dispositions explicites pour réprimer la violence numérique. Au terme de cette réunion de lancement, un consensus fort s’est dégagé : la violence numérique, fléau moderne aux conséquences profondes, ne pourra être vaincue que par une mobilisation unie et déterminée de tous les acteurs. La 19ᵉ édition des « 16 Jours d’activisme » au Cameroun s’annonce donc comme une mobilisation d’envergure, cruciale pour transformer l’espace numérique en un environnement sûr et inclusif, où la technologie n’est plus une arme de destruction, mais un vecteur d’émancipation pour toutes les femmes et toutes les filles.

Elvis Serge NSAA

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