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ASTUCE DE VIE

Rentrée scolaire : La punition à genoux, un danger pour les articulations

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Dans de nombreuses écoles, mettre un élève à genoux est une punition fréquente utilisée par les enseignants en cas de désobéissance. Répétée ou prolongée, cette pratique impose aux articulations de l’enfant des contraintes physiques grave.

« À genoux ! » Une phrase que beaucoup d’anciens élèves ont encore en mémoire. À l’école primaire comme au secondaire, nombreux sont ceux qui ont connu cette punition, parfois sous le soleil, parfois sur la caillasse ou le sol en ciment de la cour de récréation. Jackie, une ancienne élève se souvient encore : « À genoux dans la cour, sur la caillasse et sous le soleil au lycée. Je vais très bien, donc ils vont y passer aussi. Ça enlève l’idiotie dans la tête parfois. » Une pratique qui, existe encore aujourd’hui dans certains établissements. Pour Philippe Geraldin ESSOMBA ATANGANA, physiothérapeute en service à l’Hôpital Central de Yaoundé, la position à genoux, lorsqu’elle est maintenue de manière prolongée ou répétée, mérite une attention particulière en raison des différentes contraintes qu’elle peut exercer sur le corps de l’enfant.

Des genoux directement exposés à la pression

Le premier point de vigilance concerne les genoux. Lorsque l’enfant reste longtemps dans cette position, la compression s’exerce directement sur différentes

structures de l’articulation. Selon le physiothérapeute, cette pression peut notamment concerner le cartilage de la rotule, également appelée patella, ainsi que le plateau tibial. Cette compression peut être à l’origine de douleurs aiguës et de lésions cutanées comme des ecchymoses. Elle peut également provoquer une inflammation des bourses séreuses. Parmi les complications possibles figure notamment la bursite prépatellaire, qui correspond à une inflammation de la bourse située à l’avant de la rotule. La durée et la répétition de la position constituent donc des éléments à prendre en compte. Plus l’enfant reste longtemps dans une position inconfortable, plus la contrainte mécanique exercée sur les différentes structures du genou peut devenir importante. À cette pression directe s’ajoute la flexion importante de l’articulation. « L’hyperflexion prolongée du genou comprime les vaisseaux sanguins et les nerfs », explique le spécialiste. Cette compression peut notamment concerner le nerf fibulaire. L’enfant peut alors ressentir des engourdissements, des picotements ou des paresthésies, c’est-à-dire des sensations anormales comme des fourmillements.

Une posture qui peut entraîner des compensations

Lorsque la position devient douloureuse ou inconfortable, l’enfant ne reste pas nécessairement parfaitement immobile. Son corps cherche spontanément une manière de diminuer la pression ressentie. Il peut déplacer son bassin, modifier l’alignement de son dos ou prendre appui différemment pour supporter la contrainte. Ces changements de position peuvent entraîner des compensations posturales. Le physiothérapeute évoque notamment une hyperlordose, c’est-à-dire une accentuation de la courbure naturelle du bas du dos, ou encore une torsion du bassin. Ces adaptations peuvent à leur tour créer des tensions musculaires anormales le long de la colonne vertébrale.

En pleine croissance, une contrainte à ne pas banaliser

Chez l’enfant, le squelette poursuit son développement et son ossification. Les articulations ne sont donc pas encore celles d’un adulte. Les zones de croissance, en particulier, restent engagées dans le processus de développement osseux. Le physiothérapeute souligne ainsi la fragilité de ces cartilages de croissance. Une contrainte mécanique excessive et répétée sur ces zones peut, selon lui, être susceptible d’altérer le développement normal de l’articulation. À cette dimension physique s’ajoute une autre conséquence : celle liée au vécu de l’enfant. Une discipline fondée sur une contrainte physique douloureuse peut générer de la peur, de l’anxiété ou du ressentiment.

Pour l’expert, la discipline doit exclure la douleur physique au profit de trois

alternatives bienveillantes. Il cite le retour au calme dans un espace confortable pour faire baisser la tension, la réparation guidée pour corriger concrètement le geste : ranger ou s’excuser, et la mise à l’écart temporaire sur une chaise adaptée, une minute par année d’âge suivie d’un dialogue. L’objectif est de faire comprendre la règle à l’enfant sans fragiliser ses articulations ou sa posture.

Chez un enfant en pleine croissance, corriger un comportement peut se faire avec fermeté sans passer par la douleur. La discipline peut poser des limites tout en préservant le corps et l’équilibre de l’enfant.

Marie Chantale FAIDA

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