Ce 4 avril 2025, un incendie a ravagé une partie du Laboratoire national vétérinaire de Garoua (LANAVET), détruisant deux chaudières essentielles à la production de vaccins. Les conséquences économiques et sanitaires de cet incendie sont graves, et le gouvernement camerounais est appelé à prendre des mesures urgentes pour rétablir la production et assurer la continuité de l’approvisionnement en vaccins.
Le bilan est lourd. Deux chaudières essentielles à la production de vaccins ont été entièrement détruites par les flammes. Le tableau électrique, des kilomètres de câblage, et l’atelier de maintenance ont subi le même sort. Plusieurs bâtiments ont été gravement endommagés, laissant un paysage de désolation au sein du LANAVET. Heureusement, aucune perte en vie humaine n’est à déplorer, un miracle compte tenu de l’ampleur du sinistre et de la présence d’équipements sensibles et potentiellement dangereux.
Les conséquences de cet incendie sont dramatiques pour le LANAVET et pour le Cameroun tout entier. Le laboratoire était engagé dans la production de vaccins destinés à répondre aux besoins nationaux, mais aussi à honorer des commandes à l’exportation. L’arrêt total de l’activité, consécutif à la destruction des équipements vitaux, représente un coup dur pour la souveraineté sanitaire du pays.
Le Dr Abel Wade, Directeur Général du LANAVET, a exprimé son inquiétude face à cette situation critique : « Nous étions engagés dans une production intensive pour satisfaire la demande nationale et honorer nos contrats internationaux. Aujourd’hui, nous sommes à l’arrêt complet. Les conséquences sur la disponibilité des vaccins au Cameroun sont immenses, et nous devons agir rapidement pour rétablir la situation. » Les conséquences économiques sont également considérables. Plus de 100 employés se retrouvent au chômage technique, en attendant le rétablissement des activités. L’impact sur leurs familles et sur l’économie locale est un sujet d’inquiétude.
Alertées rapidement, les autorités administratives se sont rendues sur place pour constater les dégâts. Le Préfet de la Bénoué et le Sous-préfet de l’arrondissement de Garoua 3 ont exprimé leur solidarité avec le LANAVET et se sont assurés que les mesures nécessaires étaient prises pour sécuriser le site et entamer les premières investigations. Une enquête officielle a été ouverte pour déterminer les causes exactes de l’incendie. Les experts devront analyser minutieusement les lieux et les éléments recueillis pour établir les circonstances du sinistre. En attendant les conclusions de l’enquête et le rétablissement des activités du LANAVET, le gouvernement camerounais sera confronté à un défi de taille, celui de garantir la continuité de l’approvisionnement en vaccins.
Marcus DARE
Réaction
« L’usine de production de vaccins du LANAVET à l’arrêt après un incendie dévastateur »

Dr Abel WADE, Directeur Général du Laboratoire national vétérinaire de Garoua
Nous avons été surpris par cet incendie. À l’heure actuelle, nous ne connaissons pas la cause exacte, mais les dégâts sont importants. Les chaudières ont été détruites. Elles jouaient un rôle crucial en produisant de la vapeur à 120°C, essentielle pour faire fonctionner les appareils tels que les autoclaves, le fermenteur et beaucoup d’autres équipements. Mais aujourd’hui, avec cet incendie, les travaux sont totalement à l’arrêt.
Comme vous pouvez le constater, l’incendie a consumé presque tout. Nous nous sommes battus pour arrêter le feu afin de limiter les dégâts. Le tableau électrique a été complètement détruit. Il sera très difficile de remettre toutes ces choses en marche. Nous ne pouvons pas estimer tous les dégâts actuellement, car les dégâts ne se limitent pas à ces appareils. Beaucoup de fils ont été détruits, et l’atelier de maintenance de l’autre côté a été réduit en cendres.
Les chaudières, qui coûtent aujourd’hui entre 300 et 400 millions, sont des appareils essentiels pour notre production. C’est vraiment une catastrophe. Pour le LANAVET, c’est une catastrophe de grande ampleur, car actuellement, nous ne pouvons plus produire de vaccins. Il faudra dire que l’usine est en arrêt. Nous sommes une industrie pharmaceutique, et l’arrêt de l’usine a des conséquences importantes. Dieu merci, il n’y a pas eu de perte en vie humaine, car j’ai dû crier pour que les employés sortent de la fumée. Sinon, ils auraient pu être asphyxiés également.
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Il est difficile de comprendre pourquoi nous nous retrouvons dans cette situation, surtout après avoir célébré hier le prix d’excellence Baobab, avec tous les rendements et les projets d’action que nous avions. Nous avions lancé la production à grande échelle en janvier et avions des commandes importantes.
Nous devions ouvrir un dépôt du LANAVET au Togo, en Afrique de l’Ouest, pour couvrir tous les pays de la région, ainsi qu’à N’Djamena, au Tchad. Nous produisions des vaccins pour les stocker dans ces dépôts. Nous avions également des commandes importantes à l’extérieur, dans d’autres pays, que nous devions satisfaire dans les mois à venir. Et voilà, nous sommes stoppés. Alors que nous avions la fierté de faire presque le double du chiffre d’affaires par rapport à l’année dernière, nous ne recevons rien de l’État.
Tout ce que nous avons, c’est les vaccins. Aujourd’hui, nous ne pouvons plus produire les vaccins. Donc, l’usine est en arrêt. C’est tout ce que je peux vous dire pour le moment. Les enquêtes vont donner les conclusions sur les causes de l’incendie et les mesures à prendre pour rétablir la production.
Propos recueillis par Marcus DARE















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