Ces chiffres sont du docteur Nadine Fando, coordonnateur pour l’Adamaoua, du programme National de Lutte contre le paludisme. Ce chiffre justifie la présence du paludisme malgré les efforts de l’État et de ses partenaires.
« En 2024, par exemple, le paludisme représentait 35% de nos consultations. Et en termes d’incidence, nous avons enregistré près de 185 000 cas de paludisme, pour un taux d’incidence de 115 cas pour 1 000 habitants. Nous avons enregistré 289 décès liés au paludisme, ce qui nous ramène à un taux de mortalité de 18 décès pour 100 000 habitants. Donc on note quand même une légère augmentation, aussi bien de l’incidence que des décès, d’où notre mobilisation, parce qu’il faut qu’on inverse la tendance ». Cette déclaration de la coordonnatrice régionale du programme de lutte contre le paludisme démontre à quel point cette pathologie demeure une menace pour les populations de la région château d’eau.
Le 2 janvier 2024, le Cameroun a introduit le vaccin contre cette maladie. Dans l’Adamaoua, 4 districts de santé, notamment Meiganga, Djohong, Ngaoundal et Tibati avaient été retenus pour la phase pilote de ce vaccin. Malgré cette avancée dans la lutte, le paludisme reste présent et continue de faire des victimes dans les familles, surtout chez les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. À en croire docteur Franklin Kom Mogo, chef de district de santé de Meiganga, dans une déclaration en février, « Le taux de morbidité est de 56% chez les enfants de moins de cinq ans tandis que le taux de mortalité atteint 46% de cette tranche de la population », disait-il dans son discours lors du lancement de la campane de santé gratuite dans cette partie du pays initiée var les élites du département.
Selon le docteur Nadine Fando, au-delà des 4 districts, après une analyse sur 2 ans du vaccin contre le paludisme, il est possible de penser à une extension vers d’autres districts. « Il est prévu une extension. Il faut dire déjà que dans la région de l’Adamaoua, 4 districts sur 11 sont concernés par la vaccination contre le paludisme. Et ces districts ont été sélectionnés en fonction de leur taux de morbidité et de mortalité lié justement au paludisme. Mais il est question justement, après une ou deux années d’introduction de ce vaccin, de pouvoir évaluer, apprécier l’impact de ce vaccin sur la morbidité et la mortalité des enfants de moins de 5 ans et faire un plaidoyer pour qu’on puisse étendre ce vaccin dans tous les autres districts de santé ».
Pour maintenir la dynamique de la lutte, la coordonnatrice annonce la distribution d’ici la fin de l’année d’environ 800.000 moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (MILDA) dans l’Adamaoua.
Détournement du rôle de la moustiquaire
Pour le docteur Nadine Fando, les districts comme Banyo et Tignere font partie de ces districts l’incidence du paludisme reste inquiétante. Les moustiquaires distribuées sont détournées par plus d’uns de leur rôle premier. Dans les quartiers de Ngaoundéré et d’autres villes et villages de la région, la moustiquaire est plutôt utilisée comme barrières pour les jardins et les champs et même pour la pêche. « C’est déplorable de se rendre compte que le pays déploie des efforts pour acquérir les moustiquaires qui se retrouvent détournées de leur fonction », se désole Joseph Mouafo, habitant de Ngaoundéré sans préconiser des sanctions, « Je pense qu’il faut que les districts de santé mettent en place un mécanisme de sanction de ceux qui utilisent les moustiquaires à d’autres fin ».
La journée mondiale de lutte contre le paludisme célébrée cette année sous le thème : Réinvestir, Réimaginer et raviver nos efforts communs pour mettre fin au paludisme invite à raviver la lutte contre cette maladie. La marche sportive qui a eu lieu dans la ville de Ngaoundéré, tenue le 29 avril invite les uns et les autres à mutualiser leurs efforts pour mettre fin au paludisme dans la région de l’Adamaoua en particulier et le Cameroun en général.
Par Jean Besane Mangam
















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