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Adamaoua : Le sous-financement de l’éducation, un cocktail explosif pour la santé des enfants déplacés

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L’urgence humanitaire en Adamaoua ne se limite pas aux besoins primaires. Le sous-financement chronique de l’éducation, exacerbé par l’afflux massif de réfugiés et de déplacés internes, menace directement la santé physique et mentale de milliers d’enfants. Une génération entière risque de grandir fragilisée, victime d’un cercle vicieux où malnutrition, manque d’hygiène et désespoir s’entremêlent.

La région de l’Adamaoua, carrefour géographique et terre d’accueil face aux crises régionales, paie un lourd tribut au sous-investissement dans le secteur de l’éducation. L’appel poignant lancé à Ngaoundéré par la Cameroon Education for All Network (CEFAN) lors de la semaine mondiale d’action pour l’éducation met en lumière une réalité alarmante : le manque de moyens compromet non seulement l’accès à l’instruction, mais aussi la santé et le bien-être des enfants, en particulier ceux déplacés par les conflits.

Or, la santé et l’éducation sont intrinsèquement liées, surtout en situation d’urgence. Comme le soulignent les experts cités par l’article, l’alimentation joue un rôle primordial dans le développement cérébral de l’enfant. Un enfant mal nourri aura des difficultés d’apprentissage, mais sera également plus vulnérable aux maladies. La suspension de l’aide alimentaire américaine, qui soutenait des programmes nutritionnels essentiels dans les écoles, a déjà des conséquences désastreuses, exposant des milliers d’enfants à la malnutrition et à l’abandon scolaire.

Le témoignage poignant de Pierre Nenbe, coordonnateur du CEFAN dans le Nord, met en évidence un autre aspect crucial de la santé en milieu scolaire : l’hygiène. Le manque d’installations sanitaires adéquates dans les établissements scolaires de l’Adamaoua, exacerbé par la surcharge des effectifs due à l’arrivée massive d’enfants déplacés, crée un environnement propice à la propagation des maladies infectieuses. Des conditions d’apprentissage insalubres compromettent la santé physique des enfants et leur capacité à se concentrer et à apprendre.

L’école maternelle du Camp Sic à Ngaoundéré illustre parfaitement cette situation critique. Des classes surchargées, des infrastructures dépassées et un manque de ressources mettent à rude épreuve la santé et le bien-être des jeunes élèves, dont beaucoup ont déjà vécu des traumatismes liés aux conflits.

Au niveau de l’enseignement supérieur, la déperdition scolaire, comme le souligne l’étudiante Zah, a également des implications majeures sur la santé mentale et le bien-être des jeunes. Le désespoir face à l’impossibilité de poursuivre leurs études peut conduire à des situations de vulnérabilité accrue, notamment pour les jeunes filles exposées à des risques d’exploitation et de violence. Un avenir incertain et un manque de perspectives peuvent engendrer stress, anxiété et dépression, affectant durablement leur santé mentale.

L’appel de Bienvenue Sangon, coordonnateur du CEFAN dans l’Adamaoua, à une augmentation du financement domestique de l’éducation est donc un impératif de santé publique. Maintenir les enfants dans le système scolaire, c’est non seulement leur offrir un avenir, mais aussi les protéger contre la malnutrition, les maladies et le désespoir. Investir dans des infrastructures scolaires adéquates, garantir l’accès à une alimentation saine et à des conditions d’hygiène décentes, et soutenir la santé mentale des élèves déplacés sont des mesures urgentes pour prévenir une crise sanitaire et sociale de grande ampleur.

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Les plus de 77 000 enfants déplacés recensés dans la région de l’Adamaoua en 2024, dont plus de la moitié sont des filles et des enfants en âge scolaire, représentent une population particulièrement vulnérable sur le plan sanitaire. Leur retrait du système scolaire ne fera qu’aggraver leur situation et pourrait engendrer de nouvelles crises sanitaires et sociales, tant en zone rurale qu’urbaine.

Les descentes prévues par la délégation régionale de l’éducation de base auprès des autorités administratives et municipales pour plaider en faveur d’un investissement conséquent dans l’éducation en situation d’urgence doivent intégrer impérativement la dimension sanitaire. Il est crucial de sensibiliser les décideurs à l’impact direct du sous-financement de l’éducation sur la santé des enfants déplacés et de mobiliser des ressources pour des interventions multisectorielles intégrant nutrition, hygiène et soutien psychosocial au sein des établissements scolaires. L’urgence d’augmenter le financement domestique de l’éducation en Adamaoua est avant tout une urgence de santé publique pour protéger une génération en danger.

Jean BESANE MANGAM

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