La fièvre de la fête de la Tabaski monte dans la ville de Garoua. À quelques jours de la grande fête musulmane, les marchés de la ville, notamment le marché Wastang, grouillent de monde. Fidèles musulmans, éleveurs et commerçants s’activent dans une ambiance animée, rythmée par les bêlements des moutons et les négociations animées sur les prix. Si l’affluence est palpable, l’attention se concentre aussi sur un élément déterminant, celui de la santé des animaux destinés au sacrifice.
La préparation des moutons pour la fête de la Tabaski qui commence des semaines, voire des mois pour certains avant la fête. Pour les éleveurs et les commerçants, il ne s’agit pas seulement de vendre un animal, mais de présenter une bête en parfaite condition physique, gage de qualité et de satisfaction pour le client. L’alimentation joue un rôle primordial. Au marché Wastang, Wadjiri, un commerçant et éleveur, témoigne : « Ces derniers jours, on accentue l’alimentation. On leur donne plus de ce qu’ils mangent d’habitude. On ajoute des déchets de coton, des coques de haricots, même des déchets de haricots jaunes. Il faut qu’ils aient de l’éclat, qu’ils soient beaux pour attirer les acheteurs. » Mais l’alimentation seule ne suffit pas. La santé des animaux est une préoccupation importante, et les éleveurs prennent des mesures préventives pour éviter tout problème. Wadjiri explique : « On donne des vitamines, des comprimés antiparasitaires. La procaïne est très utilisée, ainsi que d’autres médicaments. Les problèmes les plus courants en ce moment, ce sont les diarrhées. » Cette attention portée à la santé animale est essentielle non seulement pour le bien-être des bêtes, mais aussi pour garantir la sécurité alimentaire des consommateurs.
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L’achat du mouton pour la fête de la Tabaski représente un investissement important pour de nombreuses familles. Au marché Wastang, les prix varient considérablement, allant de 50 000 francs CFA à 300 000 francs CFA, voire plus pour les plus belles bêtes. Cette large fourchette de prix reflète les disparités économiques au sein de la population. « Les moins nantis se contentent de moutons entre 50 000 et 70 000 francs, » précise Wadjiri. Pour beaucoup, l’achat du mouton représente un véritable effort financier, et certains ménages doivent faire des sacrifices pour pouvoir s’offrir cet animal traditionnellement symbole de la fête.
La crainte des vols explique également le comportement des acheteurs. Beaucoup attendent le dernier moment pour acquérir leur mouton, privilégiant la sécurité à une sélection plus sereine. Ce comportement de dernière minute crée une pression supplémentaire sur le marché, susceptible d’influencer les prix et de générer des tensions.
Marcus DARE















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