La ville de Garoua a vibré du 7 au 11 juillet 2025 au rythme de la 36ème journée mondiale de la population. Organisée par le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), cette édition, placée sous le thème « Permettre aux jeunes de fonder la famille de leurs rêves dans un monde de justice et d’espoir », a mis en lumière les défis et les opportunités liés à la jeunesse camerounaise, un segment démographique important pour l’avenir du pays.
Des activités diverses, allant des campagnes de sensibilisation aux manifestations officielles, ont permis de sensibiliser un large public et de collecter les informations précieuses sur les aspirations et les réalités des jeunes camerounais en matière de planification familiale.
Des données révélatrices sur les aspirations des jeunes
Avant même le lancement officiel de la journée, une enquête menée par le Bureau Central de Recensement et des Études de Population (BUCREP) en 2025 a révélé des données sur les intentions des jeunes concernant la parentalité. L’étude souligne que 67,1% des jeunes envisagent d’avoir des enfants si leurs conditions socio-économiques le permettent, notamment en termes de revenus, d’emploi stable et de présence d’un partenaire. Ce chiffre met en évidence le lien étroit entre le bien-être économique et la décision de fonder une famille. Cependant, la réalité est plus nuancée : 30,2% des jeunes interrogés déclarent vouloir avoir des enfants même en l’absence de ressources suffisantes, soulignant la complexité des choix face à la pression sociale et aux normes culturelles. L’enquête a également mis en évidence les disparités entre les sexes. Parmi les femmes sans revenus, 57,3% déclarent ne pas souhaiter avoir d’enfants avec un partenaire sans emploi, tandis que seulement 29,1% se disent prêtes à fonder une famille dans ces conditions difficiles. Ces statistiques exposent les vulnérabilités spécifiques des femmes et l’importance d’un soutien socio-économique pour leur autonomisation et leur droit à choisir librement leur parcours familial.
Une semaine d’actions pour l’autonomisation des jeunes
Dans la perspective de la journée mondiale de la population, l’UNFPA a déployé une série d’activités ciblant principalement la jeunesse. Du sport à la culture, en passant par l’éducation, une approche holistique a été adoptée pour sensibiliser les jeunes aux questions de santé reproductive, de planification familiale et de prévention des violences basées sur le genre.
Des campagnes de sensibilisation et de mobilisation communautaires ont été menées à travers des caravanes mobiles et des stands d’information installés dans la ville de Garoua. Près de 9 000 jeunes ont bénéficié d’une éducation à la sexualité, pour prévenir les maladies sexuellement transmissibles (MST), les grossesses précoces et non intentionnelles. Un élément clé de cette initiative a été le déploiement de cliniques mobiles dirigées par le Dr Gorse, expert en santé reproductive. Ces cliniques itinérantes ont offert des consultations médicales, avec la possibilité d’être orientés vers des structures sanitaires plus importantes si nécessaire. Les services proposés englobaient des tests de dépistage du VIH et d’autres maladies infectieuses, des conseils sur les méthodes de contraception modernes, la gestion des cas de violences basées sur le genre, la distribution de préservatifs masculins et l’identification des cas de fistules obstétricales. Au total, plus de 2 600 personnes ont bénéficié de ces services de santé essentiels, démontrant l’impact positif de ces initiatives de proximité.

Une cérémonie officielle marquante
Le vendredi, 11 juillet 2025, la place des fêtes de Garoua a accueilli l’apothéose de la célébration. Présidée par Joseph Densou, Secrétaire Général des services régionaux représentant le Gouverneur de la région du Nord et au nom également d’Ousmane Alamine Mey, Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, la cérémonie a rassemblé une foule assez nombreuse. Le Ministre Gabriel Mbairobé, du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (MINADER), figurait également parmi les personnalités présentes. Environs 6 000 personnes ont assisté à l’événement, réparties entre la tribune officielle et le « village de la journée mondiale de la population » installé sur l’esplanade du stade omnisports de Garoua. Dans son allocution, le Secrétaire Général des services régionaux a souligné l’importance accordée par le gouvernement à la jeunesse camerounaise, qui représente les trois quarts de la population nationale selon les statistiques du BUCREP. Il a mis en avant la politique de la jeunesse qui permet de créer un environnement favorable à l’épanouissement d’au moins 70% des jeunes, avec pour cible notamment les adolescentes âgées de 10 à 24 ans et leurs communautés.
Aymar Narodar Some, représentant résident adjoint par intérim et coordonnateur du programme humanitaire de l’UNFPA Cameroun, à ce titre, il représentait le Dr Justin Koffi, Représentant résident de l’UNFPA au Cameroun. Il a relayé les messages du Secrétaire Général des Nations Unies, Antonio Guterres, et du Dr Justin Koffi, représentant de l’UNFPA au Cameroun. Ces messages ont insisté sur la nécessité pour les États d’œuvrer sans relâche pour l’épanouissement de leur population, en particulier des jeunes, en leur offrant les moyens de choisir librement et en toute connaissance de cause leur projet de vie familiale. Le défilé de nombreuses associations a enrichi la cérémonie, un exemple de la mobilisation citoyenne autour de cette cause. Les autorités ont ensuite visité le village des stands, où des associations de producteurs agro-pastoraux, soutenues par le MINEPAT, ont présenté leurs produits, illustrant le lien entre développement économique et autonomisation des populations.
Un plaidoyer pour l’épanouissement des jeunes
La journée mondiale de la population, édition 2025 a réaffirmé le plaidoyer de l’UNFPA, partagé par sa Directrice Exécutive, Dr Natalia Kanem, en faveur de la création d’environnements propices à l’épanouissement des jeunes. Les défis et les opportunités liés à la croissance démographique, à l’urbanisation, à la santé reproductive et aux droits humains ont marqué les consciences à Garoua. L’accent mis sur l’autonomisation des jeunes, leur accès à l’éducation, à la santé et à des opportunités économiques, est essentiel pour l’avenir. Cette célébration à Garoua a été un moment fort pour réaffirmer cet engagement collectif et renouveler les efforts pour permettre à chaque jeune camerounais de réaliser ses aspirations et de fonder la famille de ses rêves.
Marcus DARE
Réaction
« Que le gouvernement joue son rôle dans ce sens et permet aux jeunes, surtout qui représentent deux tiers de la population, de pouvoir s’épanouir »

L’édition de cette année porte sur la jeunesse, sur la fertilité des jeunes, la difficulté que les jeunes puissent fonder des familles et faire les enfants qu’ils souhaitent. C’est un thème qui est très important. C’est pourquoi nous sommes venus soutenir le Ministère de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire pour que cette cérémonie soit très belle. Nous voulons saluer l’organisation, surtout la présence du ministre de l’agriculture et du développement durable, qui a permis de rehausser le niveau de l’audience. Et nous voulons aussi remercier les services du gouverneur qui ont permis l’organisation et la réussite de cette cérémonie. Nous partons d’ici très satisfaits et nous allons nous mobiliser davantage pour que le thème qui a été développé cette année puisse permettre aux jeunes de pouvoir satisfaire leur plein potentiel et de pouvoir fonder leurs familles comme nous le souhaitons et avoir le nombre d’enfants qu’ils souhaitent. L’explosion démographique sous-entend également une pression sociale qui nous amène à apporter une réponse adéquate à cette pression sociale. Je pense que le gouvernement joue son rôle dans ce sens et permet aux jeunes, surtout qui représentent deux tiers de la population, de pouvoir s’épanouir, de pouvoir trouver du travail et de pouvoir contribuer au développement de ce pays. Quant à nous, nous apportons notre appui technique et nous permettons à ce que les politiques de jeunesse puissent être favorables à cette jeunesse qui est vraiment le fer de lance du développement.
Propos recueillis par Marcus DARE
Afrik environnement N°068 du lundi 12 mai 2025 














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