Derrière une apparente banalité, l’eau insalubre peut se révéler un vecteur de maladies dévastatrices. C’est le cas de la dysenterie amibienne, une infection qui fait des milliers de victimes chaque année, souvent dans l’indifférence. Cette maladie infectieuse, qui s’attaque à l’intestin, est un véritable fléau pour les populations vivant dans des zones où l’hygiène et l’accès à l’eau potable sont précaires.
Marcel, agriculteur dans la banlieue de Yaoundé, a contracté la dysenterie amibienne il y a quelques mois. « Tout a commencé par des douleurs abdominales intenses », se souvient-il, le visage encore marqué par la fatigue. « Ensuite, il y a eu la diarrhée, mais ce n’était pas une diarrhée ordinaire. Il y avait du sang et des glaires. J’avais l’impression de me vider de mon sang, et la fièvre ne me quittait plus. C’était un véritable calvaire. » Marcel a également souffert d’une perte d’appétit et d’une fatigue extrême, des symptômes qui l’ont contraint à cesser toute activité.
Son témoignage poignant met en lumière la gravité de cette maladie, causée par un parasite microscopique appelé Entamoeba histolytica. Ce parasite, présent dans les selles des personnes infectées, se propage par la consommation d’eau ou d’aliments contaminés. Ainsi, la dysenterie amibienne est une menace constante dans les environnements chauds et humides, caractérisés par un faible niveau d’hygiène.
Franck Ngakeutcha, biologiste clinicien, confirme l’origine de l’infection. « La dysenterie amibienne est une infestation intestinale qui se transmet principalement par ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par des kystes du parasite, souvent en raison de mauvaises conditions d’hygiène », explique-t-il. Il ajoute que sans traitement, la maladie peut causer de graves complications, comme des abcès du foie ou une déshydratation sévère, car le parasite détruit progressivement la muqueuse du côlon. Cette destruction empêche l’intestin d’absorber l’eau, laquelle est alors évacuée dans les selles, d’où la diarrhée sanglante.
Heureusement, la dysenterie amibienne est curable. Le traitement, qui repose sur la prise d’antibiotiques spécifiques comme le métronidazole, a permis à Marcel de retrouver une santé fragile. Cependant, sa guérison n’est pas une fin en soi. Il a depuis changé ses habitudes et sa perception de l’hygiène.
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La prévention, une priorité de santé publique
Le cas de Marcel souligne l’urgence de mesures de prévention. « La prévention de la dysenterie amibienne passe par l’amélioration de l’hygiène », insiste Franck Ngakeutcha. Par conséquent, il est primordial de sensibiliser les populations au lavage des mains, à la consommation d’eau potable, à la bonne cuisson des aliments, ainsi qu’à l’assainissement des environnements. En outre, la communauté scientifique et les autorités de santé publique doivent redoubler d’efforts pour garantir un accès à l’eau potable et des infrastructures d’assainissement adéquates. Il s’agit d’un véritable défi de santé publique, mais c’est le seul moyen de protéger des milliers de personnes de cette maladie insidieuse.
Charone DONGMO














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