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Handicap au Cameroun : la CDHC dénonce une « exclusion silencieuse »

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Privées d’accès, oubliées des politiques publiques, victimes de discriminations… Les personnes handicapées vivent dans l’ombre d’un système qui peine à les inclure. Dans une déclaration, la Commission des Droits de l’Homme au Cameroun (CDHC) tire la sonnette d’alarme et appelle à une mobilisation nationale face à une crise humaine ignorée.

À l’occasion de la Journée internationale des personnes en situation de handicap (JIPH), célébrée le mercredi 3 décembre 2025 sous le thème « Innovation pour l’inclusion : construire ensemble des communautés inclusives », la Commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC) a publié une déclaration solennelle. Si la Commission salue les avancées notables, elle exprime de vives préoccupations quant aux nombreux défis qui persistent et entravent la pleine participation des 3,7 millions de Camerounais vivant avec un handicap.

Contexte : un engagement ancien pour les droits

La CDPH, créée en 2019, ancre sa déclaration dans l’histoire de l’engagement de l’ONU, rappelant l’Année internationale des personnes handicapées (1981) et la Décennie (1983-1992) qui a mené à la proclamation du 3 décembre comme JIPH en 1992 (résolution 47/3). Cette journée, dont la première célébration a eu lieu le 3 décembre 1992, vise à promouvoir les droits et le bien-être des personnes handicapées dans toutes les sphères de la société et du développement, et à mobiliser le soutien en faveur de leur inclusion. La CDHC souligne que la célébration rappelle chaque année la responsabilité collective de lever les obstacles, de garantir la participation en assurant l’égalité pour tous. La notion de « communauté inclusive », chère à l’Agenda 2030 (notamment l’ODD 10 sur la réduction des inégalités et l’ODD 11 sur les villes et communautés durables), y est définie comme un environnement où toutes les personnes, sans discrimination fondée sur un handicap, ont un accès égal et effectif à la participation sociale, économique, culturelle, éducative et citoyenne grâce à l’élimination des barrières et à l’engagement raisonnable des environnements.

Des avancées saluées, signe d’espoir

La Commission a tenu à féliciter les efforts des pouvoirs publics et de leurs partenaires qui concrétisent le thème de l’innovation pour l’inclusion. Parmi les initiatives phares de 2025, la CDHC met en lumière l’innovation électorale matérialisée par le lancement par Elections Cameroon (ELECAM), le 17 septembre 2025 à Yaoundé, d’une pochette tactile pour les électeurs déficients visuels, ainsi que l’introduction de bulletins de vote en braille. Cet outil inédit a permis à des milliers de citoyens malvoyants ou aveugles d’exercer leur droit de vote en toute autonomie, assurant ainsi le secret du vote et le respect de leur dignité. La Commission salue également les initiatives de formation et de sensibilisation, comme l’atelier organisé les 4 et 5 septembre 2025 à Mbalmayo par le ministère de la Communication, avec l’appui de l’ONG Sightsavers, qui a formé des journalistes et des blogueurs à une couverture inclusive du processus électoral, visant à améliorer l’accessibilité à l’information pour les personnes handicapées. Enfin, la CDHC note positivement l’action humanitaire inclusive mise en œuvre en juin 2025 dans la région du Nord-Ouest. Il s’agit du programme Disability Inclusive Humanitarian Action mené par la Cameroon Baptist Church Health Services en collaboration avec l’association CUAPWD, qui vise à renforcer l’accès à la santé, la réadaptation à base communautaire et la protection, particulièrement pour les personnes déplacées internes, incluant la formation d’interprètes en langue des signes.

Les préoccupations majeures de la CDHC

Malgré ces signaux positifs, la CDHC rappelle le poids démographique des personnes handicapées au Cameroun, s’appuyant sur les données de 2022 du Bureau central de recensements et des études de population : sur une population nationale chiffrée à 24 910 305 habitants, on compte 3 736 548 personnes en situation de handicap (soit 15 %), dont 373 656 enfants et 1 868 548 femmes. La Commission exprime sa profonde préoccupation face à plusieurs facteurs qui constituent de réels freins à l’inclusion et à l’égalité des droits pour cette population. Ces obstacles comprennent : la persistance des barrières physiques dans l’environnement, l’accès insuffisant à l’information, la persistance des discriminations dans l’accès à l’éducation, l’insuffisance des programmes de protection, l’accès difficile aux moyens de communication adaptés, et l’insuffisance en personnel enseignant spécialisé. Un point de préoccupation majeur exprimé par la Commission concerne les risques de détournement, de mauvaise allocation ou de non-traçabilité des ressources publiques et des financements destinés aux programmes d’accessibilité et d’inclusion des personnes en situation de handicap, soulignant un besoin urgent de transparence et de bonne gouvernance dans ce secteur.

Appel et réitération des recommandations

En conclusion, la CDHC réitère ses recommandations formulées à l’occasion de l’édition 2024 de la JIPH. Elle insiste notamment sur la nécessité d’accentuer la sensibilisation des populations en général, et des femmes et des jeunes filles en particulier, sur l’effet néfaste de l’interruption volontaire des grossesses (IVG), des infections sexuellement transmissibles (IST), de la consommation d’alcool, de drogues et autres substances, des violences à l’égard des femmes enceintes, et de l’absence de vaccination comme causes potentielles de certains types de handicaps chez le nouveau-né. Enfin, la Commission des droits de l’homme du Cameroun lance un appel vibrant aux personnes marginalisées à « ne pas rester silencieuses face aux dérives de la société », rappelant que la construction de communautés inclusives est une responsabilité collective qui nécessite l’élimination de toutes les barrières et la garantie de la participation en assurant l’égalité pour tous.

Junior NTEPPE KASSI

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