Une réunion organisée dans le cadre du projet RADIUS a rassemblé chercheurs, éleveurs et autorités locales à Bawan (Tcholliré) pour promouvoir les cultures fourragères améliorées. Objectif : sécuriser l’alimentation du bétail, réduire la pression sur les pâturages naturels et atténuer les conflits récurrents entre agriculteurs et éleveurs. L’IRAD a distribué des semences résilientes, marquant une étape clé dans cette initiative pilote.
Une réunion de concertation réunissant les acteurs impliqués dans la mise en œuvre d’un projet de développement des cultures fourragères s’est tenue jeudi dernier à Bawan, localité située à environ 150 kilomètres de Garoua, dans l’arrondissement de Tcholliré. Cette initiative, menée dans le cadre du projet Réseau régional de recherche multi-acteurs sur l’agroécologie en Afrique de l’Ouest et du Centre (RADIUS), vise à améliorer la productivité de l’élevage et à atténuer les conflits agropastoraux récurrents dans cette partie de la région. Le projet RADIUS, dont l’une des missions principales est la promotion des cultures fourragères améliorées, a choisi Bawan pour implémenter une démonstration concrète sur une parcelle de terrain. Cette démonstration a pour objectif de répondre à un besoin déterminant de la localité, celui de pallier au manque de ressources alimentaires pour le bétail et de réduire la pression sur les pâturages naturels, sources de conflits récurrents entre éleveurs et populations agricoles. La réunion du 14 août avait donc pour but principal de réunir l’ensemble des acteurs – chercheurs, éleveurs, associations locales, représentants des autorités – afin d’harmoniser les actions et de garantir le succès de cette initiative.
Lors des échanges, les éleveurs, représentés par des coopératives et d’autres associations, ont mis en lumière les difficultés qu’ils rencontrent en matière de pâturage. La proximité de Bawan avec le parc national de la Bénoué, une aire protégée, constitue un obstacle important. L’accès limité aux pâturages du parc engendre des tensions avec les agents forestiers chargés de la conservation de l’environnement. Cette situation de manque d’espace pastoral exacerbe les conflits avec les agriculteurs, les troupeaux se retrouvant à envahir les champs cultivés à la recherche de nourriture. D’autres difficultés ont également été soulevées : celles des feux de brousse, fréquents dans la région, contribuent à la dégradation des pâturages, tout comme le déboisement anarchique.
Ces constats partagés par les éleveurs ont servi de base à l’élaboration d’une feuille de route concrète, définie en collaboration avec l’Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD). L’IRAD, partenaire clé du projet RADIUS, a joué un rôle déterminant lors de cette réunion en assignant des tâches spécifiques aux différents acteurs, afin de maximiser l’efficacité des actions et d’assurer la réussite du projet.
Au cours de la réunion, l’IRAD a procédé à la distribution de semences améliorées aux éleveurs. Ces semences, composées notamment de niébé fourrager, de sorgho et de braccacia, constituent un élément de la stratégie de développement des cultures fourragères. L’introduction de ces variétés améliorées permettra non seulement de renforcer l’alimentation des animaux d’élevage, mais aussi de réduire considérablement la pression sur les ressources naturelles et, par conséquent, d’atténuer les conflits agro-pastoraux.
La réussite du projet repose sur une collaboration étroite entre tous les acteurs impliqués. La réunion de Bawan a permis de poser les jalons d’une collaboration renforcée, et d’identifier les défis en définissant les actions concrètes à entreprendre. L’IRAD, en fournissant des semences améliorées et en coordonnant les efforts, joue un rôle central dans cette initiative. Le succès de ce projet pilote à Bawan pourrait servir de modèle pour la mise en place de stratégies similaires dans d’autres régions confrontées aux mêmes défis en matière de gestion des pâturages et de réduction des conflits entre agriculteurs et éleveurs.
Marcus DARE
Réaction
« Les communautés nous ont permis d’identifier des acteurs potentiels avec lesquels nous pourrons participer dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet. »

La technologie que nous apportons sont surtout des semences améliorées. Ces semences améliorées sont diverses, surtout dans le domaine de la production de fourrage. Et nous les mettons sur ces sites suivant des pratiques et des techniques agroécologiques. Pour atteindre cette transition agroécologique, nous pensons qu’il faut que les producteurs ou encore les acteurs autour de cette technologie que nous voulons diffuser puissent s’en approprier. Parce que l’appropriation des approches de mise en place et de développement de cette technologie innovante est vraiment le gage de la durabilité et le gage de cette transition que nous espérons dans la région du Nord.
Nous avons les chercheurs de l’IRAD, nous avons également les partenaires locaux, notamment la Sodocoton qui est représentée, et également l’association des éleveurs. Donc c’est dans cette logique de partenariat et dans cette logique d’approche collective que nous pensons que chacun se sentira concerné et l’activité pourra facilement réussir.
Et toujours dans la collaboration, durant nos échanges et consultations, nous avons défini des rôles, des rôles de chaque acteur. Également, les communautés nous ont permis d’identifier des acteurs potentiels avec lesquels nous pourrons participer dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet.
Et c’est chaque acteur qui se sent concerné et qui s’engage à mener une activité précise que nous n’imposons pas. Il sera question de voir avec les différents acteurs, les différents partenaires, quels sont les blocages possibles ou les freins qui pourront empêcher cette activité de pouvoir atteindre une mise à l’échelle très importante. Nous venons juste améliorer leurs compétences parce qu’ils disposent déjà d’une connaissance. C’est la raison pour laquelle, durant les consultations, ils ont participé en émettant leurs avis, en émettant leurs idées par rapport à l’activité à mener. Donc nous sommes là juste pour améliorer leurs compétences et prendre en compte leurs remarques pour que vraiment l’activité puisse mieux réussir.
Propos recueillis par Marcus DARE













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