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« La thyroïde, un chef d’orchestre souvent méconnu : l’éclairage d’une naturopathe »

Dr Joséphine Briand, naturopathe
Email : 253

Souvent confondue avec la typhoïde, la thyroïde est une petite glande en forme de papillon qui joue pourtant un rôle colossal dans notre organisme. Du métabolisme à l’humeur, en passant par le poids et la croissance, elle régule de multiples fonctions vitales. La naturopathe Joséphine Briand nous explique comment cette “télécommande du corps” fonctionne, ce qui la dérègle et les solutions, à la fois médicales et naturelles, pour préserver son équilibre.

C’est quoi, au juste, la thyroïde, qu’on a parfois tendance à confondre avec la typhoïde ?

Il s’agit effectivement d’une confusion fréquente. La thyroïde est une glande. Elle fait partie du système endocrinien, qui est le système des glandes productrices d’hormones dans notre corps. On pourrait les considérer comme les chefs d’orchestre du corps. Sans elles, nous ne pourrions pas fonctionner correctement. Elle est située à la base du cou, devant la trachée, et a cette forme caractéristique de papillon. Elle produit deux hormones principales, la T4 (thyroxine) et la T3 (triiodothyronine), qui sont essentielles à notre métabolisme.

Quel est son rôle précis ?

Son rôle est capital : elle régule le métabolisme originel de toutes nos cellules. Concrètement, elle influence les battements cardiaques, la température corporelle (thermorégulation), la digestion, l’humeur, la reproduction et la gestion du poids. Elle est vraiment essentielle. J’aime utiliser une métaphore : si le corps est une télévision, la thyroïde en est la télécommande. Si la télécommande est en panne, la télévision peut être intacte, mais elle ne s’allumera pas.

Alors, qu’est-ce qui pose problème ?

On distingue principalement deux types de dysfonctionnements. L’hypothyroïdie, qui est une production insuffisante d’hormones thyroïdiennes. Et à l’inverse, l’hyperthyroïdie, qui est une surproduction. Ces déséquilibres entraînent une multitude de symptômes.

Un manque de production de ces hormones, qu’est-ce que ça peut créer dans l’organisme ?

Les symptômes de l’hypothyroïdie sont souvent insidieux : une grande fatigue, une prise de poids inexpliquée, une frilosité, une constipation, une peau sèche, une perte de cheveux, une dépression ou un ralentissement général. À l’opposé, l’hyperthyroïdie peut se manifester par une perte de poids malgré un appétit accru, des palpitations cardiaques, une nervosité, une irritabilité, des sueurs, des diarrhées et des troubles du sommeil. Dans les deux cas, on peut observer des irrégularités menstruelles et des problèmes de fertilité. Si ces déséquilibres ne sont pas pris en charge, des complications plus graves peuvent survenir, comme la formation de nodules, de goitres (une augmentation visible du volume de la glande) et, dans de rares cas, un cancer.

Je voulais savoir quels sont les effets bénéfiques des hormones thyroïdiennes, par exemple chez un bébé, un adolescent ou un adulte pour sa croissance ?

C’est fondamental, surtout chez l’enfant et l’adolescent. Les hormones thyroïdiennes sont cruciales pour le développement cérébral du fœtus et du nourrisson, et elles stimulent la croissance des os et la maturation des organes. Une carence chez l’enfant peut entraîner un retard mental et un nanisme. Chez l’adulte, elles maintiennent l’équilibre métabolique et énergétique. Un dérèglement peut donc perturber la croissance physique mais aussi le développement psychomoteur et l’équilibre général de l’organisme.

Que faut-il faire face à ce manque de sécrétion ?

D’un point de vue médical conventionnel, l’hypothyroïdie est très souvent traitée par une substitution hormonale à vie (comme la levothyroxine) pour compenser le déficit. Les carences nutritionnelles, notamment en iode, sont une cause classique d’hypothyroïdie dans le monde. On recommande donc de consommer des aliments riches en iode. D’un point de vue naturopathie, nous cherchons à soutenir la glande et à combler les carences. Au-delà de l’iode (que l’on trouve dans les algues comme le fucus), d’autres nutriments sont essentiels : le sélénium, le zinc, le fer et certaines vitamines du groupe B. L’objectif est une approche globale pour rétablir l’équilibre.

Comment se présente la thyroïde ? Il y a une partie dans la gorge, j’imagine ?

Exactement. Elle est située à la base du cou, en avant de la trachée. Ses hormones sont sécrétées directement dans le sang qui les distribue à toutes les cellules du corps pour activer le métabolisme.

Quand vous avez parlé de goitre tout à l’heure, pourquoi est-ce que ça “coince” au niveau du cou ?

Le goitre est une augmentation de volume de la thyroïde. Que ce soit dans le cas d’une hypo- ou d’une hyperthyroïdie, la glande peut enfler pour compenser le déséquilibre. Cette hypertrophie peut, si elle est importante, comprimer les structures avoisinantes et entraîner une gêne à la déglutition, une sensation d’étouffement, une toux ou une voix rauque. C’est un signe visible qu’il y a un problème.

Quand ça prend du volume, quelle est la solution ?

La médecine conventionnelle va d’abord en identifier la cause par des analyses (dosage hormonal, échographie, scintigraphie). Le traitement dépendra du diagnostic : médicaments pour freiner ou supplémenter l’activité thyroïdienne, traitement à l’iode radioactif pour les hyperthyroïdies, ou parfois chirurgie (thyroïdectomie) partielle ou totale si les nodules sont suspects, cancéreux ou si le goitre est trop compressif. On peut vivre sans thyroïde, mais il faut alors prendre un traitement hormonal substitutif à vie.

Qui est naturopathe, quel est votre mode de traitement pour soutenir la thyroïde ?

La naturopathie propose un accompagnement en complément des traitements médicaux, jamais en substitution. Nous utilisons beaucoup la phytothérapie. Certaines plantes sont dites “adaptogènes” et peuvent aider à réguler la fonction thyroïdienne, comme l’ashwagandha (ginseng indien). Pour l’hypothyroïdie, on peut penser à des plantes reminéralisantes et nutritives comme l’avoine. Pour l’hyperthyroïdie, des plantes calmantes comme le lycope (Lycopus virginicus) peuvent être intéressantes. L’important est une approche individualisée et supervisée par un professionnel, car l’automédication peut être dangereuse.

Est-ce que les problèmes de thyroïde sont héréditaires ?

Il existe une prédisposition génétique pour certaines maladies auto-immunes de la thyroïde, comme la thyroïdite de Hashimoto (qui cause une hypothyroïdie) ou la maladie de Basedow (qui cause une hyperthyroïdie). Cependant, une prédisposition n’est pas une fatalité. L’expression de ces gènes est souvent influencée par des facteurs environnementaux : le stress, l’alimentation, les carences nutritionnelles, les toxines… C’est l’interaction entre le terrain et l’environnement qui déclenche souvent la maladie.

 Docteur, voyons comment faire pour prévenir les problèmes de thyroïde. Que consommer ?

La prévention passe avant tout par une alimentation équilibrée et riche en nutriments essentiels. Iode : indispensable, mais à consommer avec modération. On en trouve dans les poissons, les fruits de mer (à consommer occasionnellement), le sel iodé (sans excès) et les algues (à consommer avec prudence en raison de leur teneur très variable et parfois excessive). Sélénium : très important pour la conversion de la T4 en T3. Présent dans les noix du Brésil (une à deux par jour suffisent), les poissons, les œufs. Zinc et fer : essentiels au bon fonctionnement de la glande. On les trouve dans les viandes rouges, les légumineuses, les oléagineux. Privilégiez une alimentation variée, riche en fruits et légumes pour leurs antioxydants, et évitez les aliments ultra-transformés.

Docteur Joséphine Briand, les problèmes de thyroïde ne sont donc pas une fatalité. Je rappelle que vous êtes naturopathe, formée aux États-Unis. On vous trouve où ?

Je consulte en Côte d’Ivoire. Je tiens à souligner que notre rôle en naturopathie est complémentaire. Nous accompagnons les patients pour optimiser leur hygiène de vie et soutenir leur organisme, en partenariat avec la médecine conventionnelle, sans jamais nous y substituer.

 Propos retranscrits par Elvis Serge NSAA

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