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Préparation de réponses aux pandémies : un nouveau cadre pour l’engagement communautaire voit le jour

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 Un rapport stratégique validé le 1ᵉʳ octobre 2025 à Yaoundé souligne les lacunes de l’inclusion communautaire et vise à renforcer la résilience des systèmes de santé, fruit de la collaboration entre le ministère de la Santé publique et le projet COPER-CE (ONG FIS/Fonds mondial). 

Alors que les ressources sanitaires se raréfient et que les financements internationaux deviennent incertains, le Cameroun se tourne résolument vers ses communautés pour repenser son approche des soins de santé primaires. La validation du rapport sur l’engagement communautaire dans la gouvernance sanitaire, organisée ce jour par l’ONG FIS Cameroun, marque un tournant décisif dans la reconnaissance du rôle crucial des populations dans la construction d’un système de santé résilient. Le projet COPPER-CE, financé par le Fonds mondial, arrive à point nommé dans un contexte où les lacunes du système sanitaire camerounais apparaissent au grand jour. « Le projet COPPER-CE vise à promouvoir l’implication active des communautés dans les mécanismes nationaux de préparation et de réponse aux pandémies », explique Bernadette Ngo Bikotok, cheffe du projet. Cette initiative souligne une prise de conscience salutaire : sans l’appropriation par les communautés, aucun système de santé ne peut prétendre à la pérennité.

La réalité est sans appel : avec des ressources limitées et une dépendance excessive aux financements externes, le modèle actuel montre ses limites. WATO Joseph, président national du COFIS-CSU, alerte : « Le financement des besoins de santé ne devrait pas reposer entièrement sur les partenaires extérieurs. Nous devons être capables au niveau national de mobiliser nos propres ressources pour financer des besoins primaires comme la santé. »

L’engagement communautaire : une solution économiquement viable

Dans un pays où les ménages consacrent encore une part importante de leur budget aux dépenses de santé directes, l’approche communautaire se présente comme une alternative économiquement rationnelle. M. NGBWA AVEZO’O Phylippe Narcisse, coordonnateur national du RÉSIPAT, défend une transition urgente : « Au Cameroun, nous devons mieux nous organiser pour que le financement de la santé ne repose plus sur le paiement direct au moment où l’on est malade. Il nous faut promouvoir le prépaiement des services de santé. »

Cette vision s’appuie sur un constat simple : la mutualisation des risques santé à travers des mécanismes communautaires permet non seulement de réduire les coûts individuels, mais aussi d’optimiser l’utilisation des ressources disponibles. L’interniste camerounais, par sa polyvalence, incarne déjà cette logique d’efficience en offrant une prise en charge globale pour un coût maîtrisé.

L’inclusion : condition sine qua non de l’efficacité sanitaire

La réussite de cette approche communautaire passe nécessairement par une inclusion réelle des populations vulnérables. Annie Pascaline SANDJOK, experte nationale au ministère des Affaires sociales, rappelle l’impératif d’équité : « L’engagement communautaire est un pilier essentiel dans le processus d’accompagnement des populations. Par populations vulnérables, nous entendons les enfants, les personnes handicapées, les personnes âgées, les femmes et les populations autochtones. » L’enjeu dépasse la simple justice sociale : l’exclusion de ces groupes compromet l’efficacité même des interventions sanitaires, comme l’ont dramatiquement illustré les récentes pandémies. Les communautés, par leur connaissance fine des territoires et des dynamiques sociales, apparaissent comme les mieux placées pour identifier et atteindre ces publics marginalisés.

La cartographie des structures de gouvernance des soins de santé primaires réalisée dans le cadre du projet COPPER-CE révèle un paysage fragmenté où les espaces de décision inclusifs font encore défaut. Bernadette Ngo Bikotok insiste sur la nécessité d’« une implication effective des communautés et de la société civile dans les mécanismes nationaux de décision en matière de santé ». Cette gouvernance partagée représente bien plus qu’un simple vœu pieux : elle constitue un levier puissant pour améliorer la redevabilité des systèmes de santé et l’adéquation des services aux besoins réels des populations. Les chefs traditionnels et religieux, présents lors de la concertation, incarnent cette interface indispensable entre institutions sanitaires et communautés.

La résilience face aux crises sanitaires

La préparation et la réponse aux pandémies (PRP) constituent un champ où l’apport des communautés s’avère déterminant. L’expérience récente de la COVID-19 a démontré que les systèmes de santé les plus résilients étaient ceux qui s’appuyaient sur un réseau dense d’acteurs communautaires capables de relayer l’information, de détecter précocement les alertes et de mettre en œuvre des mesures de protection adaptées au contexte local. La formulation des priorités en matière de systèmes de santé résilients et durables (SSRD) pour le prochain cycle de financement du Fonds mondial (GC8) représente donc une opportunité historique d’ancrer durablement cette approche communautaire dans l’architecture sanitaire camerounaise.

Vers un nouveau paradigme sanitaire

La validation de ce rapport sur l’engagement communautaire ne marque pas une fin, mais le début d’une transformation profonde des mentalités et des pratiques. Elle consacre l’émergence d’un nouveau paradigme où la santé n’est plus considérée comme une simple prestation technique délivrée par des experts, mais comme un bien commun co-construit avec les populations. Alors que le Cameroun s’engage dans la mise en œuvre de la Couverture santé universelle (CSU), l’intégration de ce principe d’engagement communautaire apparaît comme la condition indispensable pour atteindre l’objectif ambitieux de la santé pour tous. La route sera longue, mais les premiers pas, symbolisés par des concertations comme celle organisée aujourd’hui, tracent la voie d’un système de santé plus juste, plus efficace et véritablement ancré dans les réalités camerounaises.

Elvis Serge NSAA

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