Une centaine de journalistes sont dans la capitale économique Ivoirienne. Ils y sont réunis pour la deuxième édition de la conférence mondiale des journalistes scientifiques francophones. Ils échangent sur les mécanismes de collaboration entre les différents acteurs œuvrant sur la santé humaine, animale et environnementale.
« Une seule santé ». C’est le thème de la deuxième édition de la conférence mondiale des journalistes scientifiques francophones (CMJSF) qui se tient à Abidjan en Côte d’Ivoire, du 9 au 14 juin 2025. Cette rencontre qui réunit les chercheurs, professeurs, experts et journalistes est l’occasion d’échanger sur les enjeux de la santé humaine, animale et environnementale et sur le traitement de l’information scientifique par les journalistes.
L’importance aux informations scientifiques
« Cette conférence est l’aboutissement d’un long processus que nous menons pour imposer le journalisme scientifique », a déclaré Mamadou Traoré, journaliste scientifique et président de Media pour la science et le développement (MSD). Dans sa déclaration, ce dernier appelle à donner de plus en plus de l’importance aux informations scientifiques et invite par ailleurs les chercheurs et les autres acteurs impliqués dans ce domaine à collaborer davantage avec les professionnels de média pour assurer la bonne information.
Des propos soutenus par le Dr Annick Victoire Koulibally, maître de conférences en agroforesterie et développement durable. Lors de son intervention sur le panel « journalistes, communicants et chercheurs : quelles pistes de collaboration ? », elle a soutenu l’importance de la collaboration entre les journalistes et les scientifiques.
« J’ai l’habitude de répondre aux demandes des journalistes pour me prononcer sur des sujets en rapport avec mon domaine de définition. Je trouve ça bien parce que ça permet d’informer le public et de leur permettre de faire des choix éclairés. Au moment où on parle de One Health, il est important de suffisamment communiquer dessus afin que le grand public comprenne que la prise en charge responsable de notre santé, et de l’écosystème sont importants », argumente-t-elle.
Communiquer davantage
Cette rencontre a également donné l’occasion aux chercheurs et autres experts de revoir leur position sur la place qu’occupent les médias dans la promotion de leurs travaux. « Ce qu’on se reproche aussi c’est essayer de ne pas présenter de manière générale les conclusions de nos travaux à la presse. Je me reproche de toujours publier nos conclusions de manière systémique dans les revues scientifiques », regrette Dr Rodrigue Adjoumani Kouakou, chercheur, Université Nangui Abrogua, en Côte d’Ivoire, avant d’ajouter qu’il va également s’orienter vers les médias pour communiquer davantage.
Pour Julien Chongwang, Journaliste scientifique, coordonnateur de Scidev.net Afrique, c’est déjà bien de reconnaître l’importance qu’occupent les médias dans le domaine scientifique.
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« C’est une note positive de savoir qu’au terme de cette session, les chercheurs présents sur le panel ont reconnu l’intérêt pour eux de communiquer regrettant de ne pas l’avoir fait plus tôt. C’est encore plus encourageant de les entendre s’engager à s’investir désormais dans la communication sur leurs travaux. Car cela nous permettra de mieux relayer le savoir-faire de nos chercheurs qui sont les plus à même de proposer des solutions aux problèmes qui se posent dans notre société. On ne le dira jamais assez, beaucoup de choses intéressantes sont faites par nos chercheurs. Mais ces travaux ne sont pas toujours connus du grand public et des décideurs. Si les chercheurs s’engagement à communiquer davantage sur leurs travaux, on aurait fait un précieux pas en avant », appuie Julien Chongwang.
La conférence mondiale des journalistes scientifiques francophones organisée par la Réseau des journalistes scientifiques d’Afrique francophone (RJSAF) a réuni une centaine de journalistes scientifiques venus de plusieurs pays d’Afrique francophone, dont, le Cameroun, le Togo, le Burkina Faso, le Sénégal, le Rwanda, le Benin, la RDC, le Gabon, le Niger, la Côte d’Ivoire, la France, la Suisse pour ne citer que ceux-ci. Pendant 5 jours, les organisateurs ont organisé les activités autour de plusieurs sites. Notamment l’Université Houphouët-Boigny, la forêt de Banco, les laboratoires de l’Institut Pasteur en Côte d’Ivoire, le Centre national de recherche agronomique et le Centre suisse de recherches scientifiques.
Ghislaine DEUDJUI, à Abidjan
Réactions
« Mieux formés et mieux outillés sur les enjeux “Une seule santé »

« Anticiper les crises sanitaires, c’est commencer à prendre en compte la santé humaine, environnementale et animale et encourager la collaboration entre chercheurs, experts scientifiques et les journalistes. C’est l’un des objectifs de cette conférence qui vise entre autres, à: Bâtir une communauté mondiale de journalistes scientifiques francophones, mieux aguerris, mieux formés et mieux outillés sur les enjeux “Une seule santé” ; renforcer la qualité de la couverture médiatique scientifique sur Une seule santé ; encourager les enquêtes, les collaborations transfrontalières et les échanges avec les experts ; construire une communauté francophone forte, compétente, engagée. Aider les journalistes scientifiques à comprendre l’interconnexion de ces enjeux et à mieux informer sur l’approche une seule santé ; faciliter une saine collaboration entre les journalistes et les scientifique et experts multidisciplinaires qui travaillent sur. Une seule santé et encourager les médias francophones à couvrir l’approche Une seule santé »
« Comprendre davantage l’approche ‘’Une seule Santé’’, afin de mieux informer »

Je participe à cette conférence pour élargir mon réseau avec les confrères journalistes venus d’un peu partout à travers le monde. Mais aussi et surtout comprendre davantage l’approche Une seule Santé, afin de mieux informer, mieux vulgariser les résultats de recherche scientifiques. C’est aussi une occasion de nouer des contacts avec des experts qui ne sont pas forcément accessibles.
« Partager ma petite expérience avec mes confrères des autres pays »

La conférence mondiale des journalistes scientifiques francophones et les chercheurs. C’est une occasion pour moi d’actualiser mes connaissances, de rencontrer des experts et chercheurs afin de mieux aborder les sujets scientifiques. Participer à cette conférence permet de partager ma petite expérience avec mes confrères des autres pays, cela permet d’avoir un autre regard sur le travail et les réalités de chacun.
« La relation entre journaliste et chercheurs est un peu difficile »

Cette conférence est pour moi l’occasion d’avoir des contacts des chercheurs, scientifiques qui sont souvent inaccessible. En plus, c’est l’occasion d’échanger avec des confrères venus de d’autres pays. Se faire un réseau d’amis. La relation entre journaliste et chercheurs est un peu difficile. Car, ils ne sont pas toujours disponibles, les chercheurs ou scientifiques à répondre à nos demandes. Ils ont souvent peur d’intervenir dans les médias car, ils accusent les journalistes de déformer leurs propos. Cette conférence est l’occasion de bien leur expliquer le bien-fondé de la relation que nous devons entretenir ensemble. Le scientifique a besoin de vulgariser sa recherche et le journaliste est la personne, à mon avis la mieux indiquée pur l’aider dans ce sens. Une relation gagnante-gagnante.
Propos ressemblés par Ghislaine DEUDJUI















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