Adamaoua : Le CNTS en guerre contre les préjugés autour du don de sang

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C’était le 10 juin 2023 à travers une campagne de sensibilisation dans les artères de la ville de Ngaoundéré, en prélude à la 20ème édition de la journée mondiale du donneur de sang qui sera célébrée le 14 juin prochain.

Pas moins d’une dizaine d’associations œuvrant pour le don de sang (AODS) mobilisées pour porter le message du don de sang pour sauver des vies. A travers les arrondissements de Ngaoundéré 1er et 2ème, les membres de ces organisations ont sillonné les marchés et les quartiers à l’effet d’inviter les populations à s’adonner au don de sang bénévole, volontaire et régulier. Ce qui pourra contribuer à soulager les malades nécessitant une transfusion dans les hôpitaux. Placée cette année sous le thème, Sang, plasma : partageons la vie, donnons souvent, cette journée vient rappeler la nécessité de faire ce geste qui peut redonner le sourire à plus d’uns. Dans la ville de Ngaoundéré, plusieurs activités impliquant les Hommes de médias et les organisations à base communautaire sont en cours depuis quelques jours. Tous engagés pour cette cause, les réunions se multiplient afin de définir des stratégies pour toucher  le maximum des personnes possibles. « Nous sommes à la 4ème réunion qui mobilise à la tête le représentant régional du CNTS et l’ensemble des associations qui œuvrent dans la promotion du sang. Les activités vont continuer dès lundi, dans les radios communautaires », indique Denis Djouldé, président de l’association Ceprossa.

Don de Sang

Du côté des médias, des dispositions sont aussi prises pour permettre aux responsables du CNTS au niveau régional de passer les messages aussi bien en français que dans les langues nationales. « Nous allons accueillir les personnes impliquées dans la campagne de sensibilisation au don de sang dans nos émissions. Demain mardi, il est prévu une intervention du point focal transfusion sanguine dans l’une de nos émissions » déclare Agbor Benedict Eta, directeur de la radio Bonne Nouvelle à Ngaoundéré et président régional de l’Association des Journalistes Scientifiques et Communicateurs pour la Promotion de la Santé (AJC PROSANTÉ).

Marche sportive

Selon le responsable régional du CNTS, docteur Ndedjal Hamasselbe Ibrahim, la région est loin d’atteindre le nombre de poches de sang annuel attendu. Des efforts supplémentaires doivent être fournis. « Nous avons plusieurs problèmes. Il s’agit notamment de l’accessibilité à certaines villes de l’arrière région, mais également les questions de la langue et les considérations socioculturelles ». Après les réunions et la marche sportive de samedi dernier, débute ce lundi, la collecte des poches de sang. Celle-ci va se dérouler en postes fixes à l’hôpital régional et à l’Université de Ngaoundéré.

Jean Besane Mangam

Réactions

Dr Ndedjal Hamasselbe Ibrahim, Responsable régional du Centre National de Transfusion Sanguine Adamaoua

« Les populations sont réfractaires au don de sang »

« Au Cameroun, les besoins en poches de sang sont estimés à environ 400.000 poches par an. En 2021, le Cameroun a réussi à collecter 140.207 poches, soit 35% du taux de couverture des besoins au niveau national. Dans l’Adamaoua, le besoin en poche de sang est estimé à environ 20.000 poches mais nous n’avons réussi à collecter que 4000 poches, soit 24%. L’OMS recommande une collecte de 1 à 3% sur l’ensemble de la population d’un pays pour couvrir son taux de besoin en produit sanguin. Dans l’Adamaoua comme dans les autres régions du septentrion, nous pouvons citer d’emblée les mentalités des populations qui sont réfractaires au don de sang. Les difficultés d’accès aux différents départements, aux différentes villes et arrondissements à cause de l’impraticabilité des routes (en saison des pluies surtout, ndlr). Nous pouvons également citer comme difficultés, la barrière de la communication, la langue. La promotion du don de sang qui est l’une des missions phares du CNTS est sous l’animation des associations oeuvrant pour le don de sang. Celles-ci sont sélectionnées sur des critères. Nous privilégions les associations à caractère local dans le but d’atteindre les communautés plus facilement en leur parlant dans les langues locales. Malgré ces difficultés, nous nous déployons dans les départements avec nos équipes pour le suivi du don de sang. Pour les mentalités, nous essayons de toucher les autorités religieuses, les chefs traditionnels afin qu’ils motivent leurs populations ».

Propos recueillis par JBM

 

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