Cameroun : Dr Manaouda Malachie fait à son bilan de 2020

Dans une interview exclusive accordée à votre rédaction, le Ministre de la Santé publique passe au scanner les dossiers chauds qui ont secoué le secteur de la santé au cours cette année qui s’achève.

Entre la gestion de la Covid-19, l’introduction de nouveaux vaccins, la lutte contre le médicament de la rue, la rupture des kits d’hémodialyse, les visites inopinées, la mise en place de la couverture santé universelle, la reforme hospitalière au Cameroun, le patron de la santé a été sur tous les fronts. Il fait un point d’honneur sur sa feuille de route de 2021.

Monsieur le ministre l’année 2020 a été marquée par l’apparition de la pandémie de la Covid-19. La stratégie mise en place par le gouvernement camerounais est fortement saluée. Comment le pays a fait pour maitriser cette pandémie ? Et que faut-il faire en cette période de fin d’année pour éviter une nouvelle vague de contamination ?

Qu’est-ce qui a fait en sorte que le Cameroun ait des résultats encourageant, je dirai dans un premier temps que c’est d’abord l’implication personnelle de son excellence Paul Biya. Vous savez bien que dans un plan de guerre sanitaire que nous avons mené contre le Covid-19, si vous n’avez pas le chef suprême de cette guerre là qui vous accompagne, vous ne pouvez ne pas la gagner. Et donc, en ce moment, nous devons reconnaitre l’implication personnelle de monsieur le président de la République, ses directives quotidiennes qu’il donnait au premier chef du Gouvernement ont été d’un apport substantiel dans cette réussite. Après le président de la République, je voudrais également évoquer l’implication de monsieur le ministre Chef du Gouvernement, qui tenait la main forte aux directives données par le président de la République, et qui chaque jour  dit, à 10h00, réunissait tout le Gouvernement autour du plan de riposte, pour évacuer, donner des nouvelles perspectives… Donc, sa coordination à ce niveau là a été quelque chose de très important. Et aussi m’implication de tout le Gouvernement entier. Parce que chacun dans le cadre de ses activités, dans le cadre de son département ministériel a dû prendre des mesures et cela a permis aussi que nous puissions tous azimut maîtriser le virus.

Maintenant, dans la stratégie, nous pensons que la décentralisation a fait en sorte que tout le monde, tous les acteurs de la société se sont retrouvés dans la lutte, concernés par la lutte, ce qui a permis de faciliter le travail des hôpitaux sur le terrain. Il faudra également féliciter nos collaborateurs du corps médical qui s’est illustré par une détermination à pouvoir en finir avec le Covid-19. Nous avons vu des personnels de santé qui ont été infecté, soignés, puis sont revenus au front. C’est quelque chose qu’il faudra saluer, relever parce que ça montre comment ils sont intervenus pour pouvoir mener cette lutte. Et maintenant dans la ‘’success story ‘’ du Cameroun, vous avez par exemple, la prise en charge psychologique ; que nous avons introduis dès les premières heures.

A côté de cette prise ne charge, psychologique, vous avez la stratégie des trois T ; qui, aujourd’hui est en train d’être adoptée par certains pays développés, a été mise en place assez tôt, dès le mois d’avril – mai, nous avions déjà introduit cette recherche active dans la société ; le protocole de soins qui a été clairement validé par dès les premières heures par le conseil scientifique, nous a aussi beaucoup aidé. Parce qu’il faut le dire, temps que vous continuez à tâtonner, vous perdez du temps et vous perdez des personnes et vous n’arrivez pas rapidement à cerner le problème. Ce protocole de soins qui a été validé a été quelque chose de primordial dans la prise en charge des cas.

La vaccination a également fait couler beaucoup d’encre et de salive. Malgré la déclaration du Cameroun comme « Polio free », le taux de couverture vaccinale reste faible. Que faut-il faire ?

Sur le plan stratégique, nous avons déjà eu la reprise des cours l’année dernière lorsque cela a été suspendu, on a géré ; nous avons eu la rentrée scolaire universitaire de cette année que nous avons gérés ; la reprise même des activités économiques que nous avons gérés. En réalité même, cela ne poserai aucun problème parce que nous avons toujours des procédés que nous écrivons que nous mettons en place. Maintenant, tout dépendra du comportement de nos compatriotes.

Et pour ce qui est des mesures le premier Chef du Gouvernement a pris les devants. Il a été clair lorsqu’il était à Douala, dernièrement. Il a dit qu’il faudrait qu’on revient au respect  des mesures barrières notamment, le port systématique du masque. Je voudrai que cela soit mis en avant et qu’on rajoute qu’on est pas obligé de faire des déplacements à tout va, on est pas obligé de faire de grandes fêtes. On pourrait dans l’intimité de sa famille, faire des choses, fêter comme on le dit. Il ne sert à rien de passer des fêtes en grande pompe pour que le lendemain nous soyons malades. Donc, je crois qu’il est important que nous intégrons tout cela. Il vaut mieux faire ce sacrifice là et que ne janvier, nous puissions être en bonne santé. C’est le moment aussi de protéger nos parents, nos grands-parents, parce que ce sont les personnes les plus vulnérables. Nous emmenons les enfants vers eux sans aucune protection, on pourrait les mettre en danger. Il faudrait donc, que chacun en son âme et conscience, puisse observer une discipline en ce qui concerne les mesures barrières ; discipline en ce qui concerne la distanciation sociale ; discipline en ce qui concerne le port systématique du masque.

Où en-êtes-vous dans la lutte contre le médicament de la rue ?

Il faudrait souligner que nous avons obtenus ce statut en contexte Covid-19. Ça veut dire qu’il y a quelque chose de particulier qui a été fait malgré le contexte difficile. Nous n’avons pas délaissé les autres pans de la santé. C’est dire que les autres pathologies ont eu à avoir les mêmes égards, le même suivie qu’avant. Il faudrait que cela soit connu.

Maintenant, lorsque l’année dernière au moins de novembre, on avait fait cette réunion là du comité où on disait que le dossier du Cameroun doit être présenté en mars et que ce dossier devait être documenté. A cet instant, on avait des lacunes, pas des lacunes par pour les zones en insécurité comme le Nord-Ouest, le Sud-ouest, l’Extrême-Nord. Mais des lacunes dans certaines zones où le taux de couverture n’était pas assez élevé. Nous nous sommes mis au travail, les équipes sont descendues sur le terrain, nous avons discutés avec certaines Organisations Non Gouvernementales (Ong) pour nous aider à aller dans cette vaccination.  Et je crois que c’est l’ensemble de ces efforts fournis par tous les acteurs à tous les niveaux qui nous a valu cette distinction. J’en suis vraiment fier parce que le contexte ne s’y prêtait pas. Les acteurs de la vaccination, le (Pev) Programme Élargi de Vaccination sont illustrés par leur engagement, leur détermination et ont illustré et documenté notre dossier et ça été accepté ce jour-là, par me comité.

Comment comptez-vous faire pour mettre fin à la rupture des kits d’hémodialyses au Cameroun ?

C’est une problématique qui n’est pas propre au Cameroun. Parce que dans tous les pays du monde, vous trouverez un courant anti vaccinal, un courant visant à l’immunisation des enfants.

Maintenant, nous au Cameroun, qu’est-ce nous devons faire ! Le levier primordial sur lequel nous devons appuyer c’est la communication. Nous devons retravailler notre plan de communication, de sensibilisation de la population, montrer le bien fondé de la vaccination, donner les gages d’une garantie que ce vaccin n’a rien de particulier, pour pouvoir nuire à tel ou tel enfant.  Donc, nous devons communiquer, communiquer et encore communiquer. Nous l’avons demandé au Pev. Dès le mois de janvier, il aura toutes les plateformes web  que ça soit Instagram, Facebook, Twitter, Whatsapp… et tout le reste, ils auront toutes ces plateformes, pour pouvoir diffuser à l’endroit des camerounais qui sont sur internet. Maintenant, on va également, développer des supports physiques, des supports communicationnels pour que,  que ce soit à la tété ou même des cérémonies pour que cela soit suivie. La vaccination est une chose importante pour notre société.

On a souvent des difficultés à lier l’économie ou le développement alors que ce sont des choses qui sont intimement liées. Soit vous avec une population en bonne santé qui va travailler à la création de la richesse soit une population en mauvaise santé qui ne pourra pas travailler, et ainsi, il y aura aucune richesse de crées. Et une population en bonne santé, ce sont d’abord les nouveau-nés qui sont immunisés. Et on a cette possibilité. Le Gouvernement a pris sur lui, de mettre en place un ensemble de 14 vaccins, gratuitement. Donc, on a la possibilité aujourd’hui, lorsqu’un enfant nait, de pouvoir lui donner toutes les chances pour que cet enfant soit non seulement viable mais qu’il soit solide et qu’il puisse apporter quelque chose à son pays. Voila un peu la quintessence de la communication qu’il faudra apporter aux parents. Leur dire qu’ils n’ont pas à avoir peur de la vaccination. Et puis, dans aucun pays au monde, nous avons vu des dirigeants de Gouvernement qui tue ses enfants puisse que s’il n’y a pas de population, il n’ya pas de Gouvernement. Donc, non il n’est pas question pour l’Etat de valider cette thèse.

Votre magistère est marqué par les visites inopinées dans les hôpitaux. Quel bilan faites-vous de ces descentes ?

Je souhaite dire ici, que c’est une problématique assez complexe, au regard des acteurs, au regard de l’ampleur et au regard de la multisectorialité. Nous avons fait des descentes, dans le cadre de la sensibilisation. Nous continuons d’ailleurs à sensibiliser même si de temps à autres, lorsque les cargiaisons nous semble importantes, nous les saisissons et nous les faisons brûler. Mais la question a été portée au niveau du chef du Gouvernement, qui a mis en place un comité de lutte contre le faux médicament. Ce comité est n’a pas pu fonctionner véritablement cette année, avec le contexte Covid-19. Mais nous pensons, qu’en 2021, ce comité va se réunir plusieurs fois, et va recommencer ses activités. Dans ce cadre, nous agirons toujours en commençant par la sensibilisation parce que n’oublions que ce sont nos compatriotes que nous avons des pères de famille qui vivent de cette activité. Donc, il faudrait qu’on leur explique d’abord l’impact de ce faux médicament sur la santé des populations et qu’on leur demande de trouver autre chose à faire. On va passer cette phase là, et après cette phase lorsque nous allons continuer à observer le phénomène, là au moins, nous pourrons sévir avec la fermeté sans que quelqu’un ne puisse dire qu’il n’avait pas été mis au courant. Mais à côté de ça, nous comptons également  discuter et nous avons déjà commencé avec les pharmaciens pour qu’ils disponibilisent davantage le médicament, auprès des populations en pharmacie parce que pour un traitement de 04 ou 05 comprimés, on vous vend toute une boîte. Il faudra que les pharmaciens acceptent de vendre des plaquettes de médicaments. Et cela peut aider. Parce c’est ça qui fait que certains se dirigent vers le médicament de la rue. Donc nous sommes en train de discuter avec eux pour que les pharmaciens puissent également vendre les comprimés en détail, pour permettre aux camerounais d’avoir accès à des médicaments de qualité.

Au cours de cette année, le Chef de l’État a augmenté l’âge de départ à la retraite du personnel de santé. Quel est votre regard sur les conditions de vie et de travail des professionnels de la santé ?

Disons d’abord que les centres d’hémodialyse sont une instruction de du président de la République, son excellence Paul Biya, lorsqu’il constate que les camerounais atteint d’insuffisance rénale avait des difficultés à être pris en charge, il a instruit la création des centres d’hémodialyse. L’exécution de cette instruction aurait dû être précédée d’études et autres mais cela n’a pas été fait. Nous avons mis en place des centres d’hémodialyse qui, à ce moment-là, avaient quelques insuffisances. D’abord au niveau du fonctionnement des centres par ce que nous avons contractualisé une entreprise qui s’est occupé de l’ensemble des centres. Ce qui était quand même lourd pour une seule entreprise quand on sait que des fois, l’Etat peut avoir des difficultés à payer les factures dans les délais. A supposer que les factures s’accumulent, à certain moment, une seule entreprise ne serait pas à mesure de continuer le service quand bien même qu’elle ne soit pas payée. Donc, cela constituer une première difficulté. Et rappelons qu’au fonctionnement actuel, c’est le ministre des finances qui disponibilise directement  que ce soit au (Chu) Centre Hospitalier Universitaire ou au niveau des hôpitaux généraux, le financement. Et ces structures passent elles-mêmes les marchés et gèrent eux-mêmes leurs centres et tous le reste. Nous avons donc, constaté qu’il y a quelques difficulté c’est pour cela que nous avons volé à leur secours de temps à autres.

Maintenant, pour ce qu’il y est des solutions que nous apportons, rappelons que ça soit à Bertoua, que ça soit à Maroua, les difficultés observées devraient déjà être résolus. Ces centres peuvent déjà recommencer à dialyser. La solution que nous avons trouvée est en deux points. Première des choses, c’est de contacter l’opérateur actuel qui est fresenius. Fresenius a séjourné dans notre pays à partir du 15 décembre et nous avons discuté. Il est question qu’une représentation doit être créées ici au Cameroun, qui va disponibiliser en permanence les kits. Ce qui nous permettre de ne plus avoir de ruptures sur le territoire.  Ils vont également former les camerounais pour l’entretien préventive des machines, de la salle d’eau et tout le reste, former les médecins pour l’utilisation des infrastructures de ces dialyses. Et ils vont aussi former certains patients pour pouvoir mieux accepter les soins. A côté de cela, ce que nous souhaitons faire, si les moyens nous le permettent, c’est d’installer notre marque, toute une gamme d’infrastructures à côté de celles de Fresenius, de manière à avoir dans chaque centre, au moins deux opérateurs. Ça veut dire que pendant qu’une machine à un problème, on peut shifter sur une autre, le temps qu’on répare ici, le service continu. Et donc nous voulons avoir deux opérateurs par centre, et avoir toujours un minimum de 06 mois de kits d’avance. Il va falloir travailler avec les services des finances pour l’obtenir mais voilà un peu, les solutions à mettre en place. Mais au-delà de la dialyse, vous savez que ce n’est qu’une position d’attente. Il va falloir aussi travailler rapidement à la mise en place et la validation de cette loi sur la transplantation d’organes par le parlement. Le draft zéro existe. Les consultations de nos différents acteurs ont commencé. Mais la difficulté vous savez est dû au fait que ce soit une question sensible. L’avis juridique et tout e qui va avec devrait nous permettre de mieux encadre r cette opération parce que qui dit transplantation d’organes, ouvre la voie au trafic d’organes humains et tout le reste. Donc,  nous sommes en train de travailler là-dessus, et nous voulons que cela aille assez, rapidement pour que lors des cessions qui arrivent, que monsieur le président de la République, veuille bien accepter de valider ces avant projets.

Quelles sont les motivations des visites inopinées ?

Lorsque vous êtes dans votre bureau, vous recevez des rapports mais ce que ceux qui vous envoie des rapports de façon officielle oublie que vous recevez également des informations de façon informelle. Donc, quand vous comparez les deux informations, vous trouvez des fois qu’elles sont à l’opposé. La meilleure solution pour avoir votre part de vérité dans la question, c’est de descendre sur le terrain. Le but donc, de ces visites inopinées, c’est de descendre et d’aller voir soit même voir comment ça se passe, soit même voir la qualité de prise en charge, du circuit du malade, de l’état global de la formation sanitaire, des conditions de travail de nos collaborateurs du corps médical.

Mais en réalité, il faut se dire une chose. Lorsque j’ai eu l’honneur d’être nommé ici, moi-même, puisque je suis camerounais, j’ai vu que l’hôpital était malade. Donc, il faut aller voir qu’est-ce qui ne va pas pour apporter le meilleur traitement. Ce qui a motivé mes visites, inopinées.

Les contraintes liées au Covid-19, à un moment donné, ne m’ont pas permis de me déployer mais là, nous allons recommencer à nous déployer sur le terrain. Ça deux objectifs en réalité, le première chose c’est ce j’ai dis, savoir ce qui se passe, qu’est-ce sont les problèmes, mais ce que l’on ne relève pas assez en termes d’objectifs, c’est d’apporter une certaine chaleur, une certaine proximité au corps médical. Imaginez-vous en centre de santé où il y a que deux ou trois personnes quelconques qui reçoivent une délégation des services centraux. Ils vont ce dire, ah au moins on sait que nous existons. Ça va leur donner un autre élan, une autre détermination, un autre engouement et une motivation supplémentaire pour pouvoir travailler. Donc, c’est d’abord ça aussi qui nous emmène vers les centres de santé. Donc, ce n’est pas seulement pour regarder que ça n’est pas bien fait ici, pour pouvoir sanctionner. Non, nous avons beaucoup d’autres objectifs, s’assurer que nos collaborateurs travaillent bien dans de bonnes conditions, relever des difficultés pour apporter des solutions. Voilà la philosophie qui a nourris et continuera à nourrir ces visites inopinées.

Moi, je n’ai pas peur d’heure, si ce n’est à 10h00 ou à 02heures du matin, j’irai toujours dans ces formations sanitaires parce que je me mets à la place de ce camerounais lambda qui a besoin des soins et qui à un moment donné, parce que c’est, la nuit, il n’est pas pris en charge parce que le médecin dort ou l’infirmier lui dis moi j’ai sommeil et tout. Non, il faudrait que nous essayions d’être beaucoup plus sérieux. Donc, nous allons continuer avec ces visites inopinées.

C’est clair qu’avec les informations que je puise à l’issu de ces visites, sont des informations précieuses avec lesquelles nous pouvons travailler et qui permet de prendre la meilleure décision. Il y a des fois, on a sanctionné parce que nous n’étions pas satisfait du résultat mais il y a des fois, nous avons récompensé parce que …

Au cours de cette année, le Chef de l’État a augmenté l’âge de départ à la retraite du personnel de santé. Quel est votre regard sur les conditions de vie et de travail des professionnels de la santé ?

Vous savez, c’est un combat de longue date. C’est n’est pas quelques chose qui s’est fait en un temps. Et que le président de la République son Excellence Paul Biya accède finalement à cette doléances là, pour nous c’est une fierté. Nous ne le dirons jamais assez, nous exprimons notre gratitude par rapport à ce geste posé. Je pense aussi que, par rapport aux personnels de santé et nos collaborateurs, c’est une grosse récompense par rapport à leurs investissements sur le terrain et à leurs efforts sur le terrain de la riposte. Je vois cela comme élément supplémentaire qui ne devrait pas être seulement perçu comme cette récompense là, mais, être perçu comme un acte d’un chef de famille, un président de la République qui a un regard quotidien sur ce secteur, sur le corps de la santé, sur ce qui se fait dans les hôpitaux. Donc en même temps que nous sommes contents de cet acte, en même temps cet acte nous interpelle encore pour nous dire que le président de la République nous suit tout les jours. Il nous suit quotidiennement, nous devons faire les efforts chaque jours pour que le secteur se porte mieux, les camerounais soient bien soignés, et pour que lui-même, qu’il soit content et qu’il continu davantage à améliorer les conditions de vie et de travail de mes collaborateurs. Maintenant, il y a d’autres choses qui entrent en jeu. Nous allons continuer toujours à inviter les collaborateurs à être concentrés sur le terrain. Nos plateaux techniques que nous allons continuer aussi à relever parce que nous avons commencé depuis l’année dernière et cette année nous avons poursuivit. Notre objectif est que nous standardisons les plateaux des districts de santé. Qu’on est un très bon plateau à ce niveau là pour prendre en charge la majorité des soins, et puis qu’on mit en place un bon système de référence et de contre référence pour pourvoir palier aux difficultés des plateaux techniques.

Dans la cadre du plan d’urgence triennal secteur santé, où en est-on avec la réhabilitation des hôpitaux (CHU, Hôpital Général de Yaoundé et de Douala) et la construction des hôpitaux régionaux de référence ? 

J’ai le bonheur de vous annoncé que les hôpitaux généraux de Douala et Yaoundé, seront réceptionnés d’ici peu. Le plateau est totalement relevé, les réceptions techniques ont été faites, bientôt nous passerons à une réception provisoire. Le seul problème c’était le Centre Hospitalier Universitaire de Yaoundé. Là-bas nous avons deux problèmes. En premier le financement. Nous avons passés un an et demi sans financement, et grâce au Chef du gouvernement nous avons réglé ce problème de financement. Les travaux vont reprendre et nous pourrions aller beaucoup plus vite. Pour le second problème, c’est les études. Les premières études ont été mal faite, donc on a été obligé d’avoir chaque fois de nouveaux travaux. Et cela a fait en sorte que les choses soient retardées un tout petit peu joint avec les problèmes de financement. Alors, les choses sont rentrées dans l’ordre, l’entreprise est à pied d’œuvre et bientôt nous aurons les résultats.

Le Cameroun ambitionne lancé la Couverture santé universelle au premier trimestre 2020. Ou en est-on dans la mise en œuvre de la CSU ? Le rendez-vous sera-t-il tenu ?

Le rendez-vous pourra connaitre un petit retard parce que j’ai d’abord parlé du premier semestre 2020, nous aurons voulu qu’on ait déjà institué la loi sur la couverture santé universelle. Ce projet de loi a été élaboré par le gouvernement, et nous pensons que lors des prochaines sessions parlementaires le Président de la République pourra transmettre cela au parlement. Mais, en réalité nous n’avons pas attendus l’aboutissement de cette procédure pour avancer. Je venais de visiter les datas centers qui sont un élément essentiel dans la mise en place du dispositif. Que ce soit à Yaoundé où à Douala nous sommes déjà à 50% des travaux de construction, dans l’espoir que d’ici un ou deux mois que ces travaux soient nettement achevés. Le matériel d’enrôlement des datas centers ont été commandés et devraient normalement arriver au Cameroun mi-janvier. Tout est presque prêt, nous attendons seulement l’aboutissement de la loi.

De façon globale, nous travaillons également sur la communication. Nous sommes entrain de voir comment expliquer à nos compatriotes ce que s’est que la couverture santé universelle, qu’elles sont les attentes, et comment cela va se passer.

Monsieur le ministre, vous avez présenté votre plan de transformation du système de santé camerounais en mettant l’accent sur l’humanisation des soins et services. Quelle vision avez-vous pour le système du pays ?

Je voudrais d’abord dire que c’est une chose dont je tiens énormément, c’est l’humanisation des services des soins. Dans un premier temps, il y a un coté qui ne demande pas assez des moyens bien que vous allez  me parler de plateaux techniques mais quand vous recevez un patients, vous lui demandez gentiment ce qui ne va pas, comment peut-on l’aider, l’expliquer ce qui se passe après avoir fait des examens, c’est une autre chose qui ne demande pas assez de moyens. C’est une chose très importante pour le patient. Il faut que le patient se sente en sécurité, en confiance. Maintenant, je suis un peu satisfais parce que j’ai un bon feedback. Il y a des gens qui viennent me faire de bons témoignages. Et ceci nous encourage à pourvoir continuer.

Qu’en est-il de réforme hospitalière ?

Pour nous, c’est notre véritable cheval de bataille. Pour y arriver, il ne faut pas seulement une reforme hospitalière, mais aussi une reforme comportementale, une reforme de la gouvernance hospitalière. Pour le moment avons sur le texte de la reforme hospitalière, à boucler le texte et se sera parti pour l’examen au niveau du gouvernement, et d’ici à là nous pensons que çà pourra aboutir.

Depuis quelques jours il est dit dans les réseaux sociaux que vous avez retiré le droit de signature au Secrétaire d’État du ministère de la santé en charge des épidémies et pandémies. Qu’en n’est-il exactement ?  

Cette rumeur me fait sourire. En réalité il est dit que lors d’une réunion de coordination j’aurais retiré la signature au secrétaire d’État. Déjà mes relations sont très bonnes entre lui et moi car nous sommes complémentaires. Maintenant sur le plan juridique et formel, la délégation de signature est un acte juridique qui est pris par le ministre pour pouvoir donner la possibilité à un responsable de poser les actes à son absence. Alors cela se fait par un arrêté. C’est n’est pas lors d’une réunion de coordination que cela est fait. J’appelle donc ceux-là à me produire l’arrêté qui le prouve, je serais convaincu. Bon, en réalité, il n’en est rien du tout. Ce sont des manœuvres habituelles visant à opposer deux personnes qui s’entendent très bien.

Comment envisagez-vous aborder l’année 2021 ?

Pour l’année prochaine, les chantiers seront nombreux. On ne va pas s’écarter de notre agenda de transformation du système de santé camerounais. Nous sommes dans le système de santé, et maintenant nous pouvons à l’intérieur suivre les autres. D’abord nous allons poursuivre la lutte contre le Covid-19, nous allons proposez au gouvernement la mise sur pied d’un programme de lutte contre la Covid-19. À côté de cela, nous allons rentrer de plein pied dans l’implémentation de la CSU. C’est indéniable, et très important pour le camerounais. Le Président de la République l’attend depuis et nous devons nous investir au maximum. Aussi continuer à suivre les grandes pathologies comme le VIH, le paludisme, la tuberculose, la lutte contre les cancers, la poursuite de la vaccination. La santé de la mère et de l’enfant constitue également l’un de nos chantiers.

Je vais dire aux camerounais que s’ils veulent nous rentre service et à eux-mêmes, tout au long de cette période de fêtes de fin d’année il faut respecter les mesures barrières.

Propos recueillis par Joseph Mbeng Boum

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