La petite Sylvana, âgée de 10 ans, a été sacrifiée sur l’autel d’une croyance devant ses deux cadets, témoins de cette prière sacrificielle. Le comportement le plus marquant da la fidèle moderne est son refus du dogme imposé.
Elle a dit avoir agir en suivant « les conseils de comment faire lorsque tu es dans les combats spirituels. C’est le fils de l’homme qui m’envoie », va-t-elle déclarer. Ainsi donc la croyante appliquée est devenue une consommatrice active sans autonomie.Sylvana est certainement partie rejoindre Dieu le père, laissant derrière elle émoi et consternation. Si donc les versets bibliques sont évoqués pour justifier le comportement de cette dame de 20 ans. Les psychologues soutiennent la thèse du trouble de comportement. Ces derniers pensent d’ailleurs c’est un défi majeur pour la santé publique. Certains les différencient même des sautes d’humeur passagères. Qui selon eux, « se caractérisent par des actions et des réactions inadaptées, répétitives et durables et qui perturbent profondément les relations sociales, familiales et professionnelles d’une personne ».Pour Roland Ngahan, « un trouble du comportement ne définit pas une mauvaise éducation ou un manque de volonté. Il s’agit d’une manifestation visible d’un dysfonctionnement psychologique, neurologique ou émotionnel sous-jacent. Sous la forme plus sévère, cela se traduit par des agressions physiques, la destruction de biens matériels, le vol ou la violation grave des règles établies », nous explique le chercheur.Un autre enseignant soutient qu’ «Il n’y a jamais une cause unique à un trouble du comportement. Et que « c’est l’association de plusieurs facteurs qui déclenche le trouble. On peut citer les facteurs biologiques et génétiques qui prennent pour cause les antécédents familiaux ou des anomalies dans la chimie du cerveau. On peut citer les facteurs psychologiques causé par un traumatisme vécu dans l’enfance, une mauvaise gestion du stress, un manque d’estime de soi ou une hypersensibilité émotionnelle et enfin les facteurs environnementaux avec un climat familial conflictuel, la précarité sociale, le harcèlement ou l’isolement », nous explique Isaac Mouelle, psycho-philosophe.Pour Ernest Mpocko, « derrière un comportement perturbateur ou agressif se cache presque toujours une souffrance qui ne parvient pas à s’exprimer par des mots », dit l’enseignant retraité.Le niveau de la santé mentale au CamerounAinsi donc, le grand débat sur les pratiques extrêmes de certaines églises de réveil au Cameroun est ouvert. Les cas d’extorsion matérielle ou de manipulations psychologiques comme forcer des ruptures familiales sont légions. Il arrive fréquemment que le drame d’une mère souffrant de graves troubles psychiatriques commet l’irréparable sur son enfant. Qu’une femme quitte la maison parce que le pasteur lui a révélé que son mari est sorcier.Facile donc de comprendre que le paysage spirituel contemporain traverse une transformation profonde de valeurs. Les chercheurs en sociologie des religions et des psychologues observent l’émergence de nouveaux mouvements religieux, de spiritualités assez autoritaires. Les fidèles ou les adeptes de ces croyances sont partagées entre le bricolage spirituel et l’autonomie. Les fidèles qui croient de manière naïve. Ils sont pleinement convaincus leur choix spirituel est une option indétrônable. Ce qui les pousse à justifier constamment leur démarche.Pour Emmanuel Isedu, « dans ces nouveaux espaces de croyance, l’attitude et les comportements des fidèles ont radicalement changé par rapport aux religions traditionnelles ». Pour cet anthropologue, « les nouvelles croyances ont plutôt augmenté le niveau de la santé mentale au Cameroun, le stress et compliqué les relations humaines. Et le cas de Yaoundé doit interpeller le ministpre de la santé publique », voilà qui est dit
Alphonse Jènè














