Distribution des médicaments au Cameroun : la Cename au bord du gouffre

D’après le Dr Vandi Deli, Directeur général de la Centrale Nationale d’Approvisionnement en Médicaments et Consommables médicaux Essentiels (Cename), il est urgent pour cette structure de recouvrir des créances de près de 10 milliards auprès de ses clients. Redonner une santé financière à la CENAME afin de pouvoir régulariser sa situation vis-à-vis de ses fournisseurs.

Restructurer la Centrale par le renforcement du taux de technicité pour une bonne gestion, un stockage et un meilleur circuit logistique.  Rendre plus fluide et diligent, le processus d’acquisition des médicaments à travers la mise sur pied par le Gouvernement, des mesures appropriées.

Monsieur le Directeur Général, vous avez été porté à la tête de la CENAME, il y a quelques mois. Dans quel état avez-vous trouvé cette structure ?

Nous avons trouvé une structure affaiblie par les difficultés de trésorerie et une image peu reluisante. Les fournisseurs se plaignent du non règlement de leurs factures échues, tandis que les clients déplorent la faible disponibilité des produits pharmaceutiques. Nous avons cependant observé que la structure dispose d’un énorme potentiel, et avons tout de suite décidé d’affronter les plus grands obstacles, notamment le faible taux de recouvrement. L’accroissement du taux de recouvrement nous permettrait de reconstituer le stock pour reconquérir la clientèle. Nous avons également noté qu’il est nécessaire de rétablir la confiance avec les divers partenaires, notamment ceux spécifiques au renforcement de la chaîne d’approvisionnement en produits des Programmes de santé publique. Nous saurons compter sur le soutien indéfectible du Gouvernement de la République, du Conseil d’Administration, du MINSANTE (tutelle technique), du MINFI (tutelle financière) et d’autres départements ministériels et surtout du personnel très dévoué.

Les médicaments essentiels et les consommables se font rares dans les formations sanitaires publiques. Qu’est ce qui explique cette situation ?

 De façon générale, nous pouvons constater que le secteur pharmaceutique n’a pas été épargné par les conséquences de la pandémie de la Covid-19 qui a pour corrolaire, la faible disponibilité de certains produits pharmaceutiques à travers le monde surtout dans les pays peu producteurs comme le nôtre. A cela nous pouvons ajouter les difficultés de la Centrale notamment, le faible respect du SYNAME (Système National d’Approvisionnement en Médicaments Essentiels), le phénomène de la vente illicite des médicaments, la concurrence déloyale de certains acteurs, la lourdeur des procédures d’acquisition des médicaments (la CENAME ne disposant pas d’une Commission de passation des marchés spéciaux au vu du carctère urgent du médicament), le faible taux de recouvrement qui entraîne des problèmes de trésorerie et le faible taux de technicité.

Toutes choses qui pourraient justifier qu’en l’état, la CENAME ne peut, de façon optimale, exercer sa mission régalienne, à savoir rendre disponibles, les médicaments et dispositifs essentiels.

Comment comptez-vous faire pour rendre le médicament accessible dans les dix régions et dans toutes les formations sanitaires ?

Tout d’abord, nous allons rétablir la relation de confiance avec les fournisseurs pour leur manifester l’assurance à procéder au paiement de leurs factures échues.

Un élément important consiste à mener un plaidoyer à l’endroit du Gouvernement afin de pouvoir améliorer la capacité de recouvrement des créances énormes (près de 10 milliards) de la structure. Le recouvrement desdites créances permettra de redonner une santé financière à la CENAME afin de pouvoir régulariser sa situation vis-à-vis des fournisseurs.

Un autre aspect est celui relatif à la restructuration de la Centrale par le renforcement du taux de technicité pour une bonne gestion, un stockage et un meilleur circuit logistique.

Il est également important de rendre plus fluide et diligent, le processus d’acquisition des médicaments (qui sont pour la plupart des produits d’urgence) à travers la mise sur pied par le Gouvernement, des mesures appropriées.

En interne, nous procéderons à la révision de certains documents stratégiques (manuel de procédures) pour améliorer la performance par la réduction des délais de traitement des factures et de livraison.

Nous avons déjà amorcé le changement par la désignation de nouveaux responsables dans la structure et nous comptons renforcer les capacités du personnel par des formations techniques et administratives.

Les mesures somme toutes, non exhaustives et qui sont de nature à rendre la CENAME plus performante afin qu’elle retrouve ses lettres de noblesse et se repositionne en maillon indispensable dans le SYNAME pour une réussite sans faille de la Couverture Santé Universelle (CSU) qui n’aurait de sens que si le médicament est disponible, de qualité et accessible à toutes les populations camerounaises.

La qualité de la gestion est régulièrement pointée du doigt. Comment comptez-vous améliorer la gouvernance de la CENAME ?

Pour ne pas revenir sur toutes les mesures préconisées plus haut, nous pouvons tout de même vous rassurer de ce que la gouvernance est un élément indispensable de tout système de gestion. C’est la raison pour laquelle nous orientons notre gestion sur l’essentiel qui est la ressource humaine compétente, assidue, disponible, dévouée et respectueuse des procédures et normes de gestion en vigueur.

Vous êtes sans ignorer que la CENAME dispose d’une Agence Comptable et d’un Contrôle Financier qui sont des structures conseil auprès du Directeur Général afin de l’orienter dans le cadre de l’amélioration de la qualité de la dépense. La mise en coordination des structures techniques, administratives et financières permettra de mettre en place un système de « gouvernance par la coordination ».

La CENAME est régulièrement touchée par le poids de ses dettes. Où en êtes-vous dans le recouvrement ?

Le faible taux de recouvrement a pour conséquence directe l’accumulation des dettes de la structure, toute situation qui entraîne la dégradation de la confiance des fournisseurs vis-à-vis de la CENAME. Eu égard à cela, le nouvel organigramme de la CENAME prévoit un service de recouvrement dont la mission régalienne est de permettre à la Centrale d’accroître son taux de recouvrement. Ce service devra, en collaboration avec la Cellule en charge des Relations Publiques, définir une stratégie de recouvrement de créances de la CENAME.

Nous rappelons que nous saurons compter sur le Gouvernement pour faciliter les mesures envisagées par la CENAME pour recouvrer ses créances. Des plaidoyers doivent être entrepris et entretenus dans ce sens.

Comment comptez-vous restructurer la CENAME pour mieux répondre aux attentes des camerounais ?

Comme nous l’avons signalé plus haut, il est prévu de procéder au renforcement du personnel technique ; la mise en place d’un système de « gouvernance par coordination » ; la révision des documents stratégiques ; le renforcement des capacités du personnel ; l’amélioration de l’adéquation profil-poste de travail ; le renforcement du mécanisme d’acquisition des produits ; l’amélioration des conditions de stockage conformément aux normes en vigueur ; le renforcement du système d’assurance-qualité des produits ; l’amélioration du système logistique pour le recourcissement des délais de traitement des commandes et de livraison ; une meilleure gestion du parc automobile et d’autres immobilisations.

Toutes ces mesures participent à l’amélioration du taux de satisfaction de nos clients.

Votre mot de fin…

Des remerciements, une fois plus au Chef de l’Etat qui nous a fait confiance. Nos remerciements vont en direction du MINSANTE qui ne ménage aucun effort pour soutenir notre action en faveur de la disponibilité des médicaments essentiels.

Nous exprimons  également notre reconnaissance vis-à-vis du Conseil d’Administration de la CENAME pour ses orientations stratégiques.

Nous saisissons l’occasion que votre tri-hebdomadaire nous offre pour nous adresser tous nos vœux les meilleurs à tous nos clients et fournisseurs en cette nouvelle année 2021.

Que les Camerounais trouvent ici l’expression de notre promesse de tout mettre en œuvre avec le soutien du Gouvernement, pour que la CENAME puisse accomplir convenablement ses missions.

Interview réalisée par Joseph MBENG BOUM et Jean Claude Kendeg

4 réflexions sur “Distribution des médicaments au Cameroun : la Cename au bord du gouffre

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