Sous l’impulsion du délégué régional de la Santé publique du Centre, Dr Albert Mambo Maka, ce démembrement administratif du ministère de la Santé publique a tenu son assemblée générale le 28 août dernier à Yaoundé. Objectif : réorganiser les services, ancrer l’éthique, surmonter les défis de gestion et booster l’efficacité sur le terrain au profit des usagers de la région.
Une nouvelle dynamique est en marche au sein du système de santé de la région du Centre. Le vendredi 28 août 2026, ll’esplanade de la Délégation Régionale de la Santé Publique du Centre (DRSPC) à Yaoundé a abrité la toute première Assemblée Générale de l’institution sous la conduite de son nouveau Délégué Régional, le Dr Albert Mambo Maka. Cette grande première a réuni l’ensemble des personnels et des responsables de programmes clés (SIDA, Paludisme, Vaccination, Maladies Tropicales Négligées) pour poser les fondations d’un modèle d’encadrement stratégique renouvelé, orienté vers la performance, l’éthique et l’amélioration continue de la qualité des soins.
Un diagnostic organisationnel au service de la performance
Cette rencontre inédite a offert une plateforme privilégiée d’évaluation et d’échanges directs entre le nouveau top management et ses collaborateurs. À tour de rôle, les responsables d’unités et de programmes ont présenté l’organisation intime de leurs structures respectives pour déceler les points de blocage et catalyser une interconnexion optimale entre la Délégation et toute la pyramide sanitaire du Centre de Santé Intégré (CSI) à l’Hôpital de District (HD), en passant par le Centre Médical d’Arrondissement (CMA) et les Districts de Santé. Prenant la mesure de la responsabilité centrale de son institution, le Dr Albert Mambo Maka a souligné la vocation coordinatrice de la structure qu’il dirige : « Il faut dire que, déjà, nous essayons une approche managériale qui nous permet d’avoir une idée dans le cadre de la délégation en tant que service pour pouvoir maximiser l’atteinte des résultats de santé publique. C’est la délégation qui coordonne justement le suivi de ces activités sur le terrain et qui est censée se rassurer que les stratégies sont bien perçues par les prestataires sur le terrain et surtout bien organisées dans le sens où il faut le faire ».
La culture de la coordination et du suivi périodique
L’innovation majeure portée par le délégué régional réside dans l’instauration d’une culture du suivi mensuel et de la coordination continue. Loin de s’en tenir à une bureaucratie passive, le chef de structure exige désormais une évaluation régulière des activités. « Nous avons donc entrepris de donner cette habitude à nos collaborateurs de se réunir tous les mois pour voir le fonctionnement du service qu’est la délégation. « Il est question que je passe en revue avec tous mes collaborateurs leur organisation intime, chacun dans son cadre, dans son service, dans son unité, et qu’on voie si cette organisation va dans le sens des missions qui sont les nôtres », précise le Dr Albert Mambo Maka. Cette démarche permet d’accompagner méthodiquement les acteurs de terrain dans la mise en œuvre de la politique nationale de santé publique impulsée par le président de la République et exécutée par le ministre de la Santé publique, garantissant ainsi que l’action
administrative se traduise par une effectivité réelle au bénéfice des usagers.
L’éthique et les valeurs humaines comme socle de l’action
Au cours des débats, le respect strict de l’éthique a occupé une place prépondérante, le délégué régional tenant à rappeler l’essence fondamentale de l’engagement sanitaire. Interrogé sur cette insistance, le Dr Albert Mambo Maka a déclaré avec conviction : « On ne peut pas parler de la santé sans partir de l’essence de la santé. La santé, c’est ce bien-être physique, psychologique, mental, social, auquel a droit chaque individu. Et quand vous parlez de ça, vous êtes même en train de parler déjà de l’essence même de la vie… Et tout de suite, si vous devez donc travailler dans le cadre de la santé, vous devez avoir ces valeurs. Vous n’allez jamais comprendre les missions ni les objectifs qu’on vous a signés si vous n’avez pas compris ces valeurs-là. » Pour le premier responsable de la santé dans le Centre, il est primordial que l’ensemble du personnel partage une même matrice morale et humanitaire pour guider l’action publique au quotidien.
Cap sur les défis : gestion, ressources humaines et infrastructures
Abordant la question des chantiers d’avenir, le Dr Albert Mambo Maka s’est voulu lucide et expressif sur les difficultés à surmonter. « Le gros challenge, c’est d’abord le résultat de la démarche que nous avons engagée, c’est-à-dire faire adhérer le personnel à cette nouvelle façon d’organiser le travail. L’aspect gestionnaire est un aspect qui a beaucoup de lacunes dans notre système de santé en général, mais dans notre délégation en particulier. Donc le plus gros défi, c’est de remettre en route des procédures simples sur le plan gestionnaire qui nous facilitent un fonctionnement fluide », explique-t-il. Évoquant le second défi lié à l’encadrement des ressources humaines et les soucis d’infrastructures, il préconise l’effort et la proactivité : « Nous nous sommes mis, on a retroussé nos manches tous, les collaborateurs et moi, nous sommes en train de travailler très dur pour attirer l’attention de la hiérarchie sur les efforts qui sont faits et ensuite attirer un peu l’attention sur quelques difficultés que nous avons et nous sommes convaincus que cela attirera l’attention et nous aurons certainement des changements dans ce sens-là ».
Une ambition régionale globale
Le modèle managérial initié au siège de Yaoundé a vocation à s’étendre à l’ensemble du maillage sanitaire régional. Le Dr Albert Mambo Maka estime en effet que cette démarche doit devenir la norme pour tous : « En réalité, chaque service doit avoir une assemblée générale de ce genre, de son personnel qui se réunit et discute au cours, à la fin du mois, de comment les choses se sont déroulées… Nous sommes en train de voir que la délégation en tant que service donne l’exemple. » Quant à la tenue d’une grande Assemblée générale régionale de la Santé regroupant tous les intervenants du territoire, le délégué régional a tenu à préciser qu’il s’agissait d’un projet pour les prochaines semaines, nécessitant toutefois quelques démarches institutionnelles préalables : «
C’est un projet, nous devons intéresser M. le gouverneur et nous devons maintenant aussi requérir les orientations de M. le ministre pour la nouvelle région avant de pouvoir parler de façon un peu plus précise d’une période. Dès que nous les avons gérées, on pourra certainement y aller ».









