Shopping cart

Subtotal CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
  • Home
  • A LA UNE
  • Eaux usées et égouts à Yaoundé : 5 virus de gastro-entérite en circulation
A LA UNE

Eaux usées et égouts à Yaoundé : 5 virus de gastro-entérite en circulation

Email : 505

C’est ce que révèle une étude menée par le Centre de Recherche sur les Maladies Émergentes et Réémergentes (CREMER) et l’Institut de Recherches Médicales et d’Études des Plantes Médicinales (IMPM).

Une première étude scientifique en Afrique Centrale vient de jeter une lumière crue sur un danger sanitaire latent. Pendant toute l’année 2023, des échantillons d’eaux usées ont été méticuleusement prélevés dans des quartiers résidentiels, des marchés et un hôpital de Yaoundé. Les résultats, publiés dans la prestigieuse revue One Health, sont formels : la totalité des virus recherchés ont été détectés avec une fréquence inquiétante.

En tête de liste, l’Adénovirus, qui cause des gastro-entérites mais aussi des infections respiratoires et des conjonctivites, a été retrouvé dans près de 89 % des échantillons. « Cette étude est une sonnette d’alarme majeure. Elle confirme que nos eaux usées sont un réservoir critique de pathogènes dangereux », a déclaré le Professeur Ahidjo Ayouba, l’un des auteurs de l’étude. D’autres acteurs majeurs des affections digestives, comme le Rotavirus (détecté dans 68 % des échantillons) et le Norovirus, sont également bien présents.

Quand la pluie accentue le risque

L’étude ne se contente pas d’établir ce constat. Elle met également en évidence une corrélation troublante entre la présence de ces virus et les cycles climatiques de Yaoundé. D’une part, la saison des pluies semble jouer un rôle d’amplificateur dans la propagation de ces agents pathogènes. D’autre part, la haute prévalence de ces virus dans les eaux usées est une preuve accablante que l’eau pourrait être une voie de transmission majeure.

« L’abondance des précipitations lessive probablement les eaux usées et les déchets domestiques vers l’environnement, favorisant ainsi la transmission des norovirus et d’autres pathogènes dans les communautés », a souligné Dowbiss Djomsi-Meta, un autre chercheur impliqué. Par exemple, l’Adénovirus a atteint un pic de détection de 100 % durant la grande saison des pluies, tandis que les Rotavirus et Norovirus ont montré un pic de détection durant la petite saison des pluies.

La surprenante contamination des quartiers résidentiels

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce ne sont pas les hôpitaux mais les zones résidentielles très peuplées, comme Bonas et PAPOSY, qui affichent les niveaux de virus les plus élevés. Les chercheurs expliquent cette particularité par la forte densité de population conjuguée aux insuffisances d’assainissement. Ces facteurs créent un environnement propice à la circulation intensive des virus. « Ces pourcentages élevés témoignent d’une circulation virale intense au sein de la communauté, y compris chez des individus asymptomatiques qui contribuent malgré eux à la propagation », a expliqué le Dr. Marie Atsama-Amougou, co-auteure principale de l’étude.

A lire aussi: Hygiène intime de la femme : Dr Ronyl TEMFACK VOPE décrypte les pertes vaginales

Un appel urgent à l’action

Cette recherche s’appuie sur une approche scientifique innovante : l’épidémiologie basée sur les eaux usées. Déjà utilisée pour la surveillance de la COVID-19 ou de la poliomyélite dans d’autres pays, cette méthode permet de repérer les foyers d’infection émergents et de lancer des alertes sanitaires bien avant que les hôpitaux ne soient débordés.

L’IMPM lance un appel pressant aux autorités : « La balle est désormais dans le camp des pouvoirs publics pour transformer ces découvertes scientifiques en actions concrètes et salvatrices. » Face à l’absence criante de stations d’épuration à Yaoundé, il est impératif de renforcer la surveillance environnementale et d’intégrer ces données cruciales dans les politiques de santé publique. En agissant ainsi, le Cameroun pourrait améliorer considérablement sa capacité à prévenir et à gérer les épidémies, à renforcer son approche « Une Seule Santé » et, à terme, à réduire le fardeau des gastro-entérites sur les communautés.

E.S.N

 

Comments are closed

Articles similaires

📰 Dernière parution : Echos santé n°1390 du mardi 21 avril 2026

×