Le marché de Mvog-Ada, dans le 4e arrondissement de Yaoundé, est un centre névralgique de l’activité informelle, notamment pour l’abattage de poulets. Cependant, derrière cette activité économique vitale pour de nombreux jeunes, se cache une réalité sanitaire alarmante, menaçant la santé des consommateurs.
Le processus d’abattage, loin de respecter les normes d’hygiène les plus élémentaires, est une véritable porte ouverte aux contaminations. Après avoir été achetée, la volaille est conduite à l’abattoir, où elle est d’abord saignée, puis jetée dans de “morgues”, des fûts remplis d’eau sale. Elle est ensuite rincée dans une eau jaunâtre avant d’être déplumée sur des tables en bois. Ces surfaces de travail sont dans un état déplorable. Des plumes d’animaux précédents, des croûtes de sang et des excréments jonchent les tables et le sol. Un simple regard suffit pour comprendre que les poulets qui en sortent baignent dans un bouillon de microbes. De plus, l’environnement global de ces abattoirs informels est d’une insalubrité criante, témoignant d’un manque total d’entretien.
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Le dilemme de la précarité
Interrogés sur cette situation, les jeunes travailleurs invoquent souvent la précarité et le chômage comme causes de ce manque d’attention à l’hygiène. Il est indéniable que la débrouille et la survie économique sont au cœur de leurs motivations. Cependant, aucune excuse ne peut justifier la mise en danger de la santé de la population.
La question de la subsistance économique est légitime, mais la santé publique doit demeurer la priorité absolue. Il est impératif de trouver un équilibre entre le droit de ces jeunes à gagner leur vie et la nécessité de garantir que les produits consommés ne deviennent pas une source de maladie. Se débrouiller, oui, mais pas au détriment de l’hygiène et de la santé des consommateurs.
ZAMBO ZAMBO Stg















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