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Produits sanguins labiles : Le Cnts plaide pour l’harmonisation des prix

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Le Centre national de transfusion sanguine (Cnts) a organisé à Yaoundé un atelier de restitution des résultats de l’étude sur les coûts des produits sanguins labiles (Psl), présidé par le Pr. Dora Mbanya, Directeur Général.

Dans les couloirs des urgences, au quotidien, des mères en larmes, des garde-malades en sueur, cherchant désespérément un donneur compatible, des époux impuissants voyant leur conjoint s’éteindre faute de transfusion. Face à ces inégalités, le Centre national de transfusion sanguine (Cnts) a organisé à Yaoundé un atelier de restitution des résultats de l’étude sur les coûts des produits sanguins labiles (Psl). Présidée par le Directeur Général du Cnts, le Pr. Dora Mbanya, la rencontre a réuni des représentants du Minsanté, de la Direction de la Pharmacie, du Médicament et des Laboratoires (Dpml), des Formations sanitaires (Fosa) et des partenaires techniques. L’objectif affiché est clair : harmoniser les coûts des PSL sur l’ensemble du territoire pour garantir un accès équitable aux soins. L’étude répond à des défis majeurs, notamment la faible disponibilité des donneurs bénévoles, les contraintes logistiques et un financement insuffisant qui pèse lourdement sur la santé publique, en particulier en matière de décès maternels et néonataux.

Les résultats de cette étude ont permis d’estimer le coût moyen d’une poche de sang à environ 60 000 FCFA, avec des variations selon les produits. Le sang total est évalué à 58 981 FCFA, le concentré globulaire à 59 531 FCFA, le plasma frais

congelé à 60 957 FCFA et les plaquettes à 62 027 FCFA. Une extrapolation annuelle, selon les standards de l’Organisation mondiale de la santé (Oms), fixe la production cible à 400 000 poches, soit un budget d’environ 24 milliards FCFA. Face à ces chiffres, les participants ont formulé plusieurs recommandations, dont l’harmonisation des coûts, le développement d’un financement durable avec un plaidoyer ciblé pour les mères et enfants, la promotion du don volontaire et la conversion des donneurs de remplacement, ainsi que la formation du personnel soignant et l’intensification des collectes mobiles.

Les obstacles du terrain

Cependant, derrière cette volonté politique se heurtent aux réalités Complexes Du Terrain. Interrogé Sur Les Raisons Des Disparités De Prix Dans Les Formations Sanitaires, Tiock Epolle, personnel du Cnts, a apporté une clarification essentielle : « C’est parce que le processus de production des PSL varie d’une formation sanitaire à l’autre entraînant un coût de cession différent entre les hôpitaux. Je tiens par ailleurs à préciser que le Cnts ne fixe pas les coûts de cession des poches de sang. » Cette déclaration met en lumière un frein majeur à l’harmonisation : l’absence de centralisation des coûts de production et l’autonomie relative des hôpitaux dans la fixation des prix. Par ailleurs, la question des subventions publiques reste un point de blocage déterminant.

L’insuffisance des subventions se répercute directement sur le prix final des poches. Une comparaison avec le Bénin est éclairante : dans ce pays, le prix est plafonné à 2 000 FCFA, et les malades ne sont pas tenus de présenter des donneurs, le don de sang y étant considéré comme un acte citoyen. Au Cameroun, en revanche, le prix oscille entre 18 000 et 45 000 FCFA selon les situations d’urgence, et la pratique du don de remplacement demeure courante. Comme l’a souligné le Pr. Claude Tayou, Directeur médico technique au Cnts, la gestion du sang repose sur deux piliers indissociables : la disponibilité et la qualité.

Le sang ne s’achète pas en pharmacie et ne se fabrique pas en usine. Il a tenu à clarifier que la facture présentée aux patients, qui peut varier entre 12 000 et 50 000 FCFA, ne correspond en aucun cas à un prix du sang. Elle couvre uniquement les frais liés aux tests de dépistage des infections, aux analyses de compatibilité et aux contrôles sanitaires rigoureux. Si la volonté d’harmonisation est bien présente, le chemin vers un prix unique des PSL au Cameroun reste semé d’embûches, tiraillé entre la nécessité de couvrir les coûts réels de production et l’impératif d’offrir un accès équitable aux soins pour tous les citoyens.

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Elvis Serges NSA'A DJOUFFO TALLA

Rédacteur en Chef Adjoint

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