À l’occasion de la journée mondiale contre les hépatites, l’Hôpital Général de Garoua(HGG) a organisé, le mercredi 29 juillet 2026, un symposium scientifique placé sous le thème : « Agir ensemble pour éliminer les hépatites virales à l’horizon 2030 ». Cette activité s’est déroulée sous la modération du Pr Hamadou Bâ, Directeur Général de l’institution sanitaire.
L’auditorium de l’Hôpital Général de Garoua a servi de cadre, ce mercredi 29 juillet 2026, à un important symposium scientifique consacré à la lutte contre les hépatites virales. Cette rencontre, qui a réuni le personnel de santé de l’hôpital ainsi que plusieurs spécialistes, s’inscrivait dans le prolongement des activités organisées à l’occasion de la journée mondiale contre les hépatites. Placé sous le thème « Agir ensemble pour éliminer les hépatites virales à l’horizon 2030 », le symposium a été modéré par le Professeur Hamadou Bâ, Directeur Général de l’Hôpital Général de Garoua.
En ouvrant les travaux, le Pr Hamadou Bâ a rappelé que cette rencontre scientifique venait clôturer une vaste campagne de sensibilisation et de dépistage gratuit des hépatites B et C, accompagnée d’une offre de vaccination à coût réduit. Durant plusieurs jours, les équipes médicales se sont mobilisées pour informer les populations sur ces maladies silencieuses, mais aux conséquences redoutables lorsqu’elles ne sont ni diagnostiquées ni traitées à temps.
La première communication a été présentée par le Dr Njoya Charifa, hépato-gastro-entérologue à l’Hôpital Général de Garoua. S’appuyant sur les résultats d’une étude menée au sein de l’institution, elle s’est intéressée aux connaissances et
aux comportements du personnel soignant face aux hépatites virales. Son analyse révèle que les professionnels de santé, en raison de leur exposition quotidienne aux produits sanguins et aux liquides biologiques, constituent une catégorie particulièrement vulnérable. Elle a recommandé que chaque personnel de santé connaisse son statut sérologique et bénéficie d’une vaccination complète afin de réduire les risques de contamination professionnelle.
Le Dr Galdima Mohamadou, également hépato-gastro-entérologue, a ensuite dressé un tableau épidémiologique des hépatites B et C au Cameroun et dans la région du Nord. Il a indiqué que la prévalence nationale de l’hépatite B avoisine 11 %, tandis que la prévalence combinée des hépatites B et C dans la région du Nord est estimée autour de 4 %. Malgré ces chiffres, les défis restent nombreux. Parmi eux figurent la méconnaissance des modes de transmission dans les communautés, notamment rurales, le coût encore élevé de la prise en charge pour de nombreux patients ainsi que la faible opérationnalisation des centres agréés de traitement dans la région. Pour le spécialiste, un renforcement des actions de prévention, du dépistage précoce et de l’accès aux soins demeure indispensable.
La prévention de la transmission mère-enfant a constitué un autre temps fort du symposium. Le Dr Yaya Alhmadou, gynécologue-obstétricien, a démontré que l’hépatite B est régulièrement diagnostiquée chez les femmes enceintes. Au-delà des considérations médicales, les participants ont également abordé les dimensions psychologiques et sociales de la maladie. Le Dr Sidi Cédric, psychiatre à l’Hôpital Général de Garoua, a insisté sur l’importance d’un accompagnement psychosocial des personnes vivant avec une hépatite virale. Il a expliqué que la maladie reste encore fortement associée à la honte, entraînant souvent rejet, isolement et stigmatisation. Dans ce contexte, un soutien psychologique adapté favorise l’adhésion au traitement, améliore la qualité de vie des patients et contribue à leur réinsertion sociale.
La dernière communication a été assurée par le Dr Tanisso Eugénie, point focal régional de lutte contre les hépatites virales dans le Nord. Elle a présenté un état des lieux de la riposte régionale ainsi que les principales stratégies envisagées pour atteindre l’objectif d’élimination des hépatites à l’horizon 2030. Si la situation demeure préoccupante, elle a néanmoins salué les efforts engagés par les pouvoirs publics. Parmi les avancées majeures figure l’introduction du vaccin contre l’hépatite B dans le Programme élargi de vaccination des enfants, une mesure qui contribue déjà à réduire la transmission de la maladie. Elle a également rappelé que le plaidoyer se poursuit afin que la prise en charge des hépatites virales soit intégrée au panier de soins de la couverture santé universelle, ce qui permettrait d’alléger le
coût des traitements pour les patients.
Les échanges qui ont suivi les différentes présentations, sous la modération du Pr Hamadou Bâ, ont permis aux participants d’obtenir des éclaircissements sur les défis scientifiques, médicaux et organisationnels liés à la lutte contre les hépatites.
Réaction
« Nous sommes à près de 500 personnes dépistées »

Il était question pour nous de pouvoir continuer l’information et la sensibilisation auprès de la population en général, mais aussi du personnel médical qui se trouve être en première ligne pour la prévention contre les hépatites virales quand on sait qu’ils sont souvent exposés aux différents liquides biologiques et quand on sait qu’ils sont en contact avec ces patients-là, dont- ils ont la charge. Nous avons eu cinq présentations aujourd’hui. Deux présentations par des hépato-gastro-entérologues, une présentation par le gynécologue, une autre par le psychiatre et enfin la dernière présentation par le point focal des hépatites virales pour la région du Nord. Il était question ici pour nous, de pouvoir situer le contexte. Nous avons essayé de ressortir les différents chiffres propres au Cameroun, particulièrement au Nord et dans la ville de Garoua, concernant les hépatites virales B et C. Il était question pour nous d’éduquer et de donner les différentes informations quant à la transmission de la mère-enfant du virus de l’hépatite B quand on sait que ce sont ces enfants-là nés de mères porteuses du virus de l’hépatite B, si rien n’est fait, qui seront porteurs des virus plus tard. Et enfin, il ne faut pas oublier l’aspect psychosocial, parce qu’il faut dire que c’est une maladie qui est souvent stigmatisant. Parfois certains pensent qu’ils ne peuvent pas manger avec d’autres, d’autres pensent que la vie est finie, je ne peux pas me marier, je ne peux pas avoir d’enfants.
Il était important de pouvoir avoir l’avis du psychiatre qui est venu rassurer les uns et les autres quant à cette maladie-là, qui n’est pas stigmatisant et avec laquelle on peut vivre aisément. Le point focal des hépatites virales pour la région du Nord est venu nous parler brièvement de toutes les stratégies qui ont déjà été mises en place dans la région par rapport à la lutte contre les hépatites virales.
Le bilan, en gros, est très positif, parce que nous avons eu une mobilisation importante de la population. Pour vous dire, aujourd’hui, nous sommes à près de 500 personnes dépistées. Pour la marche, également, nous avions eu une bonne participation du personnel et de la population. Les gens sont beaucoup plus curieux, beaucoup plus soucieux de connaître leur statut, raison pour laquelle ils sont venus très nombreux.














