Elisabeth Dibongué, administratrice principale de santé publique, est une figure montante dans le paysage sanitaire camerounais. Forte d’une carrière dédiée à la gestion des crises sanitaires et à la promotion d’une approche intégrée de la santé, elle se distingue par son leadership et son engagement pour l’équité des genres. Un engagement qui se matérialise par le lancement de l’association WOHSDI (Women in One Health and Sustainable Development Initiative), une initiative novatrice qui vise à renforcer le rôle des femmes dans les sphères de décision.
Formée par la prestigieuse École nationale d’administration et de magistrature (ENAM), Elisabeth Dibongué a fait de la gestion des urgences sanitaires sa spécialité. Elle est actuellement secrétaire permanente adjointe du Programme national de prévention et de lutte contre les zoonoses émergentes et réémergentes, une structure multisectorielle créée en 2014 pour renforcer la coordination et la communication entre les différents secteurs de la santé. Dans le cadre de ses fonctions, elle apporte son expertise en “One Health”, une approche qui reconnaît l’interdépendance de la santé humaine, animale et environnementale. Au quotidien, son rôle consiste à renforcer la collaboration entre les acteurs de ces différentes sphères, afin de mieux anticiper et traiter les problématiques sanitaires complexes.
L’approche “One Health” : des réalisations concrètes
Le travail d’Elisabeth Dibongué au sein du Programme national de prévention et de lutte contre les zoonoses a déjà porté ses fruits. Elle est fière d’avoir contribué à des réalisations majeures : Un plan d’action national : Le programme a finalisé et validé le plan d’action national “Une seule santé” pour la période 2024-2028. Ce document sert de feuille de route pour la mise en œuvre de cette approche au Cameroun. Une stratégie de communication : Suite à une enquête comportementale, une stratégie de communication pour le changement social et comportemental a été élaborée. Cette stratégie a permis de mener 12 campagnes de sensibilisation de masse à travers le pays.
Un système de veille : Un système de suivi des rumeurs et des événements de santé publique a été conçu pour renforcer la détection précoce et la gestion des crises, une leçon tirée de l’épisode du COVID-19. Le renforcement des capacités : Plus de 250 acteurs de santé ont été formés à l’approche “Une seule santé”, en mettant l’accent sur la sécurité sanitaire des aliments et l’intégration de l’approche genre. Un système d’information intégré : Un projet est en cours pour créer le “Cameroon One Health Information System”, une plateforme qui collectera des informations des secteurs humain, animal et environnemental pour faciliter la prise de décision.
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WOHSDI : un plaidoyer pour le leadership féminin
En lançant WOHSDI (Women in One Health and Sustainable Development Initiative), Elisabeth Dibongué a souhaité répondre à une réalité souvent ignorée : la sous-représentation des femmes aux postes de décision dans le secteur de la santé. Bien qu’elles représentent 70 % de la main-d’œuvre, moins de 25 % d’entre elles occupent des postes de direction. « Nos systèmes de santé sont fournis par des femmes, mais dirigés par des hommes », a-t-elle souligné, citant l’OMS. WOHSDI se donne pour mission de promouvoir l’implication effective des femmes et des groupes vulnérables dans les initiatives “One Health”, car selon Mme Dibongué, une approche qui intègre l’équité des genres a plus de chances d’être durable et efficace. L’association, qui se veut une “communauté de convictions”, vise à donner aux femmes l’influence qu’elles méritent sur les politiques et les stratégies de santé.
Elvis Serge NSAA















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