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Hépatite virale : Le traitement à 100 000 FCFA devient gratuit

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Par une lettre circulaire datée du 20 juillet 2026, le ministère de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, annonce la gratuité du protocole Sofosbuvir/Daclatasvir 400/60 mg, boîte de 28 comprimés, lots № 230699/230701, jusqu’au 30 septembre 2026.

Il y a encore quelques années, se soigner contre l’hépatite C au Cameroun relevait du chemin de croix. Une seule cure de traitement coûtait alors plus de 15 millions de francs CFA, un montant prohibitif dans un pays où le salaire minimum avoisine les 43 969 francs CFA. Aujourd’hui, un vent de soulagement traverse les formations sanitaires. Par une lettre circulaire datée du 20 juillet 2026, le ministère de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, annonce la gratuité du protocole Sofosbuvir/Daclatasvir 400/60 mg, boîte de 28 comprimés, lots № 230699/230701, jusqu’au 30 septembre 2026. Cette gratuité s’inscrit dans une stratégie plus vaste définie par le ministère de la Santé publique. Les objectifs fixés par le patron de la santé sont clairs : la connaissance du statut sérologique par 90 % des patients, la mise sous traitement de 90 % des patients dépistés positifs, et une réduction de 65 % du taux de mortalité lié aux hépatites. Le plan stratégique national vise à intégrer la lutte contre les hépatites dans d’autres programmes de santé publique et à renforcer l’accès universel aux services de prévention et de traitement.

Cette décision s’inscrit dans le cadre du mois camerounais de lutte contre les hépatites virales. Elle n’est d’ailleurs pas une première. En octobre 2023, le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, avait déjà annoncé une « mesure spéciale du Chef de l’État » instaurant la gratuité de ce même traitement. « Une mesure spéciale du Chef de l’État », précisait alors le patron de la santé dans un communiqué publié le 18 octobre 2023. Près de trois ans plus tard, le gouvernement réitère son engagement et prolonge cette faveur aux populations, dans l’espoir de toucher un plus grand nombre de malades.

Un fardeau épidémiologique lourd

Pour comprendre l’importance de cette mesure, il faut d’abord mesurer l’ampleur de la maladie au Cameroun. Les données disponibles, rappelées par le ministre lors de la Journée mondiale de lutte contre les hépatites en 2024, sont éloquentes. L’hépatite B touche 11,2 % de la population, avec des disparités régionales marquées, notamment dans l’Extrême-Nord où la prévalence atteint 17,7 %. L’hépatite C affecte quant à elle 1,3 % de la population générale, tandis que la prévalence de l’hépatite D parmi les personnes infectées par l’hépatite B est de 10,5 %. Le Dr Rose Armelle Ada, chef du service de la lutte contre les hépatites au ministère de la Santé publique : « C’est une décision ponctuelle du ministre de la Santé en lien avec la célébration du mois des hépatites virales. C’est une fleur aux populations

camerounaises. Les uns et les autres pourront avoir droit au traitement. »

Un coût longtemps prohibitif

Le Professeur Kowo Mathurin Pierre, hépato-gastroentérologue au CHU de Yaoundé, premier centre de traitement agréé des hépatites au Cameroun, connaît bien les difficultés financières auxquelles ses patients sont confrontés. « L’hépatite est asymptomatique dans près de 98 % des cas. Lorsqu’elle se manifeste, c’est déjà trop tard : le patient est au stade de cirrhose ou de cancer du foie. À ce moment, même si l’on neutralise le virus, la complication évolue pour son propre compte et peut entraîner la mort », prévient-il. Le CHU suit en moyenne 500 à 1 000 patients par an pour l’hépatite B ou C. En rendant gratuit le protocole Sofosbuvir/Daclatasvir, le Cameroun franchit un pas décisif vers l’élimination de l’hépatite C, conformément aux objectifs de l’Organisation mondiale de la santé pour 2030. Cette décision, saluée par l’ensemble des acteurs de la santé publique, témoigne d’une volonté politique affirmée de placer l’accès aux soins au cœur des priorités nationales. Reste désormais à transformer cette opportunité en réalité pour tous les Camerounais vivant avec le virus, en intensifiant le dépistage et en levant les dernières barrières qui entravent encore l’accès aux soins.






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Elvis Serge NSAA DJOUFFO TALLA est un journaliste camerounais spécialisé en santé et enquêtes de terrain, actuellement rédacteur en chef adjoint au groupe Echos-Santé. Lauréat de plusieurs prix nationaux pour ses reportages sur la tuberculose et le VIH, il allie rigueur factuelle et engagement pour les droits humains, notamment à travers des enquêtes sur l’accaparement des terres, la mortalité minière ou l’accès aux soins. Sa démarche s’appuie sur une expertise vérifiée, renforcée par une formation en vérification des faits et un engagement continu pour un journalisme porteur de changement social.

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