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INSIDE HOSPITAL

Hépatites : Biyem-Assi dépiste déjà plus de 150 personnes

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Dès le premier jour de la campagne, l’Hôpital de district de Biyem-Assi a dépisté plus de 150 personnes, un chiffre au-delà des prévisions. Plusieurs cas d’hépatite B ont déjà été détectés.

L’engouement est au rendez-vous à l’Hôpital de district de Biyem-Assi. Lancée dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale contre les hépatites, la campagne de dépistage gratuit des hépatites B et C a enregistré plus de 150 personnes dès sa première journée d’activités, un chiffre supérieur aux prévisions des organisateurs. Pour le Dr Minyem Fils Emmanuel, directeur de l’Hôpital de district de Biyem-Assi, cette mobilisation témoigne d’un besoin réel des populations de connaître leur statut sérologique.

« Nous sommes déjà à plus de 150 personnes dépistées. Cela va un peu au-delà de ce que nous avions espéré », se réjouit le directeur de l’établissement. Les projections tablaient sur une centaine de bénéficiaires pour cette première journée. Ce résultat encourage les équipes médicales qui y voient une preuve que les actions de sensibilisation portent progressivement leurs fruits.

Organisée jusqu’au 31 juillet, cette campagne s’inscrit dans les orientations du ministère de la Santé publique en matière de promotion de la santé, de prévention et de lutte contre les hépatites virales. En plus du dépistage gratuit, l’hôpital offre des consultations en gastroentérologie aux personnes souhaitant évaluer leur état de santé hépatique. Les patients nécessitant des examens complémentaires bénéficient également d’une réduction de 30 % sur les examens de laboratoire et d’imagerie médicale prescrits.

Les bénéficiaires proviennent de plusieurs tranches d’âge. Le plus jeune patient dépisté est âgé de huit ans, tandis que le plus âgé a 77 ans. Toutefois, la plus forte affluence est observée chez les personnes de 35 ans et plus, une catégorie particulièrement concernée par les complications liées aux hépatites chroniques.

Cette forte mobilisation n’a, pour l’heure, entraîné aucune difficulté d’organisation. Selon le Dr Minyem Fils Emmanuel, plusieurs réunions préparatoires et des simulations ont permis de fluidifier le parcours des patients. « Nous avons suffisamment rôdé le circuit pour pouvoir accueillir beaucoup de personnes dans un temps limité. Les personnes sont plutôt satisfaites et il n’y a pas d’engorgement », explique-t-il.

Les premiers résultats du dépistage révèlent déjà plusieurs cas positifs d’hépatite B. Aucun cas d’hépatite C n’avait en revanche été détecté au moment de ce premier bilan. Une situation qui, selon le directeur de l’Hôpital, reflète la réalité épidémiologique du pays. Il rappelle que la prévalence de l’hépatite B au Cameroun est estimée à 11,2 %, contre 1,3 % pour l’hépatite C.

Au regard de la fréquentation observée dès le premier jour, les objectifs pourraient être revus à la hausse. Si les organisateurs espéraient initialement atteindre environ

500 personnes dépistées au terme de la campagne, ils envisagent désormais de dépasser les 700 bénéficiaires avant la clôture de l’opération.

Le directeur de l’Hôpital de district de Biyem-Assi a enfin profité de cette campagne pour rappeler que, grâce au leadership du Dr Manaouda Malachie, Ministre de la Santé Publique, de grands progrès ont été réalisés dans l’accès aux traitements contre les hépatites. Selon lui, les médicaments contre l’hépatite B sont aujourd’hui disponibles dans les centres agréés pour un coût mensuel compris entre 2 000 et 3 000 F CFA, contre des montants beaucoup plus élevés il y a quelques années. Quant à l’hépatite C, un traitement d’environ 300 000 F CFA sur trois mois permet désormais d’obtenir des résultats thérapeutiques très encourageants. Pour les responsables de l’établissement, ces avancées, associées au dépistage précoce, constituent des leviers essentiels pour réduire durablement le poids des hépatites virales au Cameroun.

Réactions

« Chaque échantillon suit un circuit rigoureux pour garantir la fiabilité du résultat. »

Dr SOUORE Jessica, médecin biologiste à l’Hôpital de district de Biyemassi

Chaque échantillon suit un circuit rigoureux pour garantir la fiabilité du résultat. Dès l’arrivée du patient, nous procédons à son enregistrement avec toutes les informations nécessaires, avant d’identifier les tubes de prélèvement afin d’assurer une parfaite traçabilité. Après le prélèvement, les échantillons sont acheminés au laboratoire où un premier contrôle est effectué pour vérifier la concordance entre les fiches des patients et les tubes.

Une fois cette étape validée, les échantillons sont orientés vers la paillasse de sérologie. Ils sont centrifugés afin d’obtenir le sérum, qui constitue le matériel biologique utilisé pour le dépistage des hépatites virales B et C, ainsi que du VIH lorsque cet examen est demandé. Les résultats sont ensuite retranscrits, validés et transmis au gastro-entérologue, qui les remet directement au patient.

Pour assurer la fluidité de cette campagne, huit personnes ont été mobilisées, réparties entre l’enregistrement, le prélèvement, les analyses techniques et la validation des résultats. Cette organisation nous permet de traiter les échantillons dans des conditions optimales tout en garantissant la qualité et la fiabilité des analyses.

« J’invite la population de Yaoundé à venir se faire dépister, car le dépistage est gratuit. »

POKEM KENFACK Elvira, participante au dépistage

Je suis délégué médical stagiaire. En arrivant à l’hôpital de Biyemassi pour mon travail, j’ai constaté qu’une campagne de dépistage des hépatites était en cours. Je me suis dit : pourquoi ne pas me rassurer que je suis en bonne santé, donc voilà c’est ce qui m’a amené ici aujourd’hui. J’invite la population de Yaoundé à venir se faire dépister, car le dépistage est gratuit. C’est une opportunité pour chacun de connaître son statut vis-à-vis des hépatites et, si nécessaire, de bénéficier d’une prise en charge précoce.

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Zanga Ornéla, journaliste dans le groupe Echos Santé, Licence professionnelle en sciences et techniques de l’information et de la communication à l’ESSTIC. Écris et parle parfaitement le français et l’anglais.

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