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Adamaoua : Des comportements à risque qui fragilisent les nourrissons

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La semaine mondiale de l’allaitement maternel s’est célébrée du 1er au 07 août dernier sous le thème, ‘’L’allaitement maternel pour un départ durable dans la vie’’. Dans l’Adamaoua, malgré les efforts déployés par le personnel médical, des considérations culturelles persistent, représentant un véritable danger pour la vie du bébé.

Dans la région de l’Adamaoua, les recommandations internationales en matière d’allaitement maternel peinent à s’imposer. Malgré les messages relayés par les services de santé, nombreuses sont les mères qui introduisent précocement l’allaitement mixte eau, tisanes, bouillie ou lait industriel alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande l’allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois de vie. Ces pratiques, selon le personnel de santé, augmentent la vulnérabilité des nourrissons face aux infections et compromettent leur croissance.

Plusieurs raisons sont évoquées, croyances culturelles, pressions familiales, manque d’information claire, retour précoce au travail ou à l’activité agricole, et parfois la conviction que le lait maternel seul « ne suffit pas ». Dans plusieurs villages, introduire de l’eau ou des aliments avant six mois est perçu comme une normalité. Or ces liquides et aliments exposent l’enfant à des agents pathogènes, diarrhées, infections respiratoires qui restent des causes majeures de morbidité et de mortalité infantile. « Si on refuse ou on retarde, il faut s’attendre à des conséquences qui sont le retard de la montée laiteuse. On voit s’il y a des femmes qui vont faire une semaine sans avoir de lait pour l’enfant et si cet enfant n’est pas allaité, il y a cette hypoglycémie qui peut s’installer et peut-être même la mort du nourrisson, du nouveau-né », explique Hadja Madjio, point focal nutrition et allaitement à la délégation régionale de la santé publique de l’Adamaoua, lors d’une interview accordée à nos confrères de la Crtv, station régionale de l’Adamaoua.

Dans bien des communautés de la région, certaines mères extraient puis jettent le

premier lait, le colostrum, le jugeant sale ou nocif. Pour le personnel médical, le colostrum est au contraire précieux, car riche en anticorps et nutriments, il joue un rôle de « premier vaccin » naturel qui protège le nouveau-né pendant ses premières semaines de vie. Le priver de ce lait augmente le risque d’infections et entrave l’établissement d’une bonne lactation, insiste Hadja Madjio.

Les structures sanitaires de la région multiplient les séances de sensibilisation, les consultations prénatales et les groupes de soutien à l’allaitement. Dans les foyers, faute d’un travail de proximité suffisamment soutenu et de relais communautaires formés, le message peine passer. Les solutions proposées par les acteurs de santé incluent la formation des matrones et chefs traditionnels, des campagnes d’éducation ciblant les pères et grands-parents, et des espaces d’allaitement adaptés pour les mères travailleuses.

Pour protéger la santé des nourrissons, il est indispensable d’allier respect des cultures et pédagogie, valoriser les pratiques bénéfiques, don du colostrum, allaitement exclusif jusqu’à six mois et fournir des alternatives concrètes pour les mères contraintes par le travail. Sans renforcement des actions communautaires et un engagement politique soutenu, les enfants de l’Adamaoua resteront exposés à des risques évitables dès leurs premiers jours. D’où la multiplication des activités des sensibilisations sur le bien-fondé de l’allaitement maternel exclusif pendant les 6 premiers mois de vie de l’enfant et même jusqu’à deux ans.

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Jean Besane Mangam qui cumule plus de 5 ans d’expérience. Titulaire d’un Master en Histoire et d’un certificat en documentation et archivistique, et correspondant de Echos Santé dans l’Adamaoua depuis 2020. Il a à son actif plusieurs certifiants en journalisme et le fact-checking dont Africa Fact Checking fellowship, Desinfox Afrique Cameroun, Code for Africa et Internews (vaccins et grands singes). Boursier de la Thomson Reuters Foundation / Fonds Mondial, Dakar 2024 mais aussi lauréat de plusieurs prix, Banque Mondiale en 2018, CDC/ Épicentre/CCOUSP en 2021 et Victoria International Media Merit Award en 2022.

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