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Hôpital Central de Yaoundé : Le café éthique « démystifie » la nouvelle loi sur le don d’organes

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Le 30 juillet dernier, le Pr Pierre ONGOLO ZOGO, directeur de l’hôpital central de Yaoundé, a organisé un Café éthique sur les considérations éthiques de la loi relative au don, au prélèvement et a la greffe de matériel biologique humain au Cameroun, avec l’expertise du Dr Basile Ngono, bioéthicien.

L’événement avait pour but de sensibiliser le personnel soignant de cet établissement de 2 catégorie aux conditions du consentement éclairé, aux règles de traçabilité et de sécurité des prélèvements, ainsi qu’aux critères de sélection des établissements et des professionnels autorisés à opérer.

Cette régulation est jugée indispensable pour prévenir les dérives, notamment le trafic d’organes, et pour garantir que ces pratiques se déroulent dans le respect des principes éthiques fondamentaux. 

Tel un chirurgien opérant avec une précision infaillible, le Dr Basile Ngono a disséqué les subtilités éthiques de cette législation complexe. Plongeant dans le sujet comme un poisson dans l’eau, il a su rendre accessibles des concepts souvent ardus, permettant au personnel soignant de cette institution sanitaire de deuxième catégorie de s’abreuver à la source d’informations fiables. Grâce à ses explications claires et détaillées, de nombreuses inquiétudes et interrogations du personnel ont été dissipées, notamment la fausse idée que les prélèvements d’organes se feraient à la morgue. Le Dr Ngono a rappelé qu’ils ont lieu exclusivement dans les centres de réanimation, en cas de mort cérébrale. Il a également abordé la question du don intra-familial, soulignant que la procédure est strictement encadrée par la présence du médecin, du conjoint et d’un ascendant, garantissant ainsi le respect des règles de l’art.

Considérations éthiques de la loi relative au don, au prélèvement et a la greffe de matériel biologique humain au Cameroun.

Le Pr Pierre ONGOLO ZOGO a enrichi les discussions en apportant sa précieuse expertise, détaillant avec précision les implications de cette loi vitale. Les échanges dynamiques qui ont suivi entre les panélistes et le Directeur de l’Hôpital Central ont permis d’apporter des réponses concrètes et rassurantes aux préoccupations exprimées par le personnel de santé présent.

Une loi ambitieuse pour un cadre éthique renforcé

Cette nouvelle loi, promulgué par le président de la république, Paul Biya, le 15 juillet 2025 est un texte aussi ambitieux que sensible. Structurée en 55 articles répartis en 9 chapitres, elle vise à encadrer de manière rigoureuse mais profondément humaine le processus de don de tissus, de cellules et d’organes d’origine humaine. Le gouvernement camerounais entend ainsi doter le pays d’un cadre juridique clair, éthique et respectueux de la dignité humaine, répondant aux exigences modernes de sécurité, de traçabilité et d’accessibilité.

Selon le Pr Pierre ONGOLO ZOGO, Directeur de l’Hôpital Central de Yaoundé, le texte insiste particulièrement sur le consentement libre et éclairé des donneurs, le temps requis pour obtenir ce consentement, la sécurisation et l’encodage des cellules dans les processus d’autorisation, ou encore les conditions de délivrance des agréments aux centres de transplantation. Les sénateurs ont aussi examiné de près les mécanismes de contrôle, les garde-fous contre la commercialisation illicite et les moyens de promouvoir le don volontaire.

La salle de conférences Laurence Vergne de l’hôpital central de Yaoundé.

Cameroun a fait le choix de la solidarité face aux dérives internationales

Le Dr Ngono a par ailleurs mis en lumière les dérives observées ailleurs dans le monde, citant la vente d’organes pour des sommes considérables allant de 80 000 à 100 000 dollars en Iran, ou les prélèvements sur des condamnés à mort en Chine (environ 10 000 par an). Face à ces pratiques, le Cameroun a résolument fait le choix de la solidarité, en optant pour le don gratuit et désintéressé. C’est pourquoi la loi prévoit des sanctions pécuniaires et même pénales sévères pour prévenir toute marchandisation de l’humain et éviter toute dérive. Avant cette loi, quatre-vingt-huit personnes avaient déjà bénéficié d’un don, soulignant l’urgence de ce cadre légal éthique et transparent.

L’événement, qui s’est déroulé dans une atmosphère de convivialité et de dialogue ouvert, a non seulement renforcé la compréhension des professionnels de la santé, mais a également réaffirmé l’engagement du CDBPSH Cameroun et de l’Hôpital Central de Yaoundé à promouvoir des pratiques éthiques et transparentes dans un domaine aussi crucial que le don et la greffe d’organes. Cette initiative marque un pas significatif vers une meilleure prise en charge de la santé publique au Cameroun et la protection de la dignité humaine.

Elvis Serge NSAA

 

 

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« Voici les recommandations clés pour la loi sur le don d’organes au Cameroun »

Dr Basile NGONO, éthicien, bioéthicien, socio-anthropologue et théologien.

En tant que spécialiste en bioéthique, plusieurs recommandations peuvent être formulées pour assurer le succès de la loi sur don, le prélèvement et la greffe de matériel biologique humain : créer un espace de dialogue constant : Il est crucial de maintenir un espace de dialogue ouvert concernant les textes d’application de la loi. La présence des représentants de la DROS (Division de la Recherche Opérationnelle en Santé) est un excellent exemple de cette nécessité, car ils sont directement concernés et porteurs de préoccupations importantes.

Mettre en Place un Véritable Comité National d’Éthique : Il est impératif d’établir un Comité National d’Éthique doté de compétences diversifiées et de moyens adéquats. Actuellement, le comité national d’éthique de la recherche, dont je suis membre, fonctionne sur la base du bénévolat, ce qui limite considérablement sa capacité d’action. Un comité national d’éthique efficace doit être une véritable architecture, à l’image de la Commission Nationale des Droits de l’Homme, nécessitant des ressources financières et humaines conséquentes.

A lire aussi: Gestion des urgences de santé publique : Quand la communauté devient le bouclier ultime face aux pandémies

Nomination Basée sur les Compétences : Les membres de ce comité devraient être nommés en fonction de leurs compétences avérées, et non par simple appel à candidatures. Il serait essentiel d’y inclure des représentants de diverses mouvances, comme les communautés islamiques et chrétiennes, pour garantir une approche inclusive et représentative des valeurs sociétales.

Implication de l’État : L’État, en tant que garant de l’éthique et promoteur de la régulation, doit jouer un rôle central dans la création et le soutien de cette instance. Le premier président camerounais, qui dès septembre 2009 aux Nations Unies, avait plaidé pour la création d’un organe éthique mondial afin de réguler les conflits, a montré la voie. Il est temps d’appliquer cette vision au niveau national. Dans notre pays, le don d’organes est un domaine qui, s’il n’est pas bien régulé, risque de devenir source de conflits. Un cadre éthique solide est donc essentiel pour sa bonne pratique.

Propos recueillis par Elvis Serge NSAA

 

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