Bien qu’elle touche environ 30 % de la population adulte, elle reste sous-diagnostiquée et mal contrôlée, particulièrement dans les régions aux ressources limitées.
Si les études ciblées sur l’Ouest du Cameroun sont encore rares, des statistiques alarmantes suggèrent que la prévalence y est particulièrement élevée, surtout en zone urbaine. Selon le Dr Ngongang Ouankou Christian, cardiologue au CHU de Yaoundé, “dans la population de 50 ans et plus, 9/10 seraient hypertendus”. L’hypertension artérielle (HTA) est une maladie multifactorielle, et ses causes peuvent être réparties en deux grandes catégories. D’une part, on trouve les facteurs non modifiables. L’hypertension essentielle, qui représente 95 % des cas, est souvent liée à l’hérédité ou à des prédispositions génétiques. De plus, l’HTA peut aussi découler d’anomalies rénales ou endocriniennes. D’autre part, il existe des facteurs modifiables, qui sont directement liés au mode de vie. Une alimentation trop riche en sel est une cause majeure, car elle provoque une rétention d’eau et, par conséquent, une augmentation du volume sanguin, ce qui élève la pression artérielle. Aussi, des comportements comme la consommation excessive d’alcool, le stress, la sédentarité et l’obésité augmentent considérablement le risque de développer une HTA.
Dépistage et diagnostic : l’importance de la vigilance
L’hypertension étant souvent asymptomatique, l’absence de signes évidents renforce l’importance de la mesure régulière de la pression artérielle, surtout pour les personnes à risque. Cependant, quelques signes peuvent alerter, tels que des maux de tête matinaux, des troubles visuels, des saignements de nez fréquents, des vertiges ou des bourdonnements d’oreille.
Le dépistage repose sur la mesure de la pression artérielle à l’aide d’un tensiomètre. Pour confirmer un diagnostic, il faut que la pression systolique dépasse 14 et la pression diastolique dépasse 9 sur plusieurs mesures, effectuées idéalement au repos, lors de trois consultations successives sur une période de 3 à 6 mois. En effet, cela permet de s’assurer qu’il ne s’agit pas d’une simple élévation temporaire due au stress.
Prévention et prise en charge : des mesures hygiéno-diététiques essentielles
La prévention et le traitement de l’HTA reposent avant tout sur de saines habitudes de vie. Il est essentiel de réduire la consommation de sel, en évitant les aliments transformés riches en sodium, et de cuisiner soi-même ses repas. La pratique régulière d’une activité sportive, à raison d’au moins 30 minutes par jour, 5 fois par semaine, est également indispensable pour normaliser son poids. La prise en charge médicale, qui peut inclure un traitement médicamenteux, vise à faire baisser la pression artérielle en dessous de 14/9. Un traitement efficace permet de “diminuer le risque d’AVC et celui de maladie cardiaque.” Ainsi, le médicament n’est pas une contrainte, mais un outil pour “vivre le plus longtemps possible”.
Adèle BITGA















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