Après la décision prise par la Confédération africaine de football d’augmenter de 12 à 16 le nombre d’équipes participant à la CAN, le Cameroun obtient son ticket de qualification pour la CAN de la catégorie prévue l’année prochaine. Cependant l’état de forme physique et mental des coéquipières de Gabrielle Aboudi Onguene inquiète.
La nouvelle est tombée du Caire comme un coup de théâtre : les Lionnes indomptables du Cameroun sont repêchées pour la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) féminine 2026. L’élargissement inattendu de la compétition de 12 à 16 équipes par la Confédération africaine de football (CAF), et l’attribution des places supplémentaires selon le classement mondial féminin de la FIFA (66ᵉ rang pour le Cameroun), ont transformé la défaite amère contre l’Algérie en une qualification “par la fenêtre”. Ce salut administratif a stoppé net l’ombre d’une deuxième absence consécutive à la CAN, une humiliation historique pour une nation quatre fois finaliste. Le soulagement est immense, mais il ne doit en aucun cas occulter la gravité de la crise sportive.
La fébrilité physique et mentale au cœur du problème
Comme le souligne l’analyste sportif Pinon Ongbwa, la principale défaillance réside dans la “fébrilité physique et mentale chez ces joueuses”. L’incapacité à “tenir sous pression” et le “relâchement” immédiat après un but encaissé révèlent un déficit qui dépasse la simple tactique. Le double échec en qualification (CAN 2024 manquée, puis élimination initiale pour l’édition 2026) est le symptôme d’un déclin inquiétant. Face à l’Algérie, l’équipe a affiché un manque criant de cohésion, d’efficacité offensive et de rigueur défensive. Ces déboires ne sont pas seulement le fait de jambes lourdes ; ils pointent vers une confiance ébranlée et une résilience psychologique défaillante. L’urgence n’est plus à la qualification, mais à la restructuration profonde. Le staff technique, sous la direction de Jean-Baptiste Bisseck, a reçu un message clair : le sursis ne vaut rien sans un changement radical.
Un accent sur le physique et le mental : la feuille de route
Le repêchage offre une seconde chance inespérée et un temps précieux pour se préparer. Pour que cette qualification administrative se transforme en une légitimité sportive, les prochains regroupements doivent impérativement se concentrer sur deux piliers : Le renforcement mental d’abord, car le football moderne exige une force mentale inébranlable. Des séances dédiées au coaching psychologique, à la gestion du stress et à la cohésion de groupe sont vitales. Il faut redonner aux Lionnes la capacité de réagir positivement à l’adversité et de retrouver l’esprit combatif qui a fait leur gloire. Retrouver l’« âme » des Lionnes est une priorité. L’optimisation physique ensuite, car la “fébrilité physique” remarquée doit être corrigée par un programme rigoureux. Les joueuses doivent être en mesure de maintenir un niveau d’intensité constant pendant 90 minutes. Cela passe par une préparation athlétique de haut niveau, adaptée aux exigences de la compétition continentale.
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Le Mondial 2027 en ligne de mire : un objectif retrouvé
Malgré la manière, cette “deuxième vie” est cruciale pour l’avenir. La CAN 2026 est, en effet, le tournoi continental de qualification pour la Coupe du monde féminine de la FIFA 2027 au Brésil. Le Cameroun a désormais son destin en main. Cette qualification est le déclic tant attendu, la bouée de sauvetage qui permet de retrouver la course mondiale. Aux joueuses expérimentées, comme Gabrielle Aboudi Onguene, et aux jeunes talents, de s’unir pour transformer ce sursis en une véritable renaissance. Le temps presse. Les supporters, soulagés, exigent des performances dignes du passé. Le staff technique a la responsabilité historique de revitaliser les Lionnes pour prouver, sur le terrain, que leur place parmi les 16 meilleures nations africaines est pleinement méritée.
Junior NTEPPE KASSI














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