Trois ans après son lancement, la Couverture Santé Universelle (CSU) au Cameroun affiche un bilan spectaculaire, atteignant dès aujourd’hui son objectif d’enrôlement fixé pour fin 2026 avec 4,6 millions d’affiliés. Au cœur de cette révolution sociale, la protection de la petite enfance s’impose comme une réussite majeure : grâce aux mécanismes de gratuité, un total historique de 3 751 571 enfants de moins de 5 ans ont reçu une supplémentation essentielle en vitamine A pour les prémunir des carences graves ;
Entrée dans sa phase active il y a maintenant trois ans, la Couverture Santé Universelle (CSU) s’impose comme une véritable révolution sociale pour le bien-
être des populations camerounaises. Le dernier rapport de la Cellule technique nationale de la CSU (CTN-CSU) met en lumière des avancées chiffrées fulgurantes qui rapprochent chaque jour le pays de l’équité sanitaire. À ce jour, les données globales font état de 5 815 194 personnes pré-enrôlées et de 4 669 325 citoyens officiellement inscrits, soit une performance remarquable de 80 %, atteignant dès aujourd’hui l’objectif initialement fixé pour décembre 2026.
Une offensive préventive historique pour la petite enfance
C’est sur le terrain de la prévention que la CSU marque ses points les plus décisifs. Comme le révèlent les données officielles du ministère de la Santé publique, la lutte contre les carences nutritionnelles infantiles a pris une dimension historique. Grâce aux mécanismes de gratuité totale de la CSU, un total impressionnant de 3 751 571 enfants de moins de 5 ans ont reçu une supplémentation essentielle en vitamine A.
Dans le détail, ce bouclier sanitaire a bénéficié à 2 194 110 enfants âgés de 0 à 11 mois et à 1 557 461 enfants de 12 à 59 mois. Cette campagne d’envergure, cruciale pour le développement immunitaire et la prévention de la cécité infantile, s’accompagne de l’administration de 2 315 374 doses de vaccin BCG et de plus de 3,6 millions de doses contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR), fortifiées par 6,8 millions de visites à domicile par le personnel communautaire.
Le soulagement financier majeur du volet curatif
Parallèlement à cet effort de prévention, le volet curatif de la CSU transforme le quotidien des ménages. Près de 3 millions d’enfants de moins de 5 ans ont accédé à des consultations médicales gratuites, permettant la prise en charge sans frais de 950 000 cas de paludisme simple et 518 107 cas de paludisme grave.
La santé maternelle enregistre également une avancée historique : avec un forfait accouchement et césarienne fixé à seulement 6 000 FCFA, 839 042 accouchements sécurisés ont été réalisés, offrant un gain financier de 95 % par patiente. Les grands malades bénéficient du même élan : les 1 418 patients sous dialyse ne déboursent plus que 15 000 FCFA par an au lieu de 520 000 FCFA. De plus, 457 052 personnes vivant avec le VIH et 96 485 patients souffrant de tuberculose reçoivent l’intégralité de leurs traitements gratuitement.
Des défis financiers à surmonter
Malgré ce tableau clinique particulièrement encourageant, la CTN-CSU évoque d’importantes zones de friction structurelles. Le principal goulet d’étranglement réside dans l’insuffisance des ressources financières et le respect irrégulier du plan de décaissement par le ministère des Finances (MINFI), entraînant des retards de paiement des arriérés de prestations.
Pour y faire face, le ministère de la Santé publique accélère sa feuille de route : intensification de la communication de proximité, briefings intersectoriels et préparation active du grand forum sur la CSU et le financement de la santé Le mot d’ordre reste le même : « La CSU pour tous et partout ».









