Lutte contre la tuberculose : L’ONG FIS met la pression sur le gouvernement

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C’était au cours d’une conférence de presse organisée par Impacts in social health (FIS) en collaboration avec TBpeople Cameroun et Stop TB partnership Cameroon le 28 mars 2023, à Yaoundé. 

La tuberculose (TB) reste l’une des plus grandes maladies infectieuses mortelles au monde, entraînant 15 millions de décès inutiles au cours de la dernière décennie.  Selon les chiffres présentés par le ministère de la Santé publique à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la tuberculose, au Cameroun, en 2022, le Programme national de lutte contre la tuberculose a enregistré près de 25 286 cas de toutes formes confondues de la maladie.  Parmi ce chiffre, 1 363 enfants de moins de 15 ans et 174 cas de TBMR dans les 327 centres de diagnostic et de traitement et les 11 centres de prise en charge de la tuberculose multi-résistante que compte le pays.

La conférence de presse organisée par FIS et ses collaborateurs a démontré que la tuberculose tue plus que le paludisme et le Sida réunit. De ce fait, ces échanges qui se sont tenus à l’aube de la deuxième réunion de haut niveau des Nations-unies qui se tiendra le 22 septembre 2023,  avaient pour objectif la présentation de la deuxième version du rapport intitulé « A Deadly Divide : TB Commitments versus TB Realities ». Par ailleurs, il s’agissait d’analyser les progrès réalisés par les pays sur la base des engagements de 2018 ; et lancer un appel à l’endroit des décideurs sur la base des recommandations et demandes formulées dans ce deuxième rapport  pour mettre la riposte à la tuberculose sur la bonne voie afin de l’éradiquer d’ici 2030. « Malgré les grandes promesses des dirigeants mondiaux lors de la réunion de haut niveau des Nations unies sur la tuberculose en 2018, nous n’avons pas constaté de progrès suffisants pour atteindre les objectifs et les engagements contenus dans la Déclaration politique sur la tuberculose », a expliqué Bertrand Kampoer, Directeur exécutif de l’ONG FIS.

Accélérer le développement

En effet, cette inégalité entre les paroles et l’action, et dans le niveau des ressources disponibles pour les pays fortement touchés par la tuberculose, a été documentée par les communautés et la société civile touchées par la tuberculose dans un rapport révolutionnaire sorti en novembre 2020 « A Deadly Divide : TB Commitments versus TB Realities ». Ce nouveau rapport, qui complète celui de 2020 du Secrétaire général des Nations unies, souligne le besoin urgent d’une réponse à la tuberculose qui soit équitable, dirigée par la communauté, fondée sur les droits et centrée sur les personnes. « A Deadly Divide » comprend un appel à l’action qui se concentre sur six domaines d’action clés, basés sur les 05 demandes  que les communautés de la tuberculose ont présentées lors de la réunion de haut niveau des Nations unies sur la tuberculose en 2018, avec l’ajout d’un sixième domaine d’action sur le Covid-19. Il s’agit d’atteindre toutes les personnes grâce à la détection, au diagnostic, au traitement, aux soins et à la prévention de la tuberculose ; de rendre la riposte à la tuberculose fondée sur les droits, équitable et exempte de stigmatisation, avec les communautés au centre ; d’accélérer le développement et l’accès à de nouveaux outils pour mettre fin à la tuberculose. C’est également investir les fonds nécessaires pour mettre fin à la tuberculose ; s’engager en faveur d’une responsabilisation et d’un leadership multisectoriels en matière de tuberculose ; et  tirer parti de la Covid-19 comme opportunité stratégique pour mettre fin à la tuberculose.

Divine KANANYET

 

Réactions

Dr Pierre Flambeau Ngayap, Chef du groupe parlementaire sur la tuberculose

« Nous devons tous nous pencher sur la problématique de la TB »

« Ce déjeuné de presse a pour but de permettre aux médias d’assister et d’accompagner le lancement mondial du rapport de redevabilité des communautés atteintes par la tuberculose et la société civile afin que la réunion de haut niveau des Nations-Unies qui va se tenir en septembre 2023, puisse évaluer le chemin parcouru depuis la première réunion de haut niveau de septembre 2018. Ce rapport fait des propositions après avoir fait les constats des avancées depuis 2018,  des recommandations pour que les états des Nations-Unies prennent de nouveaux engagements afin que la tuberculose puisse être éliminée de la planète d’ici 2030, conformément aux objectifs de développement durable et de la stratégie de l’organisation mondiale de la santé sur la tuberculose. Nous devons tous, sans exception,  pencher sur la problématique de la TB au Cameroun ».

Bertrand KAMPOER, Directeur Exécutif de l’ONG FIS

« Nous demandons à la communauté nationale d’accompagner les efforts »

« L’objectif visé c’est d’informer la communauté nationale qu’en 2023, il y a une réunion de haut niveau des Nations-unies sur la tuberculose. C’est aussi l’occasion de dire de manière plus précise que cette réunion est la dernière opportunité de l’humanité pour mettre fin à la tuberculose d’ici 2030. Les engagements ont été pris en 2018 par les Nations-Unies, ces derniers doivent être évalués en 2023 pour voir si le monde est sur la voie de mettre fin à la tuberculose en 2030 tel que recommandé par l’OMS. Nous demandons à la communauté nationale d’accompagner les efforts multi sectoriels pour que le Cameroun puisse collectivement se préparer pour cette réunion. Cette préparation implique une ouverture de dialogue au niveau national, afin de connaître les défis du pays en termes de lutte contre la tuberculose.  La tuberculose est une question de déterminant de la santé influencée par la pauvreté. La délégation du Cameroun au Nations-Unies doit refléter les principaux acteurs engagés dans la réponse, notamment les survivants de la tuberculose, les médias, les organisations de la société civiles et autres ministères en dehors du Minsanté. C’est l’approche multisectorielle qui pourra éradiquer la tuberculose dans notre pays et non pas uniquement l’attribuer au ministère de la santé publique ».

Bonaventure Mbarga, représentant de la DLMEP

« La CSU qui va être lancée repose sur trois maladies essentielles »

« Le gouvernement et le Minsanté prennent au même titre toutes les maladies y compris la tuberculose. D’ailleurs, la CSU qui va être lancée repose sur trois maladies essentielles : le VIH, la tuberculose, le paludisme. Si l’un des programmes de ces trois  maladies ne fonctionne pas bien, c’est toute la CSU qui s’écroule. La tuberculose n’est donc  pas le parent pauvre du ministère de la santé publique.  Le plaidoyer du gouvernement est en droite ligne avec le thème de cette année : oui nous pouvons mettre fin à la tuberculose ! Et pour cela, il va falloir que tout le monde s’engage, notamment le gouvernement, les bailleurs de fonds qui nous soutiennent, la société civile qui sensibilise davantage sur la tuberculose qui est un véritable problème de santé publique ».

Propos recueillis par D.K

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