Le thème de cette 10ᵉ édition, « Surmonter les perturbations, transformer la riposte 2030 », souligne l’urgence de consolider les acquis et de trouver des solutions pérennes. Une initiative annuelle, pilotée par le ministère de la Santé publique
La riposte camerounaise au VIH/SIDA est à un tournant critique ! Face à la réduction drastique de l’aide internationale, le Cameroun lance un appel national et historique à l’autoprise en charge. Le mois de novembre 2025 n’est pas une simple commémoration : c’est un mois d’urgence pour mobiliser les ressources internes et les acteurs locaux afin d’assurer la survie de la lutte. L’ambition affichée est de contribuer, à travers le déploiement de la communication, à inviter le leadership politique à mobiliser davantage de ressources nationales pour faire face à la réduction des appuis extérieurs, à impliquer encore plus les collectivités territoriales décentralisées (CTD) et les acteurs du secteur privé, entre autres, dans la riposte. Ainsi, les personnes infectées sont encouragées à continuer à suivre convenablement leur traitement, tandis que la prévention combinée doit être généralisée. C’est pourquoi, de source digne de foi au Minsante, le plan de communication élaboré à Ebolowa en octobre dernier insiste sur le fait de dépasser les performances actuelles malgré les contraintes, une préoccupation qui a d’ailleurs sous-tendu l’ensemble des travaux d’élaboration du plan, visant une synergie et une mutualisation des efforts de toutes les parties prenantes.
L’importance cruciale du mois camerounais de lutte contre le sida
Le mois camerounais de lutte contre le sida culminera avec la Journée mondiale de lutte contre le VIH/SIDA qui se célébrera le 1ᵉʳ décembre 2025. Sa tenue sur l’ensemble du mois de novembre permet une sensibilisation prolongée et en profondeur, offrant une plateforme unique pour raviver la conscience collective face à l’épidémie. Au-delà de l’aspect commémoratif, ce mois est un catalyseur d’action dont l’objectif poursuivi par la communication est de renforcer l’adhésion et la mutualisation des efforts des parties prenantes, pour transformer durablement la riposte. Il est vital de maintenir le VIH/SIDA au sommet de l’agenda national, d’encourager la prévention et le dépistage par la promotion de la prévention combinée, de soutenir les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) en rappelant l’importance de l’adhérence au traitement antirétroviral (ARV), et surtout, de mobiliser les ressources internes. Face à la diminution de l’aide internationale, ce mois sert de puissant appel au leadership politique et aux acteurs nationaux pour une appropriation financière accrue de la riposte. L’édition 2025 se présente donc comme un moment précieux pour transformer la riposte et assurer sa pérennité.
Stratégies de sensibilisation et d’implication du ministère de la Santé publique
Pour atteindre son objectif de renforcer l’adhésion et de transformer durablement la riposte, le ministère de la Santé publique (MINSANTE) a défini des stratégies de communication et des axes précis basés sur les objectifs spécifiques arrêtés. La stratégie majeure est axée sur la mobilisation des ressources nationales et du leadership en invitant les acteurs politiques, les collectivités territoriales décentralisées (CTD) et le secteur privé à s’impliquer davantage. L’implication des CTD est cruciale pour une riposte de proximité, tandis que celle du secteur privé permet d’injecter des fonds propres pour faire face à la réduction des appuis extérieurs.
Un autre axe fort est la généralisation de la prévention combinée, allant de la promotion du préservatif et du dépistage régulier à l’accès au traitement comme prévention (TASP) et à la prophylaxie pré-exposition (PrEP). Parallèlement, l’encouragement à l’adhésion au traitement des PVVIH est au cœur des messages, une bonne observance étant la clé pour la qualité de vie et la suppression de la transmission du virus. Enfin, la stratégie insiste sur la mutualisation des efforts et la synergie des acteurs, en renforçant la collaboration avec les organisations de la société civile, les médias, les leaders communautaires et le personnel de santé. L’élaboration des messages clés et la validation des visuels de la campagne ont fait l’objet de débats passionnés pour dépouiller lesdits supports de tout élément équivoque et polémique, en vue d’obtenir des messages simples, clairs, accessibles à tous.
Vers une transformation durable
En conclusion, l’édition 2025 du Mois camerounais de lutte contre le sida est un moment stratégique pour le Cameroun, s’articulant autour de la question centrale : “Comment dépasser les performances réalisées dans la lutte contre le VIH/sida dans un contexte de crise de financement ?”. La détermination à consolider la riposte malgré les contraintes financières en mobilisant les ressources nationales, en impliquant les acteurs locaux et privés, et en généralisant les outils de prévention et de traitement, est le gage d’une transformation durable de la lutte. L’objectif n’est plus seulement de contenir l’épidémie, mais d’atteindre les objectifs 2030 en assurant que chaque Camerounais connaisse son statut et ait accès à la prévention et aux soins. Le mois de novembre 2025 est la période choisie pour réaffirmer cet engagement national et concrétiser la feuille de route pour les années à venir.
Junior NTEPPE KASSI














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