À l’occasion du Mois Bleu dédié à la santé masculine, une nutritionniste détaille les gestes pratiques pour prévenir l’inflammation prostatique, du haricot “terminateur” au lait de potiron, tout en alertant sur la dangerosité des prétendus remèdes express qui circulent.
Alors que la santé masculine fait l’objet d’une attention croissante, l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) demeure une préoccupation majeure. Touchant traditionnellement les hommes à partir de la cinquantaine, elle apparaît de plus en plus précocement. S’il est impossible d’en empêcher l’apparition par des moyens naturels, des spécialistes affirment qu’une hygiène de vie ciblée peut en revanche prévenir efficacement l’inflammation, source principale des symptômes douloureux et des complications. C’est tout l’objet du “Mois Bleu”, une initiative visant à éduquer sur les gestes nutritionnels qui préservent cet organe clé. Ngako, diététicienne-nutritionniste spécialisée en alimentation tropicale saine, en est convaincue « S’il n’existe aucun aliment, aucune plante, aucun médicament qui puisse empêcher l’augmentation de la prostate, il y a en revanche une hygiène alimentaire adéquate qui pourra empêcher l’inflammation de cet organe. » Selon elle, la prévention passe impérativement par l’assiette, mais aussi par la manière de préparer les aliments. « On peut avoir un bon aliment, bien sain, mais la manière dont vous le cuisinez le rend raffiné, donc nocif pour votre corps », précise-t-elle.
Pour illustrer son propos, elle prend l’exemple des haricots, une légumineuse souvent boudée pour les ballonnements qu’elle peut causer. La préparation est ici cruciale. « Nous utilisons le haricot marron, que nous appelons le “terminateur” pour sa valeur nutritionnelle. Pour éliminer les corps anti-nutritionnels responsables des indigestions, il faut le tremper pendant huit heures, puis le cuire trente minutes. » La cuisson qui suit, mijotée avec de la tomate désacidifiée, des oignons, de l’ail frais haché en fin de préparation et seulement deux cuillères d’huile, permet d’obtenir un plat sain et savoureux, loin des préparations agressives et pro-inflammatoires.
Le potiron et les graines de courge, alliés de choc
Au-delà des méthodes de cuisson, certains aliments se distinguent par leurs vertus spécifiques. Le potiron est présenté comme un aliment précieux pour la santé masculine. « C’est le mois de nos hommes. Fils, garçons, maris, oncles, frères… Prenez soin de leur prostate. Il ne faudrait pas qu’elle s’enflamme », insiste la mutationniste. Elle recommande la préparation d’un lait de potiron, obtenu en mixant simplement la chair nettoyée avec de l’eau. « Le potiron est riche en bêta-carotène et en antioxydants, qui permettent d’améliorer l’état des cellules qui se sont déjà oxydées. »
Autre incontournable : les graines de courge, localement nommées « pistache ». Leur atout majeur ? Leur richesse en oméga-3. « Les oméga-3, c’est du bon gras. Ce sont des anti-inflammatoires. Donc, si vous souffrez déjà d’une petite inflammation au niveau de votre prostate, il faut d’abord avoir une alimentation saine », explique la nutritionniste. Elle met cependant en garde contre un écueil courant : « Si vous buvez ce délicieux lait [de potiron] et que tous les jours vous allez manger des charcuteries et de la malbouffe, ce beau lait ne vous servira à rien. » La cohérence du régime alimentaire dans son ensemble est la clé.
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Méfiance face aux “remèdes miracle” et consultation médicale obligatoire
Dans un domaine où les promesses miraculeuses pullulent, la diététicienne joint sa voix à celle des urologues pour lancer un sévère avertissement. Elle dénonce les publicités pour des astuces simples et naturelles de “15 secondes” censées éliminer les tumeurs ou les champignons toxiques. « Méfiez-vous des promesses de guérison rapide et totale. Aucune astuce de quelques secondes ne peut éliminer des tumeurs ou guérir définitivement des problèmes complexes comme l’hypertrophie ou le cancer de la prostate », affirme-t-elle avec fermeté.
Le message principal reste l’impérieuse nécessité de consulter un médecin face à l’apparition de symptômes. « Les troubles urinaires – brûlure, difficulté à uriner, fuites –, une baisse de la libido ou des douleurs doivent vous amener à consulter un médecin sans tarder. L’automédication, basée sur des remèdes non éprouvés, peut être dangereuse et retarder un diagnostic essentiel », rappelle-t-elle. Les médicaments prescrits par les professionnels de santé, comme le Tamsulosine, ne doivent pas être diabolisés mais considérés comme des outils thérapeutiques valables dans un cadre médical contrôlé.
En cette période du Mois Bleu, le plaidoyer est clair : la santé de la prostate repose sur une approche globale et responsable. Une alimentation saine, riche en antioxydants et en bonnes graisses, associée à une activité physique régulière et à un suivi médical rigoureux, constitue le trio gagnant pour préserver le capital santé des hommes et les prémunir contre les inflammations et leurs conséquences. La prévention, bien menée, reste leur meilleure alliée.
E.S.N














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