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Lutte contre le VIH/SIDA : Le RéCAP+ déterminé à barrer la voie à la stigmatisation des PVVIH

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Un atelier de présentation des résultats de l’enquête Stigma 2.0 et d’élaboration de la feuille de route de plaidoyer organisé par le Réseau camerounais des Associations des Personnes vivant avec le VIH/SIDA (RéCAP +) dans le cadre de la lutte contre la stigmatisation des personnes atteintes du VIH SIDA a eu lieu le 21 juillet 2025 au Centre International de l’Artisanat de Yaoundé.

Discrimination et stigmatisation sont les principales frustrations que vivent, au quotidien, les personnes  atteintes du VIH SIDA. Dans la rue, dans leur famille comme dans les hôpitaux, ils font l’objet de toutes formes d’insultes. Dans l’optique de mieux comprendre l’origine de ce rejet et de ces injustices subies par les personnes souffrant de cette maladie, le Réseau camerounais des Associations des Personnes vivants avec le VIH/SIDA (RéCAP +) a mené des recherches baptisées : « enquête Index Stigma 2.0 » en 2023, dont les résultats ont été validés en juin et juillet 2024.

Réunis le 21 juillet 2025 à Yaoundé, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de lutte contre la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH/SIDA (PVVIH), les membres du RéCAP+, du CNLS, du MINSANTE, du MINPROFF et du MINJUSTICE  ont élaboré une feuille de route pour un plaidoyer national contre la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH/SIDA. Ceci, afin de renforcer l’engagement des parties prenantes autour des actions urgentes à construire dans ce combat.

« L’enquête couvrait plus de 2 200 personnes en moyenne. Les résultats ont dévoilé que 14, 75% des personnes ont renoncé à consulter un professionnel de santé en raison de leur statut sérologique. Ceci, à cause de la discrimination ou de la stigmatisation, soit au sein des formations sanitaires, soit à cause de la stigmatisation dans le lieu de travail, dans la famille et autres.  Nous avons aussi pu constater qu’il y a un manque d’informations créées au sein de certaines formations sanitaires. Car, au niveau des données, on a pratiquement 1 % des enquêtés qui disent avoir été conseillés dans des formations sanitaires d’interrompre une grossesse, alors que nous savons que le VIH n’est plus cette pathologie qui est aussi mortelle », explique Michel Oum, Directeur exécutif du RéCAP +.

Selon le rapport d’enquête nationale sur l’indice de la stigmatisation envers les personnes vivant avec le VIH au Cameroun, l’étude a couvert l’ensemble des 10 régions administratives du Cameroun et 2439 PVVIH ont été enrôlés sur la taille minimum de 2400 PVVIH qui étaient attendues, soit un taux d’atteinte de 101, 6%. Au cours de l’analyse de données, seulement 2104 participants ont été retenus du fait du non-respect de certains critères d’éligibilité. Parmi les personnes enquêtées, 62,6% des participants étaient de sexe féminin contre 37, 4% d’hommes. Environ 24 % des participants sont issus des populations clés et constituées majoritairement de TS (55,4%). La proportion de refus de participation était quant à elle estimée à 2,8%.

« 17, 2% de participants  à l’étude ont déclaré avoir déjà interrompu ou stoppé leur traitement antirétroviraux (TARV) en raison de la peur que leur partenaire, leur famille et leurs amis découvrent leur statut VIH. 5,7% la crainte que d’autres personnes en dehors de leur famille et des amis découvrent leur statut. 6,5% de personnes ont déclaré ne pas être prêtes à faire face à leur infection au VIH. Tandis que 5,6% de personnes ont peur que les personnels de santé les traitent mal ou divulguent leur statut sans leur consentement. Enfin, 2, 5 % de personnes affirment avoir eu une mauvaise expérience avec les personnels de santé », peut-on lire dans le rapport.

A lire aussi: Intoxication au plomb : Le Cameroun et l’UNICEF unissent leurs forces pour protéger l’avenir de l’enfance

En clair, les résultats de l’enquête montrent clairement que l’atteinte des objectifs d’élimination de l’épidemie du VIH/SIDA en tant que menace pour la santé publique d’ici 2030 au Cameroun passe nécessairement par la réduction de la stigmatisation et de la discrimination à l’égard des personnes vivant avec cette maladie.

Pour rappel, le RéCAP+ compte pratiquement 85 associations qui militent au sein du réseau. Son objectif est de fédérer toutes les organisations qui ont fait du VIH/SIDA leur cheval de bataille afin  de pouvoir protéger la personne vivant avec la maladie.  De ce fait, le réseau intervient dans la lutte contre les problématiques liées au VIH/SIDA, l’implémentation des programmes et des projets qui protègent les personnes vivant avec cette maladie. Il accompagne également les patients dans le traitement et fait comprendre à la population que le VIH/SIDA n’est plus une maladie mortelle.

Junior NTEPPE KASSI

Réaction

« Avec le VIH/SIDA, on peut vivre normalement »

Lucie Tsobgni Zambou, Présidente du Conseil d’administration du RéCAP +.

« La symbolique de cet atelier est que chaque année, la journée du 21 juillet, mondialement est une journée de commémoration liée à l’index de stigmatisation dans le monde. Et nous avons choisi cet atelier pour justement élaborer la feuille de route du plaidoyer suite à l’enquête qui a été menée sur le terrain en 2024. Ceci, dans l’optique de comprendre et de connaître le degré du stigmate en milieu communautaire et dans la société en général. Donc, nous avons choisi ce jour pour faire d’une pierre deux coups, comme on le dit au quartier, c’est-à-dire en même temps commémorer la journée du 21 et sortir de là avec un document qui va nous accompagner à faire le plaidoyer au niveau institutionnel, gouvernemental et communautaire pour éviter la stigmatisation des personnes atteintes du VIH SIDA  sur le terrain.

De manière spécifique, le rapport d’enquête indique que 15 % des personnes se sentent frustrées. Elles ne vont pas en consultation parce qu’elles ont peur que leur statut sérologique soit divulgué. Donc, à ce niveau-là, c’est énorme, on estime que c’est énorme, sans compter que dans des familles, on a toujours des personnes qui sont stigmatisées du fait de la maladie. Donc, c’est pour ça qu’on continue à lutter dans ce sens, pour qu’on comprenne qu’avec la maladie, on peut vivre sans soucis.

Dans ce sens, nos attentes vis-à-vis des pouvoirs publics et des organisations internationales sont simples, vraiment simples. En effet, nous souhaitons que la stigmatisation des personnes atteintes par la maladie soit limitée, voire même réduite, pourquoi pas, dans les centres hospitaliers, dans les centres de traitement. On ne souhaiterait plus voir des infirmières ou des médecins qui indexent le patient ou qui jugent le patient en lui posant des questions sur l’origine de  son infection, les conditions dans lesquels il l’a contractée , mais qu’on soigne la maladie en réalité ».

Propos recueillis par Junior NTEPPE KASSI

 

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