Dans un contexte de réduction des financements internationaux, la Banque Allemande de Développement (KFW) vient d’octroyer une subvention d’environ 6,5 milliards de FCFA au Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF). Objectif : améliorer l’état nutritionnel et sanitaire de centaines de milliers d’enfants, d’adolescents et de femmes enceintes dans les régions les plus vulnérables du Cameroun.
C’est une bouffée d’oxygène pour les programmes de nutrition au Cameroun. La Banque Allemande de Développement (KFW) a accordé une subvention de 10 millions d’euros, soit près de 6,5 milliards de FCFA, à l’UNICEF afin de renforcer la lutte contre la malnutrition dans quatre régions du pays : l’Est, l’Adamaoua, le Nord et l’Extrême-Nord.
Une aide précieuse, qui tombe à point nommé, alors que les financements destinés aux programmes humanitaires subissent des coupes drastiques. Il y a quelques semaines encore, les agences des Nations Unies alertaient sur les risques majeurs liés à la baisse des soutiens, notamment sur la santé maternelle et infantile, et appelaient les partenaires à se réengager de manière urgente.
« Cette contribution cruciale de la KfW aidera l’UNICEF à garantir que les enfants des régions de l’Est, de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord du Cameroun reçoivent la protection, les soins et la nutrition dont ils ont besoin pour survivre et s’épanouir malgré la crise en cours », a salué Nadine Perrault, Représentante de l’UNICEF au Cameroun.
Le programme cible un public particulièrement vulnérable : 336 580 enfants âgés de 0 à 59 mois, 316 490 adolescents (dont 65 % de filles) et 575 300 femmes enceintes. Objectif : réduire la malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans, améliorer l’accès des jeunes filles et mères aux ressources nutritionnelles et renforcer la santé reproductive.
Dans les régions concernées, les indicateurs sont préoccupants. D’après l’Enquête Démographique et de Santé (EDS) 2018, la malnutrition touche 6,1 % des femmes au niveau national, mais cette proportion grimpe à 16,3 % dans l’Adamaoua et à 17,8 % dans l’Extrême-Nord. Chez les enfants, la situation est tout aussi critique : le retard de croissance frappe 37 % des enfants dans l’Est et l’Extrême-Nord, et jusqu’à 41 % dans le Nord.
Les adolescentes ne sont pas épargnées : l’anémie y est particulièrement fréquente, tout comme les grossesses précoces, qui constituent un facteur de risque supplémentaire pour la santé des mères et des nouveau-nés.
Au-delà de la prise en charge des cas de malnutrition aiguë, le programme vise également la prévention à travers des campagnes d’éducation nutritionnelle, la distribution de compléments alimentaires enrichis et le renforcement des services de santé reproductive.
Pour les femmes enceintes, il s’agira d’assurer un suivi nutritionnel rigoureux et d’éviter que les carences alimentaires ne compromettent la santé des mères et de leurs bébés. Chez les adolescents, une attention particulière sera accordée aux filles, souvent exposées à des risques accrus d’anémie et de sous-nutrition.
Alors que les crises sécuritaires, climatiques et économiques continuent de fragiliser le Cameroun, notamment dans le septentrion et à l’Est, cette subvention apparaît comme une mesure de survie pour des centaines de milliers de familles.
L’UNICEF rappelle que l’accès universel à la nutrition est un droit fondamental, et appelle l’ensemble des partenaires à maintenir et renforcer leurs engagements, afin d’éviter que les efforts consentis ces dernières années ne soient anéantis.
Charonne Dongmo Stg















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