72% des dépenses de santé sont à la charge des ménages, une proportion en constante augmentation qui érode le pouvoir d’achat des familles et les empêche d’accéder aux soins essentiels. Parallèlement, les investissements publics dans la santé sont en baisse constante, passant de 5,9 % du budget en 2019 à 3,3 % en 2023.
Un dîner plaidoyer a été organisé le 23 janvier pour renforcer la collaboration entre les différents acteurs et améliorer la santé publique au Cameroun, notamment dans le contexte de la décentralisation. Il s’agit de l’État, des collectivités territoriales décentralisées, des parlementaires, des partenaires techniques et financiers et des OSC.
Les organisations de la société civile (OSC) ont dénoncé le financement insuffisant et mal orienté du système de santé, qui met en péril les progrès réalisés et fragilise davantage les populations les plus vulnérables.
Le Cameroun a franchi une nouvelle étape dans sa quête d’une meilleure santé pour tous. Lors d’un dîner-plaidoyer inédit, rassemblant maires, parlementaires, organisations de la société civile et partenaires techniques et financiers, les acteurs clés du secteur de la santé ont réaffirmé leur engagement à renforcer les systèmes de santé locaux. « L’amélioration de la santé publique est une priorité majeure pour le Cameroun, particulièrement dans un contexte de décentralisation qui appelle à une implication accrue des collectivités territoriales », a déclaré Wato Joseph, président national de la coalition des OSC pour le financement de la santé et la CSU.
Le bien-être de la population est indissociable de la prospérité économique et sociale d’un pays. Le dîner plaidoyer, organisé en synergie entre le Réseau des Maires Camerounais pour l’Economie Sociale et Solidaire (REMCESS) et la Coalition des OSC pour le Financement de la Santé et de la CSU (COFIS-CSU), l’appui financier de SIDAF/FP2030, avec le soutien de l’Institut des Hautes Études sur la Gouvernance Territoriale et la Décentralisation, les Réseaux des parlementaires pour l’entrepreneuriat privé et celui de la promotion de la médecine traditionnelle, vise à instaurer un espace de dialogue et de sensibilisation entre l’Etat, les Collectivités territoriales décentralisées, parlementaires, Partenaires techniques et financiers et les OSC, dans le but de renforcer leur engagement envers les objectifs de santé publique, tout en tenant compte des spécificités de la décentralisation au Cameroun.
Selon Peter Ambang Njume, membre du Parlement, Assemblée Nationale du Cameroun, « le Cameroun a franchi une nouvelle étape dans sa quête d’une meilleure santé pour tous ». Il a souligné l’importance de la collaboration entre l’État, les collectivités territoriales, les parlementaires, les partenaires techniques et financiers et la société civile pour relever les défis complexes du secteur de la santé. L’amélioration de la santé publique est une priorité majeure pour le Cameroun, particulièrement dans un contexte de décentralisation qui appelle à une implication accrue des collectivités territoriales. En effet, sans une santé robuste et accessible à tous, il devient difficile de générer des richesses et de promouvoir le développement local.
Les organisations de la société civile (OSC) ont dénoncé le financement insuffisant et mal orienté du système de santé, qui met en péril les progrès réalisés et fragilise davantage les populations les plus vulnérables. « Les paiements directs, de plus en plus élevés, plongent des millions de personnes dans la pauvreté et les éloignent de soins de qualité », a déclaré la Coalition des OSC pour le Financement de la Santé et la Couverture Santé Universelle (COFIS-CSU).
Les chiffres sont sans appel : 72 % des dépenses de santé sont à la charge des ménages, une proportion en constante augmentation qui érode le pouvoir d’achat des familles et les empêche d’accéder aux soins essentiels. Parallèlement, les investissements publics dans la santé sont en baisse constante, passant de 5,9 % du budget en 2019 à 3,3 % en 2023. Cette diminution des ressources allouées au secteur de la santé a des conséquences directes sur la qualité des soins et l’équité d’accès. Il est principalement question de promouvoir le respect des engagements de l’État pour l’augmentation de 15 % du budget alloué à la santé, l’atteinte des objectifs de FP2030 et l’adoption de la loi sur la Couverture Santé Universelle (CSU), tout en intégrant le cadre décentralisé.
Les OSC dénoncent également une répartition inéquitable des ressources au sein du système de santé. Les établissements de santé de niveau tertiaire, qui ne prennent en charge qu’une faible proportion des cas, accaparent la majeure partie des budgets, au détriment des structures de premier et deuxième niveaux qui sont pourtant au plus près des populations. Face à cette situation alarmante, la COFIS-CSU appelle les pouvoirs publics à prendre des mesures urgentes pour renforcer le financement de la santé et garantir une couverture santé universelle pour tous.
Les participants ont souligné l’importance de mobiliser des ressources financières suffisantes pour garantir la pérennité des actions de santé. « Les maires et les élus locaux jouent un rôle déterminant dans la mise en œuvre des politiques de santé au niveau local », a déclaré Denis Awole Ndang, maire de Fundong dans la région du Nord-Ouest. « Il est donc essentiel de les doter des moyens et des compétences nécessaires pour répondre aux besoins de leurs populations ». Le dîner-plaidoyer a marqué une étape importante dans la construction d’un système de santé plus résilient et plus équitable au Cameroun. Les participants se sont engagés à poursuivre leurs efforts pour mobiliser les ressources nécessaires, renforcer les partenariats et améliorer la coordination des actions. « Les défis sont nombreux, mais la mobilisation collective et la détermination des acteurs locaux et nationaux sont des atouts majeurs pour réussir », a conclu Wato Joseph. Ce dîner-plaidoyer a démontré la volonté de tous les acteurs impliqués de travailler ensemble pour améliorer la santé des Camerounais. Les défis sont nombreux, mais la mobilisation collective et la détermination des acteurs locaux et nationaux sont des atouts majeurs pour réussir.
Elvis Serge NSAA















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