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Projet INTEGRES-TB dans le Nord : Vers une intégration du dépistage de la tuberculose à la chimio prévention du paludisme saisonnier pour sauver les enfants

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Du 9 au 10 avril 2025, la ville de Garoua a accueilli un atelier axé sur l’intégration du dépistage actif de la tuberculose (TB) au sein de la campagne de chimio prévention du paludisme saisonnier (CPS).  Organisé dans le cadre du projet INTEGRES-TB, cet atelier a rassemblé des acteurs clés de la santé de la région du Nord, réunis pour préparer le déploiement d’une stratégie visant à réduire la mortalité infantile due à ces deux maladies.

L’enjeu est celui d’améliorer significativement le dépistage et le diagnostic de la tuberculose chez les enfants, une population particulièrement vulnérable. L’atelier, qui s’inscrit dans une perspective de renforcement des districts de santé, a réuni un large éventail de participants.  Au cœur de cette mobilisation se trouvaient les acteurs communautaires : les organisations à base communautaire (OBC), les associations de femmes, les agents de santé communautaire polyvalents (ASCP), et les leaders religieux.  Ces acteurs, essentiels à la réussite du projet sur le terrain, ont travaillé aux côtés des représentants du Programme nationale de lutte contre la tuberculose, du Programme nationale de lutte contre le paludisme, de la cellule de la chimio prévention du paludisme, et des partenaires financiers du projet INTEGRES-TB.  La présence de ces différents acteurs est une preuve de la volonté collective de lutter contre la TB et le paludisme chez l’enfant.  Le projet INTEGRES-TB, à l’origine de cet atelier, vise à renforcer les systèmes de santé pour un meilleur dépistage et diagnostic de la tuberculose pédiatrique.  Il propose une approche à deux volets : L’intégration du dépistage de la TB à la campagne de chimio préventive du paludisme saisonnier, prévue en juin 2025, est au cœur de cette stratégie.  En ciblant les enfants lors de la CPS, l’idée ici est de maximiser les chances de dépistage précoce de la tuberculose, améliorant ainsi le pronostic. Cette approche pragmatique permet d’optimiser les ressources et de toucher un maximum d’enfants. L’autre volet du projet qui n’est pas de moindre consiste à renforcer les capacités des centres de santé qui recevront les enfants suspects de tuberculose.  Une meilleure formation du personnel médical, un accès accru aux outils diagnostiques et une organisation optimisée des flux patients sont autant d’éléments qui contribueront à un diagnostic plus rapide et plus précis.

L’impact de ce programme est considérable.  Quatre districts de santé de la région du Nord, représentant une population d’environ 940 593 habitants, bénéficient de cette initiative. Il s’agit de Lagdo, Gashiga, Garoua 2 et Figuil.  La cible prioritaire est les enfants de moins de 5 ans, la tranche d’âge la plus vulnérable face à la TB et au paludisme.

A lire aussi: Couverture Santé Universelle au Cameroun : Deux ans après, où en est-on ?

Les deux jours d’atelier ont été riches en échanges et en réflexions.  La première journée a été consacrée à la mise en œuvre de la CPS 2025, à l’examen des outils et des chronogrammes, au partage d’expériences sur le dépistage de la TB chez les enfants, aux recommandations du Programme National de Lutte contre la Tuberculose (PNLT), et à l’identification des signes et symptômes de la TB à intégrer dans le processus de la CPS. La seconde journée a permis d’analyser les inégalités de genre et les barrières d’accès aux soins pour les enfants dans le contexte de la CPS et de la TB.  Des stratégies d’anticipation et des mesures d’atténuation des obstacles à l’accès aux soins ont également été élaborées.  Ces discussions ont permis de cerner les défis spécifiques à chaque communauté et d’adapter les stratégies d’intervention en conséquence.  L’implication des leaders religieux s’est avérée particulièrement importante pour lever les réticences et garantir l’adhésion des populations.

Les coordonnateurs régionaux des Groupes Techniques de (GTR) Tuberculose et du Paludisme du Nord ont souligné l’importance de cette initiative et réaffirmé leur engagement total pour la réussite du projet.  Le Délégué régional de la santé publique du Nord, qui a suivi attentivement les travaux de l’atelier, a quant à lui mis l’accent sur l’impact potentiel de ce projet dans la réduction de la mortalité infantile, soulignant son importance capitale pour la santé publique de la région.

L’intégration du dépistage de la TB à la CPS représente donc une stratégie innovante et prometteuse, susceptible de sauver de nombreuses vies.  La réussite de ce projet va aussi dépendre de la collaboration continue entre tous les acteurs impliqués, de la mobilisation communautaire et de la mise en place effective des stratégies définies lors de cet atelier.

Marcus DARE

Réaction

« Nous sommes autour de 6% et la région du Nord particulièrement est à 3,9% donc il y a un trop grand gap entre les enfants dépistés, notifiés de tuberculose pour ce qui concerne la région du Nord. »

Dr TAGUEBE Jean, Instigateur Principal Projet INTEGRES-TB

L’objet de cet atelier, c’est la préparation de l’intégration du dépistage plutôt systématique, le dépistage actif de la tuberculose au cours de la chimio prophylaxie du paludisme dans la région du nord, plus particulièrement dans quatre districts de santé que sont les districts de santé de Lagdo, de Gaschiga, de Garoua 2 et de Figuil. Et, pour ne pas faire des erreurs et pour pouvoir absolument mesurer les évidences, on devra faire un pilote sur le district de santé de Garoua 1, plus particulièrement dans l’aire de santé de Nakon et de Ouro Labo, au cours de la chimio prophylaxie de 2025 qui est programmée pour le mois de juin. Cette activité s’inscrit absolument dans l’un des axes du plan stratégique national de la lutte contre la tuberculose, à savoir d’intensifier le dépistage chez les personnes à risque, notamment les enfants âgés de moins de 5 ans où il y a une très faible notification.

Je voudrais juste rappeler au Cameroun, on atteint que 12% des personnes dépistées pour la tuberculose soit des enfants et il va s’en dire qu’actuellement au Cameroun, nous sommes autour de 6% et la région du Nord particulièrement est à 3,9% donc il y a un trop grand gap entre les enfants dépistés, notifiés, tuberculose pour ce qui concerne la région du Nord. Maintenant également, je voudrais dire que cela s’inscrit aussi dans une obligation plutôt sur le plan international. Il y a quelques années, l’Organisation mondiale de la santé a donné des recommandations plutôt conditionnelles pour le diagnostic de la tuberculose chez l’enfant, à savoir d’utiliser les algorithmes de décision de traitement basés sur des scores et au cours du travail qui sera fait sur le Nord, à savoir le dépistage systématique et intensif au cours de la chimio prophylaxie saisonnière du paludisme. L’objectif principal est de diminuer le gap entre la notification de la tuberculose de l’enfant qui est pratiquement de plus de 60% dans la région du nord du Cameroun pour ce qui concerne les enfants et plus particulièrement il faudrait dire chez les enfants de moins de 5 ans, cette notification est d’ailleurs d’autant plus faible.

Propos recueillis par Marcus Dare

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