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Collecte de sang : Le Nord toujours en dessous de 30%

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Derrière la commémoration de la journée mondiale du donneur de sang se cache une réalité préoccupante, la région du Nord continue d’enregistrer un faible taux de dons volontaires.

À Garoua, la journée mondiale du donneur de sang n’est pas passée inaperçue. Si la mobilisation est apparue plus timide que lors des précédentes éditions, la représentation régionale du Centre national de transfusion sanguine (CNTS) a tenu à marquer l’événement à travers plusieurs activités destinées à rappeler l’importance du don de sang.

En prélude à cette célébration, une marche sportive a été organisée le 14 juin au parcours Vita de Garoua. Professionnels de santé, partenaires et donneurs bénévoles ont pris part à cette activité qui se voulait à la fois sportive et citoyenne. Au-delà de l’exercice physique, le message était clair, celui de promouvoir le don volontaire de sang comme un geste simple, gratuit et salvateur.

Les activités se sont poursuivies le lundi suivant avec une séance de sensibilisation organisée au profit du personnel de l’agence régionale de la Socadel. Les responsables du CNTS ont présenté les enjeux du don de sang, les conditions pour devenir donneur ainsi que les nombreuses vies qui peuvent être sauvées grâce à une

seule poche de sang. À travers ces échanges, les organisateurs espèrent convaincre davantage de citoyens de franchir le pas.

Derrière cette campagne de sensibilisation se cache une réalité particulièrement préoccupante. Le don de sang demeure très faible dans la région du Nord, une situation qui reflète les difficultés observées à l’échelle nationale. Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Cameroun a besoin d’environ 400 000 poches de sang par an pour répondre efficacement aux besoins des formations sanitaires. Pourtant, les quantités effectivement collectées restent largement en dessous des attentes.

Dans la région du Nord, les besoins annuels sont estimés à 47 957 poches de sang. Mais selon les statistiques du Centre national de transfusion sanguine, la région peine encore à atteindre 30 % de cet objectif. Autrement dit, moins d’un tiers des besoins est couvert, exposant quotidiennement les formations sanitaires à des ruptures de stock.

Cette insuffisance est principalement liée au faible nombre de donneurs volontaires. Les campagnes de collecte reposent encore largement sur les dons familiaux ou de remplacement, effectués lorsqu’un proche est hospitalisé. Or, ce mode de fonctionnement ne permet pas de constituer des réserves permanentes capables de répondre aux urgences. Cette situation rappelle que le sang reste un médicament unique. Contrairement à d’autres produits pharmaceutiques, il ne peut être fabriqué en laboratoire. Seule la générosité des donneurs permet d’alimenter les banques de sang et d’assurer la continuité des soins.

Placée cette année sous le thème « Une goutte d’humanité : donnez votre sang, sauvez des vies », la journée mondiale du donneur de sang se veut avant tout un appel à la solidarité.

« Notre message est simple et direct N’attendons pas l’urgence pour sauver une vie. Le don de sang est un acte citoyen sécurisé, rapide et essentiel. Chaque poche compte pour un père, une mère, un enfant dans votre propre quartier. » a indiqué dans une interview le Dr Sadou Pierre, représentant régional du Centre national de transfusion sanguine. Les campagnes de sensibilisation doivent désormais s’inscrire dans la durée. Il s’agit de déconstruire les fausses croyances qui entourent encore le don de sang, de rassurer les populations sur les conditions de sécurité du prélèvement et d’encourager la fidélisation des donneurs volontaires.


Au-delà des manifestations commémoratives, le véritable défi reste de faire naître

une culture du don régulier dans la région du Nord. Car chaque poche collectée constitue une chance supplémentaire de sauver une mère en couche, un accidenté de la route ou un enfant gravement malade. Plus qu’un acte médical, le don de sang demeure un geste de solidarité, d’humanité et de responsabilité collective.

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Marcus DARE

Journaliste Reporter d'Images

Marcus DARE, Journaliste Reporter d'Images, exerçant dans la ville de Garoua dans le Nord Cameroun. Passionné des questions de santé, il mène des recherches et réalise des interview avec les professionnels du secteur afin d'éclairer les populations sur l'éducation à la santé. En plus d'être journaliste, Marcus DARE est juriste.

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